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«Je dénonce le mélange des genres en Irak», entretien avec Didier Cherpitel, secrétaire général de la Fédération de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge

Didier Cherpitel, secrétaire général de la Fédération de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, fait le point sur la situation en Irak.

En visite au Maroc, Didier Cherpitel décrit la situation humanitaire en Irak. Il refuse la logique de la carotte et du bâton, suivie par les Américains dans la guerre. Pour lui, le travail humanitaire doit être neutre. Autre fait, la résistance irakienne est tellement solide que la population refuse toujours de rejoindre les camps de réfugiés.

· L'Economiste: Quel est l'objectif de votre visite au Maroc ?
- Didier Cherpitel: Le but de ma visite est d'abord de mieux comprendre ce qu'a fait le Croissant-Rouge marocain et comment il a agi lors des récentes inondations de Mohammédia.
Ensuite, de montrer l'appui de notre fédération au travail du Croissant-Rouge. Et enfin, rencontrer des membres du gouvernement pour parler des différents problèmes humanitaires de la guerre. J'ai voulu essentiellement visiter les lieux des inondations de novembre 2002.

Le Croissant-Rouge était un partenaire efficace. C'était un moyen non seulement d'aide pour les populations sinistrées mais aussi et surtout un outil de renforcement de la société civile. Car la vocation du Croissant-Rouge dans le monde entier c'est précisément de servir les plus démunis et de les aider à s'organiser d'eux-mêmes.
· Quels sont les projets sociaux que vous avez initiés au Maroc ?
- Au moment des inondations de Mohammédia, nous avons réalisé des projets avec la société nationale et internationale (Croissant-Rouge national et international). Notamment, nous travaillons sur la préparation d'un plan national en collaboration avec le ministère de l'Environnement pour faire bénéficier le Maroc du savoir-faire de la fédération qui représente tout un réseau mondial de solidarité et de technique de réparation de catastrophe. Tous ces éléments militent pour une coopération renforcée entre le Croissant-Rouge marocain et la fédération.

· Comment évaluez-vous la situation en Irak ?
- Malheureusement, la guerre était inévitable. Nous sommes très inquiets pour la population civile au sein des villes. Nos estimations sur le nombre de réfugiés sont très élevées, mais les arrivages réels sont insignifiants. Les différents camps que nous avons installé notamment en Iran, Syrie, Jordanie, Turquie, et dans une moindre mesure l'Arabie saoudite, sont quasi vides. A rappeler que les personnes déplacées à Bassorah, au sud de l'Irak sur la frontière iranienne, n'ont pas dépassé les 20.000, et encore! Ils n'ont pas traversé la frontière, et sont restées dans leur pays.
Les bombardements massifs sur Bagdad font de plus en plus de victimes civiles. Au Sud-Est, il y a une pénurie d'eau. Bref, un tas de problème. Ce que je veux signaler, c'est cette étrange contradiction véhiculée par les chaînes satellitaires. Il est indécent de voir que les mêmes soldats qui tuent, apportent de l'aide à leurs propres victimes. Ce mélange entre l'humanitaire et la guerre est inadmissible. Ce sont deux choses catégoriquement différentes. Nous sommes indignés par les gestes des forces alliées qui veulent livrer des prestations humanitaires aux victimes. Le rôle de l'humanitaire est complètement indépendant et neutre. Donc, nous sommes en complet porte-à-faux avec l'aide humanitaire apportée pour l'instant par des parties impliquées dans la guerre.

· Comment interprétez-vous le fait qu'il ait peu de réfugiés ?
- Au début de l'offensive, les frappes ont été d'une telle précision que les populations civiles n'ont pas jugé utile de quitter les villes à la différence de 1991. Aujourd'hui, les donnes ont changé, les frappes n'épargnent personne. Et les Irakiens, à mon avis, n'ont pas envie de quitter leurs villes.

· Quelle est la nature des aides que vous octroyez aux Irakiens ?
- Notre mission principale consiste à fournir des médicaments dans les hôpitaux, de l'eau et des denrées alimentaires aux populations civiles. Et ce, en attendant que le programme alimentaire mondial (PAM) soit mis en route. Le CICR (Comité international de la Croix-Rouge) est la seule organisation qui n'a jamais quitté l'Irak.
Il y est depuis 30 ans. Le Croissant-Rouge irakien compte plus de 3.000 volontaires. Nous avons à peu près 6 hôpitaux d'une capacité de 400 lits chacun. Nous avons aussi une base d'alimentation en eau et avons mis en place un dispositif pour équiper jusqu'à 150.000 personnes.

· A combien s'élève votre budget en Irak ?
- En Irak, nous avons lancé un appel de 111 millions de francs suisse (près de 777 millions de DH) pour assister 250.000 réfugiés dans quatre pays: l'Iran, la Jordanie, la Turquie et la Syrie et ce, sur une durée de quatre mois. Cette opération a été menée avec l'aide du CICR qui a lancé un appel pour aider les Irakiens. Ce qui est extraordinaire, c'est de constater au moment de la récolte des dons, l'ampleur de la générosité et la solidarité avec le peuple irakien.

Casablanca,04 07 2003
Hayat KARIM ALLAH & Amin RBOUB
L'Economiste
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