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Vient de paraître - « Littératures francophones du Moyen-Orient » de Zahida Darwiche Jabbour

État des lieux pour un panorama critique

De l’Égypte à la Syrie, en passant par le Liban, la plume de Zahida Darwiche Jabbour ausculte et scanne l’état de la littérature au Moyen-Orient. Témoignage, état des lieux et investigations littéraires où poésie, roman et théâtre francophones sont répertoriés et passés au crible de l’analyse.

Littératures francophones du Moyen-Orient de Zahida Darwiche Jabbour (éditions Les écritures du Sud, 206 pages, collection dirigée par J.-E. Durand et Th. Galibert) est un ouvrage critique qui se présente telle une visite guidée au monde des lettres arabes francophones. Un monde complexe, grouillant de mille images, de mille parfums, de mille saveurs où le Proche-Orient revit dans ses particularités, ses fastes, ses misères, ses doléances, ses griefs, ses aspirations, ses rêves, sa lumière, son identité à travers une expression, certes riche, mais non dénuée aussi parfois de certaines faiblesses dans sa singularité même.

En empruntant, en toute subtilité et toute fierté, une autre langue que la sienne, mais véhiculant quand même l’esprit et l’âme du pays du Cèdre, de la terre des pharaons et des rives du Barada…

Panorama critique qui, sans être exhaustif, jette une lumière bien éclairante sur des œuvres et une écriture, comme le souligne l’auteur, reléguées à une place marginale, aussi bien dans les pays d’origine qu’en France, où elles sont souvent méconnues tant des lecteurs que de la critique et du public universitaire.

Ce livre prétend apporter une contribution modeste à présenter cette littérature. Mais le terme « modeste » reste quand même ici bien réducteur, car il est bien difficile de faire le tri et la part d’équité dans un foisonnement de productions touffues et diversifiées jetant de multiples embranchements.

Les auteurs du bord du Nil

Voyage tout d’abord sur les rives du Nil où, d’Alexandrie au Caire, la littérature égyptienne d’expression française fleurit avec des sensibilités, un imaginaire et un mode d’être au monde uniques.

Des premières œuvres sous influences romantiques et parnassiennes en 1928, en passant par l’avant-garde surréaliste de 1949 aux voix des femmes qui s’affirment de plus en plus, la poésie a le vent en poupe. On pense surtout au verbe sensuel et innovateur de Joyce Mansour et aux préoccupations de fraternité humaine d’André Chédid, œuvres dont les échos ont quand même dépassé l’étroit cercle fermé des fervents amis de la poésie…

Entre-temps, le roman prend aussi son essor entre apologie et critique sociale avec Out el-Kouloub et s’engouffre dans les chemins de la création romanesque moderne. Entre quête de l’identité, résurrection du passé et interrogation du futur, les noms d’Albert Cossery, André Chedid, Robert Solé et Gilbert Sinoué s’imposent sur le marché des livres. Pour ne citer que les plus connus du public.

Foisonnement au pays du Cèdre

De la vallée du Nil aux rives phéniciennes, le monde du Parnasse et des lettres d’expression française change certes de couleurs et d’inspiration, mais la vitalité et l’énergie sont tout autant remarquables, si ce n’est davantage. Car en terre d’Adonis, la poésie est presque atteinte de frénésie créative, surtout du côté de la gent féminine qui s’active laborieusement à la rime comme d’infatigables brodeuses… Beaucoup d’anthologies, d’études et de panorama ont tenté de cerner cette littérature souvent abondamment fleurie.

Des premiers poèmes de Chekri Ghanem en 1890 aux mots tressés comme mailles d’acier de Salah Stétié, la poésie, miroir et boule de cristal du monde, a connu bien de transformations en emboîtant le pas aux courants des époques. Difficile de décanter cette production broussailleuse (débordante aux alentours des années 70) où facilement l’ivraie et le froment voisinent… Mais, avec le temps, des noms ont émergé du peloton : Schéhadé, Tuéni, Stétié. Talonnée par le roman, la poésie perd un peu de son éclat d’étoile. Si Farjallah Haïk, dans les années quarante, avait l’exclusivité du roman libanais d’expression française, aujourd’hui les écrivains sont légion. Avec une écriture originale et inventive. En accédant à la notoriété internationale. En tête de liste, Amin Maalouf, Vénus Khoury-Ghata, Dominique Eddé, Alexandre Najjar, Chérif Majdalani…

Le théâtre d’auteur (déjà maigre en langue arabe), depuis Chekri Ghanem en 1904, a peu de présence malgré les opus de Georges Schéhadé. Gabriel Boustani a certes donné une suite à cette veine d’inspiration dramaturgique, mais les vrais espoirs aujourd’hui sont deux Canadiens d’origine libanaise, Wajdi Mouawad et Abla Farhoud, dont on verra, incessamment, en cette fin novembre, à Beyrouth, la dernière œuvre, Le fou d’Omar.

Les rives du Barada avec Myriam Antaki

Une littérature francophone en Syrie ? Oui, pourquoi pas, même si elle ne brille pas par le grand nombre de ses auteurs francophones. La poésie d’abord avec quelques pudiques « confidences », en 1914, de Zoe Homsi Ghadbane et les vers de Salma Haffar Kouzbari et Nadia Moussali Abdel Nour. Plus proches de nous, avec une écriture s’octroyant de grands pans de libertés linguistiques, sont les œuvres de Azmi Moraly et Kamal Ibrahim.

Plus direct, plus ample, plus franc, le roman est déjà à la mode. Avec Marie Seurat, tristement jetée sous les feux de l’actualité à cause du sociologue Michel Seurat, enlevé à Beyrouth et assassiné par des fondamentalistes musulmans, l’écriture devient témoignage et regard lucide sur les événements, les choses et les êtres. Fouillant le passé le plus reculé, Myriam Antaki, résidant toujours à Alep, sert la littérature arabe d’expression française avec un talent vif. Ses romans sont de vibrants témoignages sur une civilisation millénaire. Déjà en librairie, son denier roman, L’Euphrate (aux éditions Geuthner), une superbe évocation d’un fleuve mythique. Entre métaphores, allégories et symbolisme, se reflètent, dans les mots, les eaux d’un fleuve à la fois miroir et voyance…

Un livre documenté, respectueux de toute approche d’écriture et d’inspiration, écrit en toute simplicité et sobriété, que celui de Zahida Darwiche Jabbour. Et guère réservé aux seuls initiés des littératures des belles lettres étrangères…Un livre témoignant de la richesse littéraire créative au Proche-Orient, de sa force et vitalité culturelles et de son (multi) bilinguisme.

Littératures francophones du Moyen-Orient de Zahida Darwiche Jabbour est à garder sur les rayons d’une bibliothèque, non seulement pour son regard critique, son aperçu historique, sa médiation entre Orient et Occident, mais aussi et surtout en tant que précieux guide personnel pour mieux découvrir des œuvres ignorées, oubliées ou méconnues.

Marseille,11 08 2007
Rédaction
L'Orient-Le Jour
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