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L’argent des émigrés convoité par l’Algérie

En Algérie, un rapport présenté par l’Institut de prospective économique du monde Méditerranéen (IPEMed), sur l’espace financier méditerranéen, la bancarisation et la sécurisation de l’épargne au Sud, les remises migratoires dans l’espace Euromed, a été exposé récemment à l’université de la Sorbonne à Paris.

Essentiellement porté sur le Maghreb, le rapport a fait l’objet d’un débat très intéressant sur les perspectives financières en matière de flux nord-sud. " Barcelone+10 ", le consortium informel des pays du pourtour méditerranéen, avait, récemment, décidé la création d’un espace financier commun sous le patronage d’une institution financière Euromed.

Les grandes orientations du rapport présenté à Paris en sont le résultat didactique. Plusieurs questions étaient abordées pour l’élaboration du document : comment, dans le cadre euro-méditerranéen, concevoir cet espace financier régional (quelle institution financière, quelles réglementations) ? comment sécuriser l’épargne populaire du Sud abondante mais guère canalisée vers les investissements productifs de long terme ? Selon le rapport, les transferts financiers issus de l’émigration maghrébine en Europe sont un phénomène relativement méconnu, alors qu’ils représentent une masse financière déterminante.

Pour le Maroc, par exemple, de 3 à 4 milliards d’euros de transferts par an sont réalisés depuis 5 ans, dont plus de la moitié viennent de France. Ces transferts représentent plus de 50% des recettes d’exportations marocaines !

Pour les auteurs du rapport, il faut parler " au minimum, d’un flux annuel de 5 à 10 milliards d’euros entre l’Europe et les trois pays du Maghreb " Et, contrairement à ce qu’on pouvait attendre du fait de l’intégration des émigrés en Europe, ces derniers renvoient de plus en plus d’argent. Les populations d’Europe originaires du Sud de la Méditerranée jouent un rôle croissant dans le développement de leurs pays d’origine.

"Et il faut prendre conscience d’une réalité également méconnue : la plupart des classes moyennes du Maghreb sont installées aujourd’hui sur la rive nord de la Méditerranée", explique le rapport. Dans l’autre sens, près de 7 milliards d’euros de capitaux par an et ayant pour origine les pays du Maghreb ne trouvent à s’investir qu’en Europe ou aux USA, faute de trouver localement des supports adéquats de placement : fortunes privées, avoirs en devises des banques et entreprises délibérément laissées dans les livres des banques internationales et allant gonfler les réserves de changes nationales conservées auprès de banques américaines et européennes...

Ainsi, alors que les transferts sont la première source de devises, l’épargne maghrébine, en sens contraire, fuit littéralement la région. Un véritable paradoxe ! Pour les auteurs du rapport, ces phénomènes de transferts traduisent des attentes et des besoins nouveaux de la part des populations migrantes. Les populations durablement installées en Europe ont compris qu’elles avaient tout intérêt à profiter du différentiel de pouvoir d’achat des deux côtés de la Méditerranée, à faire fructifier là-bas l’argent gagné ici.

Financièrement, cela signifie que les transferts ne vont pas décroître, au contraire, mais qu’ils vont changer d’objet : non plus le soutien familial mais les opportunités de placement. Trois types d’épargne " nord-sud " ont été identifiés par le rapport :
une épargne liquide, de plus en plus attirée par des opportunités de placement ;
une épargne de précaution (santé, retraite) ;
une épargne de projet (immobilier, investissements).

Pour Hadj Nacer, ancien gouverneur de la Banque centrale d’Algérie et Guillaume Almeras, consultant-expert, l’évidence est criarde : la question de la mobilisation de l’épargne, des deux côtés de la Méditerranée, paraît bien être une des principales clés du développement financier -du développement tout court- des pays maghrébins. Dès lors, "il faut rompre avec les schémas classiques d’aide au développement, en jouant de la mobilisation de l’épargne comme d’un levier".

Le rôle essentiel doit être tenu par les banques commerciales, sur le terrain, dans la sélection des projets, comme dans la maîtrise des moyens de paiement. Toutefois, les systèmes bancaires des trois pays du Maghreb ne peuvent guère porter seuls le développement économique de la région. Il y a une nécessaire opération de modernisation des banques, notamment en Algérie : conçu pour drainer l’argent de la nation vers l’Etat, le système bancaire algérien est, en réalité, en attente d’un modèle d’organisation et de mobilisation alternatif ; en comparaison, le choix politique de la Tunisie de promouvoir une classe moyenne d’entrepreneurs a conduit à un système bancaire plus efficace à cet égard.

Comme dans beaucoup d’autres pays en développement, ces banques sont structurellement en surliquidités. Elles limitent l’offre de crédit en quantité (beaucoup d’entreprises n’y accèdent pas), en qualité (peu d’engagements à long terme), ainsi qu’en termes de conditions (garantie patrimoniale impérative, cash collatéral exigé pour les opérations de commerce international).

Le crédit, au total, n’est pas facile et il est cher. Dès lors, " il faut créer une institution financière multilatérale dédiée au développement de la rive sud, avec la création d’un livret d’épargne euromed, la sécurité de gestion, la garantie financière de la convertibilité et de la stabilité, et sans un seul euro de subvention initiale. " Une sorte de BERD (Banque européenne de développement) méditerranéenne. Pour les auteurs du rapport, les flux financiers existants le permettraient. " Il s’agit de les sécuriser et les orienter vers des investissements productifs.

Il s’agit aussi de penser l’intégration des populations migrantes non plus de manière nationale, unilatérale, mais participant à un espace de flux méditerranéen et de mobilité. Il s’agit de penser l’économie maghrébine de manière unifiée, ce qui arrivera nécessairement. " estiment-ils

Marseille,02 09 2007
Rédaction
El-annabi
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