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Exclusif - Conférence de l’Icann : «99% des potentialités de l’internet encore inexploitées

Entretien avec le cofondateur de l’internet, Vint Cerf

Cofondateur du protocole qui a abouti à Internet et dont les utilisateurs sont estimés à 900 millions, Vint Cerf est la grande star de la grand-messe du gotha de l’internet qui se tient à Marrakech jusqu’au 30 juin sous l’égide de l’Agence nationale des réseaux de télécommunications (ANRT). Il porte aussi la casquette de chef «évangéliste» à Google depuis septembre 2005.

Dans un entretien exclusif accordé à L’Economiste, il revient sur l’origine de la création du réseau des réseaux, son développement fulgurant, ses mythes, ses légendes et ses potentialités non encore exploitées. Pour lui, l’Icann est avant tout un organisme technique qui n’a pas les coudées franches pour résoudre des problèmes «d’ordre politique».

Cerf est aussi président du conseil de l’Icann (Internet Corporation For Assigned Names and Numbers), organisation qui souffle le chaud et le froid dans le monde virtuel.



- L’Economiste: Fondateur du protocole TCP/IP dans les années 70, qui a donné l’internet, aviez-vous envisagé ce fabuleux développement?
- Vint Cerf: Pas du tout. Il aurait fallu que l’on soit des visionnaires et des génies pour imaginer ce développement. A l’origine, c’était pour résoudre un problème de génie technique que ce processus a été initialement conçu pour le département de la Défense américaine. Nous voulions utilisers les ordinateurs pour lier les services commandes et contrôle. L’idée de base est que les faiblesses d’un régiment militaire pouvaient être corrigées par un outil informatique. Il s’agissait d’élaborer une stratégie informatique avec des bases fixes de commandement qui utilisaient le satellite, et qui devaient être constamment liées à d’autres personnes de commandement via le réseau filaire. Au départ, mes recherches au sein de la Défense avaient pour seul souci de lier ces deux bornes, le satellite et le réseau filaire, pour qu’elles communiquent entre elles. Nous nous sommes alors basés sur des études déjà réalisées, notamment celles de Louis Pouzin.
Plusieurs autres chercheurs ont aussi influencé le concept. C’est ce qui a abouti au protocole TCP/ IP, qui a permis d’identifier l’internet.

· Une stratégie conçue pour la Défense américaine, mais qui a dépassé vos espérances avec la construction d’un aussi grand réseau avec 900 millions d’utilisateurs…
- Cela a en effet dépassé tous les pronostics, avec le premier réseau de communication par paquet, Arpanet qui verra le jour dans les années 70. C’est l’ancêtre de l’internet qui reliait quatre ordinateurs, situés dans des centres universitaires différents. Très vite, ce premier réseau va se développer et, en 1973, comportera 35 machines. Au niveau technologique, ce réseau présentait une grande originalité qui permettait l’avènement d’un espace de partage de ressources totalement libre.
Au fur et à mesure des ans et des besoins, de la soif de connaissance, ce protocole va connaître des améliorations qui n’étaient pas au programme. Vous savez, malgré son jeune âge, l’internet à ses dates historiques. Des mythes et des légendes qui entourent sa naissance.

· Par exemple?
- En 1973, on pensait déjà à l’élargir au domaine public, ne serait-ce que dans la recherche. C’est ce qui se réalisera 10 ans plus tard en 1983. En 1986, les gros équipementiers s’y intéressent et fabriquent des routeurs. On s’aperçoit alors que ce protocole pourrait devenir lucratif.
En 1988, le réseau des réseaux bascule vers le grand public. J’avais obtenu entre-temps l’autorisation de commercialiser ce réseau auprès des grandes entreprises. Un an après, il y a eu l’émergence des sociétés de service providers (fournisseurs d’accès) aux USA avec trois providers.
A partir de 1992, Tim Berners Lee développe l’accès internet avec le world wide web (www). Netscape fera le reste avec le logiciel de navigation. Ce qui a fait exploser le marché. En 2000, l’internet est désormais devenu l’outil majeur de communication.

· Et en 2005, c’est l’internet pour tous et sa démocratisation… Le mécanisme restera-t-il fidèle à l’esprit de ses créateurs, et aussi autonome? Et fera-t-il preuve de réactivité?
- Personnellement, je pense que l’internet a toujours été libre et démocratique depuis son ouverture au grand public. N’importe qui pouvait construire n’importe quel réseau et rejoindre la Toile. On parle de démocratisation parce que ce n’est que depuis l’année 2000 que les gouvernements et les institutions ont découvert les enjeux de l’internet et de la société de l’information. Les gouvernements se rendent compte que l’outil internet est très important et pourrait asseoir leur développement économique. Depuis trois ans, les politiques gouvernementales se préoccupent des besoins naissants quant au contrôle et la sécurité de la société de l’information.
D’autres pays s’en sont rendu compte bien avant. Je prends l’exemple de votre pays qui a lancé un ambitieux plan national pour le développement de l’internet. L’introduction de la DSL à prix abordables a révolutionné la Toile au Maroc…

· 30 ans après sa création, quel futur et quel développement pour ce monde virtuel?
- 99% des possibilités d’internet ne sont pas encore exploitées ni découvertes. Internet s’ouvre à toutes les applications imaginables, celles auxquelles on n’y pense pas et enfin celles qui seront identifiées par les besoins futurs…

· Vous êtes un fervent défenseur de l’IP (téléphonie sur Internet), en soutenant d’ailleurs que c’est un moyen qui devrait profiter aux pays en voie de développement. N’est-ce pas contradictoire avec la diminution des recettes des taxes de répartition à laquelle doivent faire face les opérateurs télécoms?
- Peut-être. Je vous rappelle que la voix sur IP ou la téléphonie sur IP est tout simplement un programme qui porte la voix d’un endroit à un autre. Cela se calcule techniquement en mégabit. Politiquement, c’est une technologie taxée de destructrice pour la téléphonie. Mais on ne pourrait pas arrêter la technologie. Aux opérateurs de chercher d’autres applications à valeur ajoutée et d’identifier d’autres ressources, en développant des mécanismes novateurs. C’est-à-dire des services au moindre coût possible. Le changement rapide que subissent désormais les nouvelles technologies utilisées dans ce domaine pour des services à moindre coût est un des défis majeurs auxquels se trouve confronté le monde.

· Les gouvernements vont se réunir à Athènes en octobre 2006 dans le cadre du Forum de gouvernance de l’internet. Si ce forum sort avec un organisme de régulation, risque-t-il d’affaiblir la position de l’Icann?
- Je ne le pense pas. La croissance et l’innovation de l’internet présentent de nouveaux défis pour préserver sa stabilité. Et l’Icann, je le répète, n’est pas outillé et habilité à résoudre certains problèmes d’ordre politique. Si les gouvernements prennent la décision d’identifier de nouvelles instances ou de renforcer les attributions de l’Icann. Pourquoi pas??

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Responsabilités

LA gouvernance de l’internet pose souci aujourd’hui à l’Icann. Les recommandations du SMSI (Sommet mondial de la société de l’information) prônent une grande démocratisation de la société de l’information pour réduire la fracture numérique. «Certes, nous suivons les recommandations du SMSI dans les secteurs qui nous concernent. Nous travaillons par exemple à l’intégration de tous les pays et toutes les langues dans l’affectation des noms de domaines», souligne Cerf.

Ce dernier tient, par ailleurs, à préciser que «l’Icann est une corporation technique, chargée d’allouer l’espace des adresses de protocole internet IP, d’attribuer les identificateurs, de gérer le système des noms de domaines pour les codes génériques et les codes nationaux». Tout simplement. Les responsabilités de la corporation sont donc limitées. Par exemple, l’instance n’est pas habilitée à traiter les spams (ndlr: emails commerciaux non sollicités). Elle n’a pas non plus la responsabilité de traiter les fraudes ou encore la cybercriminalité.

Casablanca,07 10 2006
Rédaction
L'Economiste
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