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Maroc-UE ou Maghreb-UE ? - Entretien avec Hassan Abouyoub, ambassadeur itinérant

· L’ambassadeur Abouyoub : la transformation rapide du Maroc impose de nouvelle relations avec l’UE
· Pourquoi ne pas lancer une communauté à géométrie variable?
· Les quatre atouts de l’arrimage à l’Europe


Pour l’ancien ministre et actuel ambassadeur itinérant Hassan Abouyoub, l’Europe a été une préoccupation de toute sa carrière. Depuis qu’il est entré au service de l’Etat marocain, Abouyoub a participé à toutes les négociations avec l’Union, même du temps où elle s’appelait encore les Communautés économiques européennes. Un négociateur difficile, que ses vis-à-vis avaient surnommé «Rosa nera» (la rose noire), pour la beauté et la finesse de ses raisonnements. Pour les lecteurs de L’Economiste, il détaille les forces et les faiblesses de la relation maghrébine à l’Europe.

· L’Economiste: Comment voyez-vous l’avenir des relations Maroc-UE, le «voisinage » peut-il conduire à l’adhésion? Le contexte géostratégique actuel est-il en faveur ou en défaveur de cette optique?
- Hassan Abouyoub: L’avenir de nos relations avec l’UE dépend de facteurs multiples. Parmi ceux dont nous avons le contrôle, figurent toutes les réformes entreprises par le Maroc dans les domaines politiques, institutionnels, droits de l’homme, économiques, sociaux et culturels. Notre agenda national, qui regroupe les chantiers du règne de Sa Majesté Mohamed VI, constitue l’ossature de notre plan d’action dans le cadre de la PEV- Politique Européenne de voisinage. Nous nous sommes attelés à sa réalisation avec détermination et une mobilisation collective qui émerge avec force. Avec ou sans le soutien de l’UE, notre engagement pour une gouvernance adaptée à nos défis socioéconomiques est désormais irréversible.
Vous comprendrez que la démarche singulière du Maroc, par la rapidité de la mise en œuvre des réformes avec une adhésion de la société civile aux objectifs affichés, l’ouverture de son marché, y compris vers les USA, la réforme de sa gouvernance institutionnelle en direction de l’approfondissement de la Région, etc. vont générer une dynamique accélérée de notre intégration dans l’espace européen. La connexion électrique, l’Open-sky, notre participation à Galileo, l’afflux des investisseurs et des retraités européens sont les prémices d’une nouvelle donne géostratégique. En effet, notre capacité de contribuer à sécuriser notre espace régional, l’implication de plus en plus marquée de nos entreprises et de l’Etat dans la promotion d’une coopération plus ambitieuse avec l’Afrique occidentale et sahélienne, suivant en cela l’intérêt personnel de Sa Majesté pour notre voisinage, sont autant d’éléments qui préfigurent l’émergence d’un axe stratégique qui se déploierait de la Scandinavie au golfe de Guinée. Cet axe, qui devrait s’imposer à court et moyen terme, n’est pas un substitut à l’incontournable intégration maghrébine, c’est le complément géopolitique indiscutable d’un Maghreb uni.

· Quels sont les atouts du Maroc pour l’arrimage à l’UE? Les bénéfices pour l’UE?
- Personnellement, j’en vois quatre.
Le premier, c’est la monarchie marocaine. Dans un monde où l’incertitude stratégique est considérable, bénéficier d’un leadership qui peut gérer une vision sur quatre décennies, incarner le dessein d’une Nation et en garantir la stabilité institutionnelle et spirituelle, c’est une bénédiction divine.

· Accepter de jouer, sans complexe

Le deuxième, je le vois dans la dimension plurielle du Maroc. L’Histoire a façonné nos acquis de culture et de civilisation sur la base de l’accumulation et non pas de l’exclusion. Cette pluralité identitaire constitue un capital stratégique pour un Maroc qui acceptera de jouer, sans complexe, un rôle de passerelle, de terre de médiation que personne ne pourrait contester.
Le troisième atout réside dans les choix sociétaux qui sont les nôtres. Je pense que le 7 septembre prochain, nous avons l’opportunité historique d’insérer le Maroc, d’une manière irréversible, dans le club des nations démocratiques respectueuses des valeurs universelles. Cela aura un impact direct sur notre capacité à déverrouiller les dernières portes qui donnent accès à l’Etat de droit, à une réforme du système éducatif, otage depuis longtemps d’intérêts catégoriels au détriment de l’intérêt national et à la libération des énergies individuelles et collectives.

Le quatrième atout, c’est que nous demeurons indemnes de toute malédiction rentière liée à une quelconque ressource naturelle. C’est grâce à cela que le Maroc est en mesure d’investir, aujourd’hui, le champ fertile de l’économie de la connaissance, et qu’il y trouvera les véritables réponses aux défis de la pauvreté, du chômage et de l’ignorance. C’est pour touts ces raisons que l’UE s’intéresse au Maroc. C’est un exemple de processus de réforme volontariste mené par un pays musulman, sans ressources exceptionnelles. C’est un partenaire crédible pour une approche commune des problèmes de sécurité globale de la région Euro-Med. Enfin, c’est un espace économique et un pôle de développement indispensables à la prospérité future d’une Europe handicapée par sa démographie et un modèle social non viable à long terme.

· Le bilan des dix ans du processus de Barcelone indique une stagnation de la progression des échanges, une difficulté à implémenter les échanges Sud-Sud. Quels sont les leviers pour rendre viable et pérenne une zone Euro-Med active?
- On ne peut pas généraliser en ce qui concerne l’évolution des échanges au sein de l’Euro-Med. La situation demeure contrastée d’un pays à l’autre. Si vous visez le processus lui-même, je dirais que le seul mérite qu’il a est d’exister et d’offrir une enceinte de dialogue, l’unique à l’heure actuelle, où tous les partenaires se retrouvent. Les raisons de son blocage sont connues et la responsabilité partagée entre le Nord et le Sud. Peut-être qu’en ce qui concerne les réformes convenues, il y a plus de dix ans à Barcelone, dans beaucoup de cas nous en sommes encore au niveau de la rhétorique.

Choix souverains

Ce qui explique le mépris de l’opinion publique pour ce processus, la confidentialité de ses actions et son déficit de légitimité politique au Nord comme au Sud. Bien sûr, ne généralisons pas. Des pays se sont pris en charge, le Maroc en tête, et montrent au quotidien que les objectifs de l’Euro-Med ne sont pas une chimère, et l’état actuel des choses ne saurait constituer une fatalité.

Le seul levier qui me semble viable à terme est une évolution vers une communauté de la Méditerranée, où adhéreraient ceux qui sont prêts à assumer des obligations de la communauté de destin. En attendant, les Accords de Barcelone, renforcés par la PEV, constitueraient une sorte d’antichambre pour ceux qui, dans le cadre de leurs choix souverains, qu’il ne nous appartient pas de discuter, auront décidé le rythme d’ouverture et de réformes qui conviendraient à leurs contraintes historiques, à leur stabilité politique et leurs spécificités.

Pour les échanges Sud/Sud, commençons par faire tomber le mythe de la complémentarité des échanges, au profit d’un objectif plus large d’allocation rationnelle de ressources rares et d’aménagement concerté de régions et d’espaces cohérents. Si nous étions si complémentaires, pourquoi nos accords de libre-échange ne s’appliquent-ils jamais?pourquoi le secteur privé concerné a-t-il toujours contesté les conditions de la concurrence inéquitable, etc.?

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Epiphénoménal

«Ce dont nous n’avons pas le contrôle, c’est la capacité de l’UE à soutenir nos desseins, à s’imposer comme une puissance politique sur la scène internationale», explique Abouyoub. Pour lui, cette montée en puissance doit «contribuer à la solution des conflits régionaux qui ralentissent le rythme de rattrapage du niveau de vie européen par nos économies et à introduire davantage de cohérence entre les objectifs économiques et culturels de notre partenariat avec les modalités de gestion de la mobilité de ses acteurs». En clair, poursuit l’ambassadeur, si le Maroc sait aujourd’hui où il va et ce qu’il veut, «je n’ai pas la conviction que les préoccupations européennes en matière de reconstruction de son dispositif institutionnel, de relance de la croissance dans le contexte d’un agenda de Lisbonne qui demeure épiphénoménal et de développement des instruments d’une politique crédible de sécurité et de défense laissent beaucoup de place aux préoccupations sud-méditerranéennes».

Il y avait un sentiment de déception lors du dernier Sommet de Barcelone, note Abouyoub. Il était lié à la fois à la désaffection du leadership du Sud et au fait que le processus de Barcelone demeure otage de l’aggravation de la crise au Moyen- Orient. Ceci n’a pas encouragé l’Europe du Nord à «se départir d’une posture où le doute domine quant à la capacité de la rive sud à pousser jusqu’au bout la logique des réformes et à en engranger les dividendes économiques et sociaux au niveau exigé par le niveau bas de l’indice de développement humain».

Marseille,04 11 2007
Rédaction
L'Economiste
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