Opportunités d'Affaires Liban
Opportunités d'Affaires Maroc
Opportunités d'Affaires France
- Opportunités d'Affaires Jordanie
- Opportunités d'Affaires Méditerranéennes
Iloubnan - Portail d'informations
www.iloubnan.info
Agent Exclusif de Philips & Whirlpool au Liban
www.azelectronic.com
- Nsouli - Bijouterie Liban
- Bijouterie Liban
www.andremarcha.com
- Agence interactive Marseille, Agence web
www.ebizproduction.com
- Location de Voitures à Beyrouth, Liban
advancedcarrent.com
- Immobilier Liban
www.real-estate-lebanon.com
- Montres Suisses
exposureswiss.com
- Montres Suisses
www.elogaswiss.com
   
 

ARCHIVES
Retour aux Archives
Retour aux infos
English Version

Mines et bombes à sous-munitions : un pactole pour la bonne cause

La “dépollution militaire” du Sud coûtera cher : environ 60 millions de dollars qui seront répartis entre forces armées, sociétés privées et ONG, le tout sous l’œil attentif de l’ONU.

Au moins un million de bombes à sous-munitions (BASM) et 400 000 mines polluent le Sud. Assainir les lieux (sachant que 375 000 mines resteront sur la ligne bleue sur décision des autorités libanaises) va coûter cher : environ 60 millions de dollars.

Un pactole que les bailleurs de fonds réunissent au fur et à mesure, puis distribuent aux multiples acteurs.

Beaucoup de monde travaille en effet à “dépolluer” le Sud des mines et surtout des BASM laissées par l’armée israélienne : des sociétés privées et des ONG sous contrat avec l’ONU, certains contingents de la Finul, l’armée libanaise…

Cette vaste opération est financée de deux manières : d’une part, le Volunteer Trust Fund, un fonds rattaché à l’ONU, qui a réuni plus de sept millions de dollars début octobre ; d’autre part, les bailleurs bilatéraux, publics ou privés, se multiplient. Après avoir consacré 50 millions de dollars au déminage du Sud en 2001, les Émirats arabes unis remettent notamment sur la table 20 millions de dollars, et plus si nécessaire. Les États-Unis aussi se sont par exemple engagés à fournir deux millions de dollars à partir du mois d’octobre. À cela s’ajoute la contribution des pays membres de la Finul, dont les contingents vont travailler au déminage et au nettoyage des BASM. C’est le cas de la Finlande dont le contingent de 250 soldats coûtera 21,1 millions de dollars cette année et 34,4 millions de dollars l’année prochaine à Helsinki. Enfin, dans le cadre des projets présentés à la conférence de Stockholm, le gouvernement avait sollicité une enveloppe de 4,15 millions de dollars pour le déminage.

Toutes les opérations sont coordonnées par le MACC-SL (Mine Action Coordination Center in South Lebanon), un organisme onusien fonctionnant en collaboration avec le Bureau national de déminage libanais. Si le MACC n’intervient nullement dans le financement, il reste le cœur logistique de l'intervention : il détermine et cartographie les sites dangereux, fixe les priorités, répartit les tâches et effectue un contrôle de qualité a posteriori. Aucun organisme, public ou privé, ne peut travailler sur le sol libanais sans son accréditation et les appels d’offres ne sont lancés qu’avec son approbation. Le MACC fait aussi le lien avec les équipes de l’armée libanaise et celles de la FINUL, et réceptionne le matériel mis à disposition par des pays amis, comme les 1 300 systèmes de déminage SM EOD envoyés par la Suisse.

Pour éviter les chevauchements, les tâches sont réparties en zones géographiques avec des équipes de travail dédiées soit aux mines, soit aux BASM. Par exemple, sous la supervision du MACC, les Émirats assurent le déminage complet de la zone 6 (couvrant les régions de Nabatiyé, Jezzine et Hasbaya) et le nettoyage des BASM dans la zone frontalière déjà déminée avant 2005. Les autres participants s’occuperont du reste : nettoyage des BASM dans la zone 6, autour de Tyr, de Saïda, etc.

Malheureusement, selon leur mode de financement, la pérennité des missions est plus ou moins assurée : « Les Émirats garantissent le financement de leur mission jusqu’à fin 2007, ce qui devrait être suffisant, explique Dalya Farran, responsable média du MACC. Ils ont aussi laissé entendre qu’en cas de besoin, ils accorderaient une rallonge. En revanche, les moyens du Volunteer Trust Fund de l’ONU assurent sa pérennité jusqu’à avril 2007, alors que le travail ne sera achevé que fin 2007. Nous travaillons donc à l’obtention de financements supplémentaires. »

Entreprises privées étrangères et embauche locale

Sur le terrain, ce sont de plus en plus des sociétés militaires privées (SMP) qui interviennent pour le compte des autorités publiques. Bien équipées et disposant d’un personnel nombreux et spécialisé, les SMP offrent des services hautement professionnalisés que les ONG et même les armées – dont ce n’est pas la vocation – ne peuvent fournir.

Au Liban, neuf de ces entreprises ont répondu à l’appel d’offres préparé par les Émirats, les autorités libanaises et le MACC. Les britanniques Bactec et ArmorGroup ont remporté les deux mises : 15 millions de dollars pour Bactec et 5,6 millions de dollars pour ArmorGroup (dont le total des contrats s’élève en 2006 à 223 millions de dollars, le Moyen-Orient y contribuant pour 54 %, en raison de la situation en Irak).

La présence de ces grandes entreprises étrangères offre toutefois d’importantes opportunités de travail au personnel local à des salaires relativement avantageux (au moins 700 dollars par mois). Avec une soixantaine d’équipes composées de dix hommes en moyenne sur le terrain, au moins 500 emplois sont à pourvoir. À condition de respecter le cahier des charges fixé par l’ONU, les opérateurs privilégient souvent le recrutement local, car les habitants sont les meilleurs connaisseurs des lieux. « Si le Liban dispose désormais d’experts en déminage, il est plus difficile de trouver des spécialistes des BASM, souligne cependant Dalya Farran. Chaque organisme fait donc venir ses propres experts pour former des équipes. » L’association MAG a par exemple fait venir d’Irak, où elle travaille depuis plus de douze ans, une équipe de 19 techniciens qualifiés, mais elle a aussi recruté plus de 80 Libanais.

Croissance fulgurante des sociétés militaires privées

En particulier depuis la guerre en Irak, les sociétés militaires privées (SMP), spécialisées dans le déminage et la “dépollution militaire”, sont devenues un élément incontournable des après-guerre. Ce nouveau business est très lucratif. Ainsi, selon Philippe Chapleau, auteur de deux ouvrages sur la question, la croissance de la toute jeune société Zapata Engineering – sous contrat avec le Pentagone depuis 2000 puis avec le Génie américain au lendemain de la prise de Bagdad – a été fulgurante : « La valeur de ses contrats militaires s’établissait en 2000 à 2,6 millions de dollars ; en 2002, elle était de 8,6 millions de dollars ; et en 2004 de 44,5 millions de dollars », explique-t-il.

Le marché reste cependant dominé par quelques grands noms : les américaines Ronco Consulting et UXB International (cette dernière a signé en 2004 avec l’armée de Terre américaine un contrat quinquennal de 1,475 milliard de dollars pour la neutralisation et la destruction des munitions périmées sur l’ensemble des sites militaires américains !) et la britannique ArmorGroup International, présente au Liban. Entre juin 2005 et juin 2006, ArmorGroup a vu son chiffre d’affaires augmenter de 30 %, avec 70,3 millions de dollars rien qu’en Irak. Ces entreprises hautement rentables signent aussi des contrats moins juteux avec les ONG et l’ONU. « Elles s’achètent ainsi une crédibilité, explique Philippe Chapleau, qui souligne la faculté des SMP à vanter leurs actions dans ce domaine. Il s’agit pour ces sociétés de “pacifier” leur image. »

Le lucratif commerce de l’armement

Selon les médias israéliens, l’armée a tiré sur le Liban 1 800 systèmes de roquettes MLRS (chaque tir expédiant 12 roquettes M26 contenant chacune 644 sous-munitions M77), 160 000 munitions d’artillerie (contenant dans 10 à 20 % des cas 88 sous-munitions), sans compter un nombre inconnu d’obus BLU 63 lâchés par l’aviation et de bombes envoyées à partir des navires. Selon le Centre de coordination du déminage au Liban, on trouve aujourd’hui dans le sud du Liban 19 types de mines antipersonnel, 14 types de mines antichar et trois types de sous-munitions. Comme l’immense majorité des armes utilisées dans le Sud, ces sous-munitions sont toutes de production américaine, tout comme le lanceur MLRS produit par Lockheed Martin. Cette compagnie fournit aussi Israël en avions de chasse F16, l’État hébreu disposant, avec plus de 300 jets, de la seconde plus importante flotte après les États-Unis. En 2005, Lockheed Martin a ainsi signé la livraison de 50 F16, pour 1,3 milliard de dollars. Israël se fournit aussi auprès de l’américain Boeing en hélicoptères de combat Apache. En 2004, Israël avait importé pour 703 millions de dollars d’armes, dont pour 698,21 millions des États-Unis.

Ces derniers concentrent 63,3 % du marché mondial de l’armement alors que, de leur côté, les grands producteurs israéliens – Israel Aircraft Industries, Elbit, Rafael et Israel Military Industries – préfèrent focaliser leurs ventes sur l’étranger (pour les deux tiers). En 2004, Boeing avait réalisé pour 27,5 milliards de dollars de ventes d’armes (soit 52 % de ses ventes totales), suivies de Lockheed Martin avec 36,4 milliards (soit 74 % de ses ventes totales). L’israélienne Israel Aircraft Industries n’arrivait qu’en 33e position, avec 1,3 milliard (soit 67 % de ses ventes totales).

Un coût énorme pour l’agriculture

Dans une région où, selon l’ONU, l’agriculture fournit à la population 70 % de ses revenus, la contamination des terres par les bombes à fragmentation réduit à néant l’ensemble de l’activité. Selon les chiffres de l’ONU qui sont présentés comme des estimations minimales, 6 % des vergers, 10 % des champs et 7 % des pâturages sont inutilisables. Après deux mois d’inactivité, les cultivateurs ne peuvent toujours pas irriguer leurs terres, ni moissonner et planter pour la saison prochaine. « Dans le Sud, on cultive surtout du tabac, des olives, des agrumes et des bananes, observe Dalya Farran. La guerre a eu lieu au cœur de la saison du tabac ; les récoltes sont perdues, les plants ont séché. La saison des olives a commencé, mais elle est très courte, elle dure à peine un mois. Or, les champs sont toujours inaccessibles. » Sans compter ceux qui ont complètement brûlé, que ce soit en raison des bombardements ou à l’initiative des agriculteurs eux-mêmes qui espèrent ainsi détruire rapidement les sous-munitions.


Beyrouth,11 21 2006
Nathalie Bontems
Le Commerce du Levant
ebizproduction est soutenue par "Le Conseil Régional de la Région
Provence-Alpes-Côte d'Azur".
| Home | English version | contact@1stmediterranean.com | © ebizproduction - Agence web - 2002/2008 |