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« Orange House », un havre de paix

MOMENTS INSOLITES - Une maison d’hôtes à Mansouri, au Liban-Sud

Ses hôtes sont des gens en quête de sérénité, de bien-être et de silence. De ciel bleu et de mer propre. Ses hôtes sont aussi des tortues de mer qu’elle accueille chaque année, leur créant un environnement idéal pour pondre leurs œufs en toute sécurité, protégées des prédateurs, renards, poissons, crabes, dynamite et chiens.

Ces deux activités, qu’elle partage aujourd’hui avec Habiba Syed, prennent forme dans ce qu’elle a baptisé « Orange House ». Une maison d’hôtes, vite devenus des amis. Un refuge, son arche de Noé, avec deux chiens, Sour et Puppy, un chat, Blacky, des brebis, un perroquet, Mantouf, et des bonheurs simples.

«Rien, avait-t-elle toujours pensé, ne me fera jamais quitter ma maison. » Et d’ailleurs, c’est à peine si, pendant ces trois dernières années, Mona Khalil a fréquenté la ville, pour « voir deux films, des amis », et puis vite revenir. Cette maison, héritée de la famille, fut construite par son père en 1973. « J’y ai passé toute mon enfance, j’ai appris à nager ici », nous dit-elle, le regard bleu intense. Elle y a aussi appris le goût du bonheur, puis de la séparation. Et c’est un peu pour retrouver cette douce saveur qu’elle est revenue, après avoir passé 20 ans en Hollande, « à faire de la restauration de porcelaine, enfermée dans des musées ! »

Petit à petit, il lui faudra quatre mois pour remettre sur pied une maison abandonnée durant 11 étés. Elle lui redonnera son âme, une couleur, qui n’a strictement rien de politique, et un nom, « Orange House ». Sur deux étages, avec trois chambres à coucher pouvant recevoir six personnes, un jardin avec des fleurs et des arbres fruitiers qui communiquent avec le vent, des chiens qui se prélassent, un chat qui s’étire et une magnifique plage d’un kilomètre 400, animée par un bal de tortues à partir de mai, le tableau prend les couleurs du bien-être.

Les tortues, une passion

La passion de Mona Khalil pour les tortues de mer, devenue aujourd’hui un travail à plein temps, elle est déléguée de Medasset, the Mediterranean Association to Save Turtles, est née par hasard. « J’étais assise au bord de l’eau, lorsque j’ai entendu un bruit. C’était une tortue qui créait son propre “camouflage” pour protéger son nid. » Depuis ce jour, elle se consacre avec amour à la conservation d’une race en danger. « En raison de la guerre, ces plages peu fréquentées ont longtemps offert aux tortues, principalement les Caretta-Caretta ou Loggerhead et les Chelonia mydas ou tortues vertes, un environnement serein, sans lumières ou bruit agressant, pour pondre dans les meilleures conditions. » Mona sait tout du processus de ponte, les signes indicateurs, les trous creusés par les tortues pour y déposer leurs nids, les dangers à éviter, les grillages à poser, les gestes à faire, le lendemain, pour récupérer les œufs. « Je me suis beaucoup battue pour interdire la pêche à la dynamite. » Allant jusqu’à se mettre en danger pour protéger son petit monde – des pêcheurs très en colère viendront tirer en l’air, blessant sa chienne à la jambe. Mais le calme reviendra vite sur ce petit coin de paradis, jusqu’à ce mois de juillet encore dans sa mémoire.

L’enfer

« Le 12 juillet, se souvient Mona Khalil, nous avions des invités libanais avec leurs enfants, venus spécialement assister à la ponte des tortues. » Partis précipitamment, ils éviteront les bombardements qui s’amplifient un peu plus chaque jour. « Nous avions peur, avoue-t-elle, mais il n’était pas question, pour nous, de quitter. » L’eau potable, à rationner, sera remplacée, par moments, par des pastèques plantées autour de la maison. Des drapeaux blancs accrochés partout, messagers d’une paix difficile, femmes, chiens et chat finiront par dormir dans la maisonnette du gardien, située à proximité... Au 15e jour, l’aviation israélienne bombarde une maison voisine. Le lendemain, « nous avons libéré les brebis, mis suffisamment de nourriture aux chiens et chat, et nous sommes parties, la mort dans l’âme. » Elles reviendront juste après la déclaration du cessez-le-feu, pour retrouver des traces d’obus dans la chambre du premier étage et des dégâts légers. « Tous les animaux ont répondu à l’appel, sauf Sour. Je suis alors allée au village le plus proche, j‘ai marché, longtemps, en criant son nom. » Le lendemain, Sour, essouflée, revenait au bercail...
Quelques semaines après la fin des hostilités, et au crépuscule d’un été qui nous aura été volé, reprendre possession du Sud, de son bord de mer, surtout celui qui fut miraculeusement épargné par le mazout, et retrouver des moments de bonheur, un petit déjeuner 100 % naturel dans une petite maison orange, n’est-ce pas, aussi, une belle victoire sur cette guerre maudite ?

Beyrouth,10 09 2006
Rédaction
L'Orient le Jour
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