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Entre dialogue des religions et surenchères démagogiques

Perspective - Les réactions impulsives à la conférence du pape trahissent un comportement peu enclin au débat rationnel

L'article de Michel TOUMA


À l’occasion de l’ouverture des travaux de « l’Atelier culturel Europe-Méditerranée-Golfe » qui s’est tenu la semaine dernière à Paris, le président Jacques Chirac a exprimé la crainte d’un « divorce des cultures » entre l’Islam et l’Occident.

Ce qui accréditerait, auquel cas, la thèse de Samuel Huntington sur le conflit des civilisations. Le problème à cet égard se pose une fois de plus à la lumière des réactions impulsives et déraisonnées enregistrées dans certains milieux musulmans au Liban, comme ailleurs dans le monde, à la suite de la réflexion profonde à laquelle s’est livré le pape Benoît XVI sur le thème du rapport entre foi, raison et violence dans le christianisme et dans l’islam, au cours d’une conférence donnée (en allemand) à l’Université de Ratisbonne, dans le sud de l’Allemagne.

Tous ceux qui se sont laissés entraîner – un peu trop rapidement, pour des dignitaires religieux et des responsables politiques – dans des attitudes en flèche à caractère populiste ignorent sans doute ou feignent d’ignorer, suivant le cas, le parcours du souverain pontife. Le cardinal Joseph Ratzinger est un théologien de renommée internationale qui a été professeur d’université et, surtout, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi sous le règne du pape Jean-Paul II. Quoi d’étonnant, par voie de conséquence, qu’il se livre – même en sa nouvelle qualité de Saint-Père – à une réflexion (nécessaire) sur certains aspects de la foi et sur des questions fondamentales qui devraient être au centre du dialogue islamo-chrétien ? Pour le pape Benoît XVI, « la question du dialogue entre les cultures et les religions est une des questions cruciales de ce temps », a souligné le nouveau chef de la diplomatie du Vatican, Mgr Dominique Mamberti.

Dans le cadre de ce vaste débat sur le lien entre la foi et la raison, le souverain pontife n’a pas manqué à plus d’une reprise de critiquer l’Occident et la pensée occidentale pour leur matérialisme un peu trop excessif qui néglige et marginalise toute dimension spirituelle dans la raison. Les propos tenus par Benoît XVI sur l’islam lors de la conférence de l’Université de Ratisbonne s’inscrivent donc dans le cadre d’une démarche intellectuelle, d’une réflexion profonde et théologique, beaucoup plus globale, beaucoup plus vaste, incluant tout aussi bien la religion chrétienne que l’islam ou aussi la pensée occidentale et le comportement de l’Occident en la matière, d’une manière générale.

Que certains dignitaires musulmans ne partagent pas son analyse sur la question est plus que légitime et normal. Telle est, précisément, la fonction du dialogue. Mais ce qui moins normal – et admissible – ce sont les réactions impulsives, voire primaires, qui ont été enregistrées et qui relèvent plus de la démagogie populiste que d’une volonté réelle de dialogue entre les cultures et les religions. Ces réactions ont été un peu trop rapides et ont fusé, à n’en point douter, avant que les personnes concernées n’aient pris la peine de lire et d’étudier en profondeur le texte intégral de la conférence afin de lancer par la suite un débat rationnel, dans un esprit constructif, non polémique. Combien de fois a-t-on vu des responsables politiques et des dignitaires religieux déclarer publiquement qu’ils se refusaient à donner leur avis sur une prise de position d’une tierce partie avant de prendre connaissance de la teneur exacte de la déclaration ou du communiqué en question ? Or dans le cas présent, les détracteurs du Saint-Père se sont empressés de monter rapidement au créneau et d’adopter une attitude agressive, faisant preuve d’irrespect et de manque total de considération à l’égard d’une haute autorité religieuse telle que le souverain pontife. Réclamer des « excuses » ou affirmer que les propos du pape reflètent une « faiblesse d’esprit » et « une ignorance flagrante de l’islam » et qu’ils constituent un appel à « des croisades au Moyen-Orient » revient à claquer la porte au dialogue, à s’engager dans une logique de confrontation et à apporter, par le fait même, de l’eau au moulin des adeptes de la théorie de Huntington.

La réaction de sayyed Ali el-Amine, mufti chiite de Tyr et de Jabel Amel, est sur ce plan on ne peut plus louable et particulièrement significative de la différence profonde qui existe entre l’approche agressive et conflictuelle qu’ont eue certains au sujet de la conférence du pape et l’approche suivie par ceux qui sont réellement soucieux du dialogue entre les religions. Se plaçant d’office dans une perspective d’ouverture et de compréhension de l’autre, sayyed Ali el-Amine a ainsi appelé à une analyse calme et sereine de l’intervention du Saint-Père, loin des réactions impulsives et irraisonnées ou du langage de la rue. Si l’attitude du mufti de Tyr mérite qu’on s’y attarde, c’est parce qu’elle pose un problème non pas de forme, mais au contraire de fond. Elle reflète en effet un état d’esprit et une attitude de principe favorables au dialogue et à la compréhension mutuelle, alors que les réactions précipitées et irréfléchies trahissent un comportement peu enclin au débat rationnel.

Dans le cas spécifique du Liban, les remous provoqués par les propos du Saint-Père reflètent une grave faille qui s’est manifestée à plusieurs reprises ces derniers mois sur la scène locale. Ces remous sont en effet l’expression d’un terrorisme intellectuel, à l’instar des manifestations provoquées par l’émission satyrique Basmat watan, de l’incursion fondamentaliste sunnite à Achrafieh à la suite de l’épisode de la caricature du Prophète, et surtout des différentes réactions en flèche du Hezbollah à l’égard des critiques formulées par l’Alliance du 14 Mars au sujet du dossier de l’arsenal militaire et de l’attitude globale du parti chiite. Ce genre de terrorisme intellectuel constitue une renonciation au principe même du dialogue entre cultures et religions. Et, surtout, il place le pays dans une position en totale contradiction avec la vocation, le message et la raison d’être du Liban.

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Benoît XVI remet les pendules à l’heure

La bénédiction de l’Angélus a été hier l’occasion pour Benoît XVI de remettre les pendules à l’heure en se déclarant « vivement attristé » par la réaction des musulmans à sa conférence de Ratisbonne, qui « n’exprime en aucune manière » ses « pensées personnelles ». Le pape ne s’est cependant pas excusé, comme l’exigeaient certaines voix musulmanes. Son discours d’hier a apaisé quelque peu la colère des instances islamiques à travers le monde. Elles ont cependant déclaré que ce n’était pas assez pour calmer les esprits, exigeant toujours des excuses.
Au Liban, Mgr Nasrallah Sfeir a « déploré les réactions dans le monde islamique concernant l’intervention du pape » qui a été, selon lui, mal comprise. Aussi a-t-il indiqué à l’AFP que, pour lui, « les critiques contre le pape sont politiques », en soulignant que Benoît XVI n’avait « pas parlé directement de l’islam » dans son discours.


Beyrouth,09 20 2006
Michel Touma
L'Orient le Jour
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