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"L'UE doit passer du rôle de payeur à player3 - Entretien avec Mourad Allal, coordinateur général Euromed-ONG

· Plus de 350 associations attendues à Marrakech
· Objectif: donner un nouvel élan au processus de Barcelone
· A l’honneur: La Palestinienne Leïla Chahid et la militante marocaine Zhour Alaoui


Tunisien d’origine et «Marocain d’adoption et de cœur», Mourad Allal est coordinateur général de la plateforme Euromed. Economiste de formation, il coordonne la plateforme non gouvernementale pour le forum civil Euromed depuis sa création. Engagé dans le processus de dynamisation et de renforcement du rôle et de la place de la société civile en Méditerranée, Mourad Allal a participé à la fondation de plusieurs structures et organisations régionales dont le Forum des citoyens de la Méditerranée ou encore le Centre méditerranéen des droits de l’homme.

S’il se réjouit que le Maroc ait été choisi pour abriter ce week-end (du 4 au 7 novembre au Palais des Congrès de Marrakech), «une première dans un pays du Sud», il n’en reste pas mois que Mourad Allal et son équipe ne s’en contenteront pas. Tout reste donc à faire….

- L’Economiste: Ici et là, on qualifie de grande première la rencontre de la plateforme Euromed ONG. N’est-ce pas exagéré?
- Mourad Allal: Elle a un caractère novateur. C’est la première fois que les acteurs de la société civile des 35 pays de la Méditerranée se retrouvent dans un pays du Sud. En outre, elle intervient à un moment opportun, car elle coïncide avec le 10e anniversaire du processus de Barcelone, quelques mois après le déluge qui s’est abattu sur le Liban, les agressions multiples à Gaza et le déclenchement d’une série de déclarations et de prise de position qui favorisent le repli sur soi et le conflit des cultures en Méditerranée.

- Repli sur soi, choc des cultures…
- Je fais référence à l’histoire des caricatures danoises ou au récent discours du Pape. C’est pour toutes ces raisons que c’est un événement qui nourrit l’ambition de permettre à la société civile d’apporter une contribution décisive à la refondation d’un partenariat, qui, jusque là, est loin de satisfaire les attentes de notre population.

- Chacun s’accorde à pointer du doigt l’opacité du processus de Barcelone. Vous êtes convaincu que la société civile peut lui redonner un second souffle
- Le problème du processus de Barcelone, c’est qu’il est conçu par et pour des relations étatiques en dehors de toute prise en compte des attentes de nos sociétés. De fait, il a ignoré les aspirations fortes exprimées des 2 côtés de la Méditerranée.
Ainsi, l’aspiration à la paix et au développement a été exclue du processus. La responsabilité de l’Europe est entière. Elle a réduit son action à celle de bailleur de fonds et non d’acteur engagé. D’ailleurs, Massimo D’Alema, le ministre des Affaires étrangères italien, a très bien résumé la situation en déclarant que l’UE doit passer du stade de «payeur» à celui de «player». Quant au développement, il doit être juste et durable avec la garantie de l’emploi, des droits économiques et sociaux, etc.
Il est inacceptable qu’en 11 années d’existence, aucune séance de travail ne se soient tenue entre ministres de l’Emploi de la Méditerranée sur le thème… de l’emploi.

- Toutefois, c’est le seul cadre officiel qui permet aux deux rives de communiquer
- Tout à fait. Si on ne peut qu’être d’accord sur l’appréciation critique du processus, nous sommes cependant conscients de la nécessité de préserver ce cadre. C’est le seul qui peut permettre aux pays de la région, particulièrement ceux du Sud, de se renforcer mutuellement pour faire face aux défis de la mondialisation. Des pays comme la Tunisie ou le Maroc ne peuvent faire face à cette déferlante.
C’est aussi le seul cadre qui se réfère explicitement aux valeurs de la démocratie et de droits de l’Homme qui, malheureusement, ne sont pas respectées par les pays du Sud. Notre rôle est donc d’œuvrer avec lucidité et réalisme pour changer les calendriers politiques.

- Revenons au rôle de l’UE. Est-il réaliste de demander à l’Europe de s’immiscer dans la gestion politique, économique et sociale des pays du Sud?
- L’Europe n’a pas proposé de partenariat par pure philantropie. Elle y a un intérêt certain. L’UE ne peut exister sans une région méditerranéenne développée et stable.
Sur la façade sud de la Méditerranée, il y a un marché de plus de 300 millions de personnes, plus important que celui de l’UE. En outre, dans la compétition initiée par l’unilatéralisme américain, elle ne peut exister d’elle-même.
L’UE doit gérer ses frontières pas exclusivement sur le plan sécuritaire mais en privilégiant la gestion politique et économique. C’est le sens du nouvel accord de bon voisinage. Ces questions seront largement débattues ce week-end à Marrakech.

- Quel sera le contenu de l’édition Marrakech 2006?
- Quatre priorités ont été dégagées après les consultations nationales qui se sont déroulées dans chaque pays. La paix dans la région, au travers d’une réflexion sur la responsabilité des acteurs de la société civile. La paix ne se réduit pas à la fin d’une guerre, c’est aussi l’acceptation de l’Autre. L’immigration et la mobilité des personnes seront également à l’ordre du jour.
Nous allons nous attacher à apporter une contribution au Sommet de Rabat qui demeure arrimé à une gestion des flux et des frontières. Pour preuve: la seule présence des ministres de l’Intérieur.
Autre volet: celui du projet de réformes démocratiques qui part de nos sociétés et qui s’adressent à elles. Nous ne croyons pas que la démocratie peut être importé avec des chars, à travers les chancelleries ou encore des slogans publicitaires. Réfléchissons à de vrais projets démocratiques!
Et enfin, le développement durable et la responsabilité des citoyens seront abordés par les conférenciers. Il s’agira de mener une réflexion et de dégager les actions qui favoriseront la participation participative de la société civile.

- Au-delà de ce plan de travail, n’y a-t-il pas un objectif «officieux»…?
- Plus de 350 personnes venues des 4 coins de la Méditerranée pourront constater que le Maroc est un pays qui s’ouvre sur le monde. Aucun sujet ne sera tabou; tout pourra et sera débattu. L’objectif clairement affiché, c’est d’être en mesure de formuler des propositions concrètes, réalistes et applicables.
Il est à noter que la déclaration de Marrakech sera portée au Sommet de Tempérée, en Finlande, qui regroupera les ministres des Affaires étrangères les 26 et 27 novembre prochains. Entre temps, une partie de ces acteurs auront porté les messages de la société civile aux ministres en charge de la Condition féminine qui se tiendra à Istanbul, les 17 et 18 novembre ainsi qu’aux ministres de l’Environnement en conclave en Egypte, à Alexandrie, les 22 et 23 novembre.
Marrakech ne sera donc pas une réunion réunionite ni un défouloir. Il s’agira d’échanger, de réfléchir, de proposer pour que les décideurs publics puissent être remis face à leur responsabilité devant leur instance.

Casablanca,11 14 2006
Rédaction
L'Economiste
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