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Les transferts financiers des émigrés - Un levier souvent ignoré du développement

La BEI (Banque Européenne d’Investissement) a, sur financement du Fonds Fiduciaire Femip(1), fait réaliser une étude du marché des transferts de fonds des travailleurs migrants dans 8 pays partenaires(2).

Quels premiers enseignements peut-on tirer de cette étude ?
Les envois de fonds des travailleurs émigrés des pays partenaires méditerranéens - PPM - en Europe vers leurs pays d’origine représentent un volume appréciable qui, s’ils étaient mieux valorisés, pourraient constituer une source importante de financement du développement de ces pays :

quelque 7 milliards d’euros sont ainsi “officiellement“ transférés annuellement d’Europe vers 8 des 10 pays partenaires méditerranéens, de 12,4 à 13,6 milliards, si l’on tient compte des estimations de transferts “informels“. Au total, les transferts des travailleurs émigrés représentent entre 2 et parfois plus de 20% du PIB des pays récipiendaires

Les transferts venus d’Europe dépassent ainsi de loin les flux totaux d’investissements directs étrangers nets (6,4 milliards USD/an, 2000-2003) et d’aide publique au développement (4,3 milliards USD/an, 2000-2003) reçus par ces pays.

Origine :
Pour les principaux pays partenaires (Maroc, Algérie, Tunisie, Turquie), l’Union européenne constitue de loin la première source (85-90%) des transferts reçus. Dans les autres pays (Égypte, Liban, Syrie, Jordanie), la part relativement faible des transferts venant de l’Union (de 5 à 10%) s’explique par l’importance des populations émigrées dans les pays du Golfe et/ou les Amériques.

Utilisation :
Les transferts sont essentiellement utilisés par les bénéficiaires dans les PPM (Pays Pourtour Méditerrannéen) pour améliorer leurs conditions de vie : consommation des ménages (51%), éducation ou santé (18%), logement (14%). De fait, seule une petite fraction des transferts (moins de 10%) est utilisée à des investissements productifs, sauf en Tunisie (18%) et en Égypte (15%).

Modes utilisés pour les transferts “officiels“ :
A l’exception notable de la Turquie où les banques ont développé des produits spécifiques pour les migrants y compris depuis leur pays d’émigration, le canal dominant pour les transferts est celui des sociétés de transfert d’argent (STA : Money Gram et Western Union étant les principales) ou de courrier privé (DHL, Fedex, etc.). Cette situation tient principalement à la non-bancarisation des bénéficiaires (voir des immigrés eux-mêmes), à la rapidité et fiabilité des transactions et aux contrats d’exclusivité liant les STA aux systèmes postaux. Il en résulte une absence de transparence des prix et de leurs composantes (coût du change), et une hausse des coûts pour les émetteurs (jusqu’à 16% du montant transféré).

Maximiser l’impact des transferts de fonds pour financer le développement
Les recommandations suivantes tendent à maximiser l’impact des envois de fonds surle développement économique des PPM :

• Les banques des PPM qui reçoivent des volumes importants de transferts des émigrés pourraient être aidées à se refinancer à moindre coût sur les marchés internationaux des capitaux par des émissions obligataires garanties par les fonds transférés. Seules les banques turques interviennent déjà assez activement dans ce domaine de la “titrisation“. La BEI pourrait aider les banques des PPM à structurer des titres garantis par des transferts ou aider ces banques à exploiter ce marché en accordant, par exemple, des garanties contre les risques associés aux transferts de fonds. Ces différentes pistes seront étudiées de près en collaboration avec les banques de la région méditerranéenne ;

• Les banques des PPM pourraient être
encouragées à mettre en commun des ressources issues des transferts et leurs expertises respectives pour financer des projets de moyenne ou petite dimensions dans les PPM (infrastructures locales, PME, Micro-finance, etc.). La mise en place de telles associations bancaires, travaillant en contact avec des ONG locales, s’est effectuée déjà avec succès dans quelques pays émergeants (Inde, Salvador, Mexique, Philippines) où elles permettent de valoriser l’épargne occasionnée par des envois de fonds, notamment en offrant des produits de micro-finance liés aux communautés d’origine des émigrés. De tels projets pourraient être renforcés par l’apport de volumes analogues de fonds publics ou des institutions financières internationales ;

• Des organisations de la diaspora implantées dans les pays d’accueil et les pays destinataires pourraient contribuer à regrouper les fonds et travailler avec des banques et des organisations multilatérales au financement de projets et à la mise en place de services financiers destinés aux populations immigrées. La conception de mécanismes coopératifs nécessitera un programme d’information auprès des communautés et des organisations d’émigrés ainsi qu’une coopération avec d’autres partenaires financiers de part et d’autre de la Méditerranée, un sujet sur lequel la BEI va se pencher ;

• Les gouvernements des PPM pourraient, en collaboration avec l’Union et ses États Membres, contribuer à promouvoir le transfert de connaissances et de savoir-faire des émigrés et à appuyer des organisations de la diaspora afin de stimuler le développement des initiatives des émigrés souhaitant établir des relations commerciales avec leur pays d’origine. Ces appuis pourraient, par ailleurs, être complétés par des aides financières des gouvernements ; par ailleurs, Il conviendra d’examiner l’opportunité de réduire les restrictions aux mouvements de capitaux dans la mesure où elles nuisent aux envois de fonds des émigrés.

Cette étude démontre le rôle non négligeable que jouent ou pourraient jouer les immigrés dans le développement économique de leur pays d’origine. Le Comité Ministériel de la FEMIP (qui regroupe les Ministres des Finances des 35 pays partenaires) a décidé, à Tunis les 25-26 juin derniers, d’organiser une réunion sur ce sujet au premier trimestre 2007 : rassemblant les acteurs économiques concernés et notamment les représentants du secteur bancaire, cette réunion permettra d’explorer des avancées concrètes pour abaisser les coûts des transferts et mieux valoriser ces flux financiers.

Henry Marty-Gauquié
Directeur - Représentation du Groupe BEI à Paris

(1) Créé en 2004 et financé - à ce jour - par 16 États membres de l’Union et la Commission européenne, le Fonds Fiduciaire Femip (FFF) a pour objet le soutien au développement du secteur privé à travers le financement d’études, d’actions d’assistance technique ainsi que l’octroi de concours en capital-investissement.
(2) Algérie, Égypte, Jordanie, Liban, Maroc, Syrie, Tunisie et Turquie ; Israël et Gaza-Cisjordanie n’ont pas été inclus dans le champ de l’étude.


Marseille,10 24 2006
Rédaction
Medcoop
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