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«Beyrouth, été 2006», ou la guerre des 33 jours par trois voix trentenaires

VIENT DE PARAÎTRE - Signature, aujourd’hui, à la CD-Thèque, Achrafieh, de 19h00 à 21h00

Nadine Chéhadé, Caroline Hatem et Yasmina Raffoul ont trois points en commun. Elles sont trentenaires. Ayant vécu une grande partie de leur vie en France, elles ressentent l’expatriation comme une longue série de petits manques. Pour éviter la schizophrénie de la double identité, à l’occasion de vacances ou pour travailler, elles sont donc venues à Beyrouth. Mais voilà qu’au début d’un été 2006 qui promettait d’être des plus riches, elles se sont retrouvées piégées par l’actualité brûlante de la guerre des 33 jours. Ces filles qui résident dans des régions « préservées des bombardements » ont versé sur papier ou sur clavier (en tenant des blogs de guerre) leur frustration, leur peur, leur déprime et leurs espoirs. Ces écrits sont regroupés dans un même ouvrage intitulé «Beyrouth, été 2006», qu’elles signent aujourd’hui à la CD-Thèque Achrafieh, entre 19h00 et 21h00.

«Il ne s’agit pas ici, à travers ces trois narrations tantôt angoissées, tantôt rieuses, de porter d’accusation ou encore de faire étalage de la douleur qui nourrit hélas beaucoup de causes haineuses et aveugles, indique l’éditeur, Walid Salem. Ces trois récits, posés au jour le jour par trois femmes à la sensibilité propre et lucide, nous offrent un point de vue qu’aucun média, qu’aucun instrument de propagande, qu’aucun dirigeant belligérant ne pourrait altérer.
Ces trois récits, mis bout à bout pour raconter cette guerre, nous montrent combien une population emportée dans les affres d’une logique militaire est seule capable de fournir un constat juste, celui de la vie, permettant de reconsidérer des conclusions toutes relatives.»
Nadine Chéhadé fait partie de cette génération qui pourrait tirer un trait sur le passé. Elle est née en 1977 à Beyrouth. Après des études de littérature et d’économie suivies au Liban et en France, elle travaille comme consultante en microfinance.

Bien qu’elle ait enragé de voir, d’un côté, le gouvernement de son pays «otage d’une milice trop forte» et, de l’autre, de jeunes Israéliens marquer «To Lebanon with Love» sur des obus qui lui étaient destinés, elle cherche une « troisième voie ». Elle se demande si Samir Kuntar, Ehud Goldwasser et Eldad Regev auraient voulu leur liberté à ce prix.

«Le ventilateur de mon ordinateur se fait l’écho des avions, dit-elle. Mes cours de physique me reviennent en mémoire et je sais qu’au moment où j’entends une déflagration, elle a déjà eu le temps d’annihiler un bâtiment: les quelques secondes qui séparent le son de la lumière sont aussi celles qui séparent ma vie de la mort de l’un de mes concitoyens. Ne pas avoir peur, dans ces conditions, relève de la folie.»

Caroline Hatem est née en 1976 à Beyrouth. Elle a suivi une formation de philosophie, de danse et de théâtre au Liban, aux États-Unis et en France où elle réside depuis trois ans. Elle raconte son départ. En bus. Sur son chemin, elle regarde autrement les ponts. Et elle médite un dossier du Magazine Littéraire intitulé «Le désir, de Platon à Deleuze». À l’aéroport de Damas, elle se trouve un coin bucolique et constate que les mouches sont allées dormir. Arrivée à Chypre, elle fait un jogging matinal, se bronze les cuisses sur la plage, mais son cœur est brisé. «Terrible d’être sortie, écrit-elle. Mon esprit veut y rentrer, s’y terrer, dans les décombres, compter, “remembrer”. Je ne peux pas vivre normalement, je ne peux pas!»
Arrivée à Paris, il fallait se faire à l’idée que sortir du côté de boulevard Haussemann n’était pas dangereux.

Yasmina Raffoul, 30 ans, vit à Beyrouth depuis 10 ans. Productrice de films publicitaires, elle fabrique également des objets improbables.

Le 1er août 2001, elle sirotait des cocktails roses et amers dans un pub de Gemmayzé en se demandant: si elle se déshabillait et roulait des pétards sur son balcon, les Israéliens venant du port verraient-ils qu’elle n’est pas une «hezbollahette»?
«J’ai comme mes parents maintenant mes propres souvenirs sépias d’avant-guerre.»

Elle parle du pessimisme ambiant, que même les chats peuvent sentir, de cette faculté nouvellement développée et qui consiste à se mettre en sous-régime (électricité, essence, activité…), à trop dormir, à tricoter une écharpe, activité optimiste puisqu’elle signifie que l’hiver s’envisage. Elle pousse même le sadisme à trouver une signification philosophique au tricot et remarque que les «trous de ladite écharpe sont un parfait ancrage dans la réalité du moment, comme la réflexion, incarnation de cet espace-temps si vernaculaire. Métaphoriquement, ces trous parlent.»

Elle dit passer des journées d’inutilité absolue. Elle est frappée par la schizophrénie du pays au club où elle a été faire la fête, avec beaucoup d’autres gens, alors qu’une autre partie du pays faisait la fête à ses martyrs. «Curieusement, les têtes d’enterrement étaient plutôt au Club Social, écrit-elle. Pas de conversation possible sans les mots: visas, aéroport, vacances.» Elle raconte la culpabilité constante, la gaieté forcée.

Créée en 2005, les Bords perdus est une maison d’édition fondée sur la volonté de réunir deux idées chères à Philippe Bonnet et Walid Salem.

«La première consiste à utiliser la chute du papier pour imprimer des petits livres en amalgame avec des travaux réalisés sur commande et confiés à leur agence, Perfecto. La deuxième est de donner l’occasion à des textes vifs, courts et spontanés de trouver lecteurs. Ces textes étant ignorés et considérés difficiles pour une rentabilité dans l’économie habituelle d’un éditeur», explique ce dernier.

Marseille,03 05 2007
Rédaction
L'Orient-Le Jour
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