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Le CJD développe son réseau

· Une section ouvre à Marrakech, la 4e au Maroc
· Partenariat avec l’université et accompagnement des jeunes promoteurs au programme


Trois objectifs animent désormais la section Marrakech du CJD (Centre des jeunes dirigeants d’entreprises), lancée officiellement samedi dernier.

Il s’agit du projet éducation entreprise, avec à la clef un partenariat avec l’université, l’accompagnement des jeunes entrepreneurs et les actions dans le monde rural en collaboration avec des agences de développement. L’ambition de la nouvelle entité est aussi de regrouper 40 membres en 2007. Celle-ci, qui a tenue sa plénière le 16 septembre sur le thème «Rôle et responsabilité de la région dans le cadre des enjeux politiques nationaux», a désigné son président, Driss Belkhayat. «Le mouvement doit continuer sa consolidation et accélérer les échanges intrasection avec plus de proximité», souligne ce dernier. Une occasion également pour ce jeune mouvement associatif de lancer un prélude de débat au forum politique 2007 qu’il organise prochainement.

En attendant, la section aura à poursuivre dans la Cité ocre les objectifs définis, qui s’articulent autour de la formation, de la réflexion, l’expérimentation et du lobbying.

Avec Marrakech, le mouvement du CJD en est à sa 4e section régionale au Maroc après Casablanca, Rabat et Tanger. Le mouvement, crée en France dans les années 1940, se donne pour objectif le rapprochement entre le monde de l’entreprise et celui des syndicats d’ouvriers. Il a gagné la classe des jeunes entrepreneurs marocains, il y a 5 ans et a fait beaucoup de chemin entre-temps.

Pour Zakaria Fahim, président du CJD Maroc, après avoir instauré les bases dans 4 grandes villes, avec quelque 120 membres adhérents et actifs, le mouvement peut s’orienter vers des objectifs plus ambitieux. «Et pourquoi pas une coalisation des jeunes entrepreneurs du Maghreb? Nous avons les mêmes idées et nous pourrions faire beaucoup ensemble», ajoute Fahim.

Le CJD, qui se définit comme un «agitateur d’idées» regroupe plusieurs membres et sympathisants. De l’agitateur qu’il était lorsqu’il fut créé, il exerce aujourd’hui un véritable lobbying dans le monde de l’entreprise. En effet, l’on prend sérieusement en compte ses recommandations.

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«Les plus grandes visions sont prônées par les minorités»

Sylvain Breuzard, fondateur de Norsys, ex-président du CJD France

Sylvain Breuzard est président et fondateur de Norsys (une société de services en informatique) en pleine croissance et qui vient d’ouvrir sa filiale Afrique à Marrakech. Ce dernier explique sa vision de la Performance Globale de l’entreprise. Celle-là même prônée par le CJD dont il a été président en France entre 2002 et 2004. Breuzard est aussi parrain du CJD Maroc.

· L’Economiste: Après plusieurs années de présence au Maroc, Norsys décide d’installer une filiale en Afrique? Pourquoi maintenant?
- Sylvain Breuzard: On y pensait depuis longtemps. Il fallait auparavant mettre en place un espace et recruter une équipe managériale marocaine afin d’assurer de bonnes conditions de travail…
Norsys est une entreprise à croissance maîtrisée, sans frontières, à forte valeur ajoutée, sociale et humaine. Au Maroc, elle est plus connue à travers le social et la Fondation éducation qui porte le même nom. Pourtant, le centre de développement marocain est opérationnel depuis plusieurs années. Il travaillait essentiellement pour des projets français.
Avoir des bureaux en Afrique nous permet de continuer le dynamisme de la Fondation et d’élargir notre business à une clientèle au Maroc.
C’est finalement une déclinaison logique de la stratégie de notre entreprise.

· Oui, mais pas sur un terrain vierge. Le domaine de services informatiques explose depuis les années 90…
C’est vrai pour le Maroc et encore plus pour la France où coexistent 30.000 SSII ( ndlr: sociétés de services informatiques).
La plupart sont des fournisseurs qui administrent les réseaux de services, s’occupent de la plateforme technique, et accessoirement s’attaquent à la création de logiciels adaptés. C’est sur ce volet que Norsys joue la différence.
Le plus gros de notre chiffre d’affaires (CA) est dans la création de logiciels capables d’être revus constamment pour s’adapter aux besoins de l’entreprise. C’est d’ailleurs pour cela que nous consacrons 8% de notre CA à la recherche.

· Vous êtes finalement un prestataire qui revend les compétences d’un ingénieur à un fournisseur? Pourquoi investir tant en formation avec le risque que vos employés aillent ailleurs?
- Une SSII est par définition une entreprise où la grande majorité sont de nouvelles recrues. Recrues qui la quittent après 3 ans au plus tard. Dans ce cas là, il est évident qu’investir dans la formation peut paraître casse-cou.
En concrétisant l’université d’entreprise, nous avions une double finalité. Celle purement économique. C’est-à-dire la valeur ajoutée des prestations de Norsys qui s’accroît grâce à des formations et des programmes de recherches, et toujours l’autre finalité sociale et humaine qui favorise l’épanouissement professionnel et personnel des salariés.
Nous arrivons, grâce à ce processus, à retenir tout de même plus de 50% de nos salariés. Et on s’engage dans la formation selon chaque potentiel et chaque profil.

· Vous avez été président du CJD France de 2002 à 2004. CJD qui prône une vision globale de l’entreprise. Finalement qui a influencé qui ? Norsys ou le CJD?
- Juste question. Il s’agit de définir l’ambition personnelle dans le cadre associatif ou à l’échelle de l’entreprise. En fait, c’est le développement d’une entreprise avec une vision globale où sont conciliées des performances économiques et des performances sociales.
Et Norsys est chaque année en croissance. (ndlr: l’entreprise revendique 13% de croissance en 2005 et 20% en prévision pour fin 2006).
Lors de mon mandat, je voulais mettre en exergue l’expérience de la Performance Globale de l’entreprise comme celle de Norsys à des chefs d’entreprise qui ne demandaient qu’à voir le résultat.

· Oui, mais Norsys comme beaucoup d’autres PME ne sont que des petites gouttes dans l’océan…
- C’est vrai. Mais, les grandes idées n’ont jamais émané des majorités. Prenons exemple des starts up qui étaient de petites idées, fruits de cogitation et d’efforts de petites entreprises et qui ont été rachetées par la suite par de grands industriels. Dans un tout autre domaine, les idées politiques ont émané d’une élite, reprises ensuite par la masse…
Aujourd’hui, le concept de la Performance Globale de l’entreprise est une vision qui a été adoptée par 700 entreprises en France. Qu’en sera-t-il demain?


Casablanca,09 26 2006
Badra Berrissoule
L'Economiste
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