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Français-Jordaniens: regards croisés sur la crise irakienne

La Jordanie vit actuellement des moments de tension et de troubles directement liés à la guerre en Irak, pays voisin et frontalier. Depuis le début des attaques américano-britanniques, la ‘rue’ jordanienne manifeste tandis que les ressortissants étrangers attendent de voir l’évolution de cette situation. Ambiance à chaud et opinions croisées…Le Jourdain a enquêté.

Au deuxième jour de la guerre anglo-américaine contre l’Irak, des manifestants sont descendus dans les rues d’Amman, foulant aux pieds le drapeau américain, et affrontant la police anti-émeute après le bouclage par les autorités de certains quartiers de la capitale jordanienne. D’autres réactions ont été plus pacifiques : à Irbid, plusieurs centaines de personnes ont participé samedi dernier à une marche de protestation, arborant des drapeaux jordaniens et appelant à l’unité nationale.

Certains protestataires appellent les Arabes à « boycotter les produits américains comme action symbolique de révolte. » Autre manifestation pacifique : des douzaines d’artistes ont protesté samedi dernier à Amman dans la Rue de la Culture à Schmeisani contre les frappes militaires en Irak en appelant à une coalition arabe. Les artistes présents lors de cette démonstration de paix ont allumé des bougies et représenté sur une peinture murale de sept mètres des portraits d’Irakiens sanguinolents et agonisants. « C’est notre moyen de dire non à cette guerre brutale contre l’Irak » précisera un artiste jordanien. Cependant, des remarques et des phrases lourdes de sens comme on a pu l’entendre lors de cette dernière protestation, « cette culture de ‘cow-boy’ ne vaincra pas une culture aussi riche et ancienne que celle d’Irak » ou bien encore « puisse Dieu accorder la victoire aux arabes ! » reflètent le risque de dérapage parmi la population jordanienne.

Evitons de tomber dans le piège de la mondialisation de l’opinion, et des préjugés faciles. Un refus en bloc de l’Occident sans tenir compte de la multiplicité des prises de position, allié à une vision simpliste, souvent mise en avant par certains partis politiques, d’une nouvelle ‘Croisade’ contre le monde arabe provoqueraient un ‘choc des cultures’. Un résumé du conflit actuel à une confrontation Occident/Orient ou chrétiens contre musulmans serait réducteur et erroné.

Autre signe indiscutable d’une période de trouble : la présence en Jordanie de 700 journalistes occidentaux concentrés sur Amman et Ruweished pour couvrir l’actualité irakienne et ses conséquences dans le royaume avec dans un premier temps l’arrivée de réfugiés et la gestion de ce flux. Comme le dit si bien le proverbe : ‘Le malheur des uns fait le bonheur des autres.’ C’est effectivement d’autant plus vrai en période de guerre, car ces journalistes remplissent les hôtels 5 étoiles d’Amman, tels que Le Royal dont le taux de remplissage atteint 50% comme le confiait au Jourdain M. Mussa Bariyeh, responsable de la réservation. Le Sheraton accueille des journalistes, pour la plupart, asiatiques et atteint un taux d’occupation de 28%. Un troisième hôtel voit également sa fréquentation augmenter de manière significative avec l’arrivée de journalistes, l’Intercontinental (chiffres non-communiqués par la direction des relations publiques. )

Dans un pays comme la Jordanie qui accueille des communautés multiples ( palestiniens, tchétchènes, circassiens, européens…), les points de vue des femmes françaises vivant dans le pays permettent d’avoir du recul vis à vis de la situation actuelle. Mona, franco-tunisienne expatriée, explique au Jourdain que « si je reste en Jordanie malgré la situation tendue du fait de la crise irakienne proche, c’est en raison du travail de mon mari. » Florence, française expatriée, pense que « l’attitude des jordaniens n’a pas changé depuis le conflit irakien, qu’ils sont comme à leurs habitudes très respectueux des français » et qu’elle reste donc confiante pour la sécurité de sa famille, mais qu’avec le problème omniprésent de la Palestine ajouté à la guerre en Irak, elle fait un petit peu plus attention dans ses déplacements pour ne pas ‘tirer le diable par la queue’. Geneviève, française mariée à un jordanien, précise que pour les résidents étrangers « il y a certaines précautions raisonnables à prendre actuellement, mais que la vie continue. » Saïda, quant à elle, française d’origine algérienne, précise « qu’elle reste pour ses enfants » qui sont scolarisés dans le pays. Anne, française mariée à un jordanien et vivant ici depuis 20 ans, tient à expliquer que « ce n’est pas la même situation que pendant la première guerre du Golfe où l’Irak et son armée représentaient une menace plus forte. La dernière fois, il y a eu un vent de panique, on barricadait les fenêtres, on stockait de la nourriture…» Remarque que viennent appuyer les propos d’Abu Jamal, gérant de supermarché : « Cela n’a rien à voir avec ce qui s’est passé ici lors de la guerre du Golfe en 1991. Les gens achetaient alors des stocks entiers de marchandises. »

En effet, la ruée dans les épiceries et stations-service des premiers jours précédant l’attaque américaine, a diminué pour redevenir normale ces derniers temps ; peut-être une conséquence des appels multipliés du gouvernement à la modération. La réflexion d’Umm Mohammed faisant ses courses est révélatrice : « Ici, nous avons assez à manger, mais quand est-il des Irakiens ? » Les attaques sur l’Irak ont renforcé le sentiment anti-américain qui dominait déjà dans le royaume. Une récente enquête réalisée par Ipsos en Jordanie illustre bien le climat d’opinion qui y règne. Pour les deux tiers des personnes interrogées, la principale raison pour laquelle les Etats-Unis préparent cette guerre est d’assurer son approvisionnement en pétrole. La menace américaine n’aura pas redoré le blason de George W. Bush dans la région : seulement 5% des Jordaniens soutiennent les positions tenues par le Président des Etats-Unis, contre 90% derrière Jacques Chirac.

La position française adoptée sur la crise irakienne a redonné un souffle nouveau à la vague pro-française qui est aujourd’hui en train de s’ancrer dans l’opinion jordanienne. En tout cas, ces femmes françaises s’accordent sur le fait qu’il y a un avenir en Jordanie, mais que celui-ci dépendra aussi des conséquences et répercussions provoquées par la guerre en Irak sur l’économie jordanienne.

Amman,03 31 2003
Léticia Franiau - Al Sharaia
The Star
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