Opportunités d'Affaires Liban
Opportunités d'Affaires Maroc
Opportunités d'Affaires France
- Opportunités d'Affaires Jordanie
- Opportunités d'Affaires Méditerranéennes
Iloubnan - Portail d'informations
www.iloubnan.info
Agent Exclusif de Philips & Whirlpool au Liban
www.azelectronic.com
- Nsouli - Bijouterie Liban
- Bijouterie Liban
www.andremarcha.com
- Agence interactive Marseille, Agence web
www.ebizproduction.com
- Location de Voitures à Beyrouth, Liban
advancedcarrent.com
- Immobilier Liban
www.real-estate-lebanon.com
- Montres Suisses
exposureswiss.com
- Montres Suisses
www.elogaswiss.com
   
 

ARCHIVES
Retour aux Archives
Retour aux infos
English Version

Révolution démographique: L’exception marocaine - Transition hors du commun

· Une révolution à vitesse record
· Spécificités marocaines confirmées
· Les hommes pionniers de la transition


Le Maroc vit une transition démographique qui remet en cause les modèles communs, selon une analyse de Youssef Courbage et Emmanuel Todd(1), deux éminents chercheurs à l’Institut national d’études démographiques de Paris.

Avec une décennie d’avance sur le monde arabe en matière de fécondité, les chercheurs concluent que le Marocain «est prêt pour la démocratie».
Originale, l’évolution démographique marocaine s’est effectuée non sans contradictions, à l’ombre d’un monde arabo-musulman aux expériences mitigées.

Tout d’abord, le Maroc épate encore une fois par sa capacité à réaliser en très peu de temps ceux que d’autres ont réalisé sur de plus longues périodes. Son indice de fécondité est passé entre 1982 et 2004 de 5,5 à 2,5 enfants par femme. Ainsi, il a réalisé en 22 ans ce que la France avait mis 160 ans à achever. Certes, cette révolution s’est faite sous la contrainte, mais elle a le mérite d’être le produit des citoyens eux-mêmes pris d’un pragmatisme soudain. En 1975, entre le prix du phosphate qui a chuté et les dépenses de l’Etat qui se sont envolées après la Marche verte, les Marocains ont entamé une dure période d’austérité où seule leur propre initiative pouvait les sauver. Les femmes se sont donc mises à travailler et les hommes à soulager leurs portefeuilles en réduisant le nombre d’enfants. En 1987, la fécondité est alors tombée à 4,4 alors qu’elle s’élevait à 7,4 en 1975.

Si l’on compare cette évolution à celle des autres pays arabes, la baisse de la fécondité marocaine a pris une décennie d’avance, exception faite de deux petits pays, le Liban (moins de 6 millions d’habitants) et la Tunisie (11 millions). Il existerait donc une spécificité marocaine très prononcée en termes de démographie, sachant qu’aujourd’hui les taux de fécondité au Proche-Orient reste encore élevés. En Syrie, il s’élève à 3,6, soit 45% de plus qu’au Maroc, et l’Egypte à 3,4, soit 37% de plus.

Alors qu’est-ce qui distingue le Maroc de ses voisins arabes?
D’abord, si en Tunisie la baisse de la fécondité fut accompagnée par le mouvement alphabétisation des femmes, au Maroc c’est apparemment aux hommes que revient le mérite d’avoir initié cette transition. Leur sortie plus rapide de l’analphabétisme ainsi que leur émigration vers l’Europe à la fin des années 50 avant que leurs épouses ne les rejoignent, font d’eux les pionniers de la transition. Dans le même registre, le Maroc compte aujourd’hui plus de 3 millions d’expatriés dont 85% en Europe occidentale, une proportion qui a doublé en 10 ans. Cette diaspora a fortement contribué aux transformations des modes de vie, y compris démographiques, lors des fréquents retours aux pays.

Une autre particularité du pays réside dans la grande pluralité de ses langues. Aujourd’hui, les Marocains bilingues arabe et français (ou espagnol) sont de très loin les plus nombreux: 9,4 millions d’individus, 70% des alphabétisés, contre 4,1 millions de monolingues en arabe.
Or, une forte corrélation existe entre l’utilisation de langues étrangères et la baisse de la fécondité.

Autre caractéristique de l’évolution démographique marocaine, sa rapide diffusion du centre vers la périphérie. Au début des années 80, les deux capitales initient de nouveaux comportements existant déjà dans les franges bourgeoises et la ville de Tanger. Durant la décennie suivante, la fécondité a considérablement baissé même si on trouve toujours l’écart entre Chefchaouen (3,93 enfants) et Rabat (1,63, un taux en dessous du seuil de reproduction). Mais les disparités entre les régions se sont vite résorbées et aujourd’hui, seules 14 provinces (seulement 13% de la population) ont encore un taux de fécondité dépassant 3 enfants par femme. Ce sont elles qui assurent en partie la croissance démographique, le reste venant de l’augmentation de l’espérance de vie.

En conséquence, si la hausse des taux d’alphabétisation et la chute des indices de fécondité sont désormais des phénomènes universels, au Maroc, ces deux grands éléments de la modernité mentale ont échappé au contrôle politique pour s’affirmer spontanément au sein de la société.
Les principes de l’autoritarisme et la prédominance masculine caractérisant la structure familiale arabe traditionnelle, ont fini par s’effilocher sous la pression de cette transition moderne. Ainsi, que ce soit la rupture des relations d’autorité dans la famille ou la modification radicale de la vie sexuelle pour le contrôle des naissances, tous ces bouleversements ont donné lieu à un réaménagement important du rapport entre hommes et femmes, aînés et plus jeunes. Un réaménagement qui ne s’est pas fait sans heurts, disent Todd et Courbage.

"Le Maroc vit sa dernière phase de transition démographique: les jeunes enfantent beaucoup moins et l’espérance de vie s’allonge.
Sur la pyramide des âges, la tranche des 15-30 ans est de loin la plus importante. Elle correspond à la génération du baby-boom née entre 1965 et 1980 et qui aujourd’hui arrive sur un marché du travail provoquant une crise. Pourtant, le paradoxe d’une génération baby-boom réside dans son potentiel à produire plus de richesse. Mais le Maroc passe un peu à côté. Un fait bien malheureux si l’on considère la pénurie de jeunes s’annonçant pour financer les retraites des vieux de 2020. Un vrai casse-tête pour les prochains gouvernements qui ont tout intérêt à s’activer pour ces jeunes qui rêvent d’autres horizons."

Najlae NAAOUMI
-----------------------------------------------------------------------------
(1) Emmanuel Todd est devenu mondialement célèbre pour avoir prévu la chute de l’Union soviétique en recourant justement à l’analyse démographique. Il est aussi l’inventeur du concept de la «fracture sociale» en France.

Marseille,05 03 2007
Rédaction
L'Economiste
ebizproduction est soutenue par "Le Conseil Régional de la Région
Provence-Alpes-Côte d'Azur".
| Home | English version | contact@1stmediterranean.com | © ebizproduction - Agence web - 2002/2008 |