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La convertibilité du dirham n’est pas encore pour demain

Aucun «programme» électoral n’a fait de la libre et totale convertibilité du dirham une priorité. Pourtant, il eût été concevable d’en débattre: la convertibilité retrouvée permettrait l’instauration d’un mécanisme réel de formation des prix et une utilisation des moyens et des facteurs de production plus en rapport avec les exigences du fonctionnement de l’économie mondiale aujourd’hui.

· Les leçons du marché parallèle

Qu’il paraisse opportun pour un pays de disposer d’une monnaie totalement convertible en vue de développer ses échanges et ses finances extérieurs, encore faut-il s’assurer que les risques et les aspects négatifs liés au nouveau statut soient relativement faibles au regard des avantages attendus.

Les choix économiques libéraux du Maroc, sa relative diversification sectorielle et surtout les mouvements de biens et de personnes entre le pays et l’étranger, semblent encourager à s’orienter vers une convertibilité du billet de banque. Celle-ci pourrait permettre notamment d’augmenter les exportations sans passer par des devises fortes tout en contribuant à lutter contre le marché parallèle, et ainsi récupérer une part importante des capitaux qui l’alimentent.

En fait, la convertibilité du billet de banque tend déjà à être rangée plus dans l’ordre du symbolique, en vertu de l’extrême évolution des techniques de paiement international. Sans dire qu’ils sont devenus obsolètes, le billet de banque en général et le dirham en particulier, ont été dans la pratique supplantés par les cartes de crédit et les chèques internationaux.

La convertibilité d’une monnaie ne peut plus être ramenée uniquement à celle d’un billet.
Le relatif bon comportement du dirham sur le marché parallèle a été certes un indicateur intéressant mais ne saurait préjuger de la tendance à venir, ni que la même évolution va se poursuivre. Il serait même souhaitable de ne pas surestimer l’importance d’un tel facteur afin d’éviter des surprises. En effet, en cas de convertibilité externe, le volume des transactions en billet pourrait dangereusement conduire à des sorties massives de dirhams, ce qui ne manquerait pas d’influer sur le cours à la baisse. La masse de dirhams en circulation à l’extérieur du Maroc, dont une évaluation rigoureuse reste à faire, serait non négligeable. Elle est estimée entre 5 et 8% de la monnaie fiduciaire en circulation au Maroc, soit quelque 6 milliards.

· Une garantie

Une adoption officielle de la convertibilité du billet de banque signifiera que la Banque centrale s’engage à racheter tous les dirhams en circulation à l’extérieur. La procédure de cotation régulière sur les places financières risque de s’effectuer à des cours de change inférieurs à celui arrêté par l’Institut d’émission, vu l’offre pléthorique de dirhams. Dès lors, toute importation de dirhams à travers les recettes touristiques et les envois des travailleurs entraînera des pertes substantielles en devises. La Banque sera ainsi obligée de le soutenir en supportant des coûts importants en devises, auquel cas elle devra dévaluer la monnaie. Or une telle dévaluation risque d’entraîner une dépréciation sur les places financières, alimentant à son tour un cercle vicieux dévaluation-dépréciation gravement préjudiciable à la valeur du dirham. Elle est même de nature à remettre en cause l’ensemble du processus de convertibilité. En effet, il ne suffit pas de déclarer la convertibilité d’une monnaie, il faut que l’économie du pays concerné soit en mesure de dégager au moins autant de créances que de dettes à l’égard de l’extérieur. Dans la pratique, les opérateurs économiques ainsi que les consommateurs sont davantage intéressés par une monnaie stable et un système de change offrant des conditions de liberté et de rapidité dans les transactions avec l’extérieur, que par une monnaie instable avec des risques de change difficilement maîtrisables. La convertibilité du dirham billet de banque ainsi que l’institution d’un marché des changes seraient encore prématurées, tant que le développement de flux de capitaux stables à destination du Maroc n’a pas été suffisamment établi, et tant que les recettes courantes n’auront pas enregistré un accroissement conséquent et cohérent. La sagesse recommande encore de raison garder.

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Un peu d’histoire

La convertibilité est intervenue surtout comme mesure de libéralisation du contrôle des changes, si on prend en exemple les pays d’Europe. Elle n’a pas bénéficié à toutes les opérations ni à tous les agents économiques.
Les relations monétaires internationales se faisaient dans le cadre de l’étalon-or durant la phase entre les deux guerres, système qui supposait la convertibilité des monnaies en or et consacrait la domination de la livre sterling. Cette période a favorisé surtout l’apparition de zones monétaires concurrentes (dollar, livre sterling, franc, rouble), mais pas l’émergence de monnaies convertibles. Au lendemain de la dernière guerre mondiale, deux pays seulement, les USA et la Suisse, avaient des monnaies convertibles
L’accession des principales devises européennes à la convertibilité avant l’apparition de l’euro, s’est faite en deux temps. Une première étape a consisté à sortir des rigidités des arrangements bilatéraux d’avant pour organiser des échanges multilatéraux. Ce qui était visé, c’était d’abord de parvenir à des devises convertibles entre elles, s’agissant des transactions dites courantes intéressant les biens et services. Une deuxième étape qui verra l’élargissement progressif de la convertibilité des diverses devises existantes pour les opérations en capital jusque-là exclues. Elle marquait ainsi la fin du contrôle des changes pour la plupart des pays concernés à des rythmes appropriés. A titre d’exemple, la République fédérale d’Allemagne a mis fin au contrôle des changes en 1975, allant même jusqu’à adopter la convertibilité interne accessible ainsi aux résidents; le Royaume-Uni en 1979 et la France seulement en 1983.
L’Espagne, le Portugal, l’Irlande ou la Grèce avaient adhéré aux obligations de la convertibilité liée aux opérations courantes jusqu’à l’avènement de l’euro.

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Paradoxal dirham!

Paradoxalement, durant les temps modernes, la devise marocaine n’a été réellement convertible que lorsque le pays était sous tutelle durant les protectorats français et espagnol pendant la première moitié du XXe siècle. La plupart des ministres des Finances, qui se sont succédé depuis la création du dirham par le gouvernement Abdallah Ibrahim, ont peu effleuré la question, vu la contrainte extérieure effective. Quelque cinquante ans après, le Maroc économique et financier a accompli des progrès notables dans cette orientation. Cependant, ne demandez pas au futur gouvernement d’en faire une de ses tâches prioritaires. Et pour cause, elle ne semble pas pour demain.

Au regard de la réglementation des changes en vigueur, le dirham est une monnaie purement interne, interdite à l’exportation et à l’importation. En principe, le dirham n’a de cours légal qu’à l’intérieur du territoire.
Dans la pratique, il est importé et exporté dans des quantités relativement importantes, malgré cette prohibition permanente. L’explication est simple. L’accroissement de la diaspora marocaine à travers le monde, des transactions informelles avec les pays du proche voisinage (Espagne, Algérie, Afrique subsaharienne), et du nombre des visiteurs étrangers, confirme cette tendance. Si cette situation se retrouve dans bon nombre d’autres pays en développement, deux particularités singularisent le cas du Maroc.

Bien qu’exporté illégalement, le dirham marocain est accepté presque sans difficulté dans les circuits commerciaux et bancaires des pays en relation constante avec le Maroc. Il peut être même échangé contre d’autres devises sur des places comme Madrid, Paris, Genève, Zurich ou Francfort. L’autre particularité concerne la bonne circulation du dirham sur le marché international dit parallèle avec une décote relativement faible pour une monnaie non convertible sur une longue période.

Cela a été également observé même durant les périodes où l’économie marocaine connaissait de graves soucis de paiement extérieur au cours des décennies passées. Et ce n’est pas dénué de signification.

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La convertibilité selon le FMI

L'un des objectifs des accords de Bretton Woods aux USA, en 1944, en créant le Fonds monétaire international (FMI), est la promotion des échanges internationaux dans un cadre multilatéral entre les pays membres. Au terme de l’article 8 des statuts de cet organisme, les pays signataires s’engagent à adopter au minimum une convertibilité des opérations courantes.
Cependant, l’adoption d’une telle convertibilité n’est pas une obligation, car les rédacteurs des accords avaient pris en considération la situation de la plupart des pays ruinés alors par la guerre. Ainsi, l’article 14 desdits statuts du FMI autorise le maintien de façon provisoire de restrictions de change même concernant les opérations courantes pour tous les pays confrontés à des problèmes de déséquilibres de leurs balances de paiements.

Tous les pays en développement ont à leur tour bénéficié de cette disposition. Sur les 185 pays membres du Fonds, près d’une centaine d’entre eux, dont le Maroc, sont toujours sous le régime du contrôle des changes, tout en essayant de préparer une convertibilité minimale mais dont le délai dépendra de conditions à la fois internes et externes difficilement maîtrisables a priori.
Les opérations courantes concernées par la convertibilité minimale comprennent, selon la définition adoptée par le FMI:
- les transactions concernant le commerce extérieur, c’est-à-dire l’import et l’export ainsi que le transport des marchandises, leur assurance…
- les revenus des investissements: dividendes, bénéfices, intérêts, loyers;
- les prestations de services: assistance technique, redevances, représentation commerciale;
- les voyages des résidents intégrant aussi bien les frais de voyage que les frais de séjour;
- les paiements de transfert sans contrepartie comme les envois des émigrés, les dons, les secours.

Marseille,11 19 2007
Rédaction
L'Économiste
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