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Huile d’olive : La recette tunisienne

· Développer davantage l’offre et la diversification des destinations
· Hausse du taux d’huiles conditionnées pour l’export, fonds de promotion, stratégies marketing…
· Un label propre en projet


C’est une bonne campagne d’exportation de l’huile d’olive qui s’annonce en Tunisie. Selon les statistiques officielles, la saison, qui s’achève en octobre, a permis d’exporter plus de 100.000 tonnes d’huile d’olive.

Les prémisses d’une bonne année d’exportations oléicoles se confirment donc de plus en plus.

Durant les sept premiers mois de l’année 2006, les expéditions avaient enregistré une progression de 18% par rapport à la même période de l’année 2005.

Pourtant, si la campagne actuelle a été exceptionnelle au niveau de la production, elle a néanmoins enregistré un passage à vide. Les exportateurs ont été pris de court par l’évolution des prix au niveau international.

En effet, encouragés par la montée de la demande et des prix, les opérateurs tunisiens ont acquis des quantités importantes sur les marchés. Entre-temps, les nouveaux prix à l’importation ont été répercutés sur les prix à la consommation. Une situation qui a entraîné un recul de la demande et une sanction par ricochet des prix.

Reste que la demande a repris dès le mois de juin 2006 au grand bonheur des exportations.

Pour éviter la reproduction de tels scénarii, la Tunisie, grand pays producteur de l’huile d’olive, table sur l’instauration d’un prix de référence à la rationalisation.

Pour rappel, la Tunisie produit en moyenne 170.000 tonnes. Les régions de production oléicole représentent une superficie globale de plus d’un million d’hectares (plus de 50 millions de pieds d’oliviers).
La consommation locale est importante, mais les exportations se taillent la part du lion.

Figurant aux premiers rangs des pays producteurs, l’objectif visé par la Tunisie est de développer davantage l’offre et la diversification des destinations à l’export (Russie, Etats-Unis, Corée du Sud, Chine, Inde, Japon ou encore Canada).
S’y ajoutent l’amélioration continue de la qualité aux plus hauts niveaux ainsi que l’augmentation du taux d’huiles conditionnées dans les exportations d’huile d’olive. Et ce, de manière à valoriser ce produit national et à lui assurer de nouvelles valeurs ajoutées, propres à améliorer sa compétitivité dans un marché sans cesse en mouvement. Et la mise en place du Fonds de promotion de l’huile d’olive s’inscrit dans ce cadre.

Il s’agit de donner un label propre à l’huile tunisienne, d’exporter l’huile conditionnée, de chercher de nouveaux marchés et de promouvoir des stratégies marketings aux contours bien définis pour «booster» l’export.
Autre point et non des moindres: l’amélioration de l’offre de services aux différents opérateurs des filières.

Si la branche de l’huile d’olive demeure dépendante des tendances climatiques et de la pluviométrie, cela ne constitue pas pour autant un frein aux politiques élaborées. D’ailleurs, pour réduire cette dépendance, le projet de l’irrigation est accéléré.
Un projet qui s’insère dans une stratégie s’étalant sur plusieurs années et dont l’objectif est de développer à l’horizon 2009 la superficie oléicole irriguée.

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Au Maroc aussi

La filière oléicole fait aussi l’objet de beaucoup d’attention au Maroc. Rencontres et séminaires d’experts, plan de sauvetage, plan national, mesures de relance… tout y passe.
Tout récemment, un fonds destiné à la promotion de la filière oléicole, Olea Capital, a été lancé à Marrakech.
Il est soutenu par Asset Management (Société générale France), le Crédit agricole et la Société générale marocaine de banques.
Les objectifs de ce fonds sont la création de 10 fermes de 1.000 hectares chacune, plantées en oliviers, totalement intégrées (unité de trituration et capacité de stockage).
A terme, il s’agira de produire 30.000 tonnes d’huile d’olive par an (cf. www.leconomiste.com).
Un bon démarrage et même une bouée de sauvetage pour un secteur qui traîne encore de trop lourds boulets face à ses concurrents, tels que la Tunisie et l’Espagne.
Manque de valeur ajoutée, absence de stratégie marketing, acidité, commercialisation en vrac, mode traditionnel de trituration… les contraintes sont encore bien importantes.
Actuellement, la production nationale moyenne est de 50.000 tonnes d’huile d’olive et de 60.000 tonnes d’olives de table.
Lancé en 1999, le Plan national oléicole affiche des résultats bien mitigés. Préétablie à 800.000 tonnes pour l’année 2004-2005, la production d’olive n’a été en réalité que de 600.000 tonnes (–17,5%). Cette année, les opérateurs tablent sur une hausse de 40% par rapport à la campagne écoulée. Cette production donnerait lieu à 90.000 tonnes d’olives de table industrielles (+12%) et 70.000 tonnes d’huile d’olive (+40%).
Pour cette campagne, la superficie oléicole devra passer à 600.000 ha contre 590.000 ha en 2004-2005.

Tunis,10 16 2006
Yousra Mafoud
L'Economiste
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