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« Sans plan d’urgence, le Liban sera noyé sous les ordures d’ici à six mois », avertit Sarraf

ENVIRONNEMENT- Le ministre a défendu hier sa proposition soumise au Conseil des ministres

Jusqu’à quand les considérations politiciennes entraveront-elles l’adoption d’un plan national de gestion des déchets solides qui profiterait à toute la population ?

Pour la énième fois, la question d’un plan proposé, cette fois, par le ministère de l’Environnement au Conseil des ministres, s’est heurtée à la contestation de ministres, sans que les discussions aboutissent à une alternative.

Entre-temps, la décharge de Naamé est de plus en plus saturée, ce qui pousse le ministre de l’Environnement, Yaacoub Sarraf, à tirer la sonnette d’alarme : « Si aucun plan n’est adopté, le Liban sera noyé sous les ordures d’ici à six mois. »
Un cauchemar ultime qui finira bien par se réaliser si les atermoiements se poursuivent de toutes parts, alors que les villages autour de la décharge de Naamé n’en ont pas fini de souffrir, comme l’a rappelé hier le rassemblement pour la fermeture du site.

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« L’opposition de certains ministres est peut-être politique, mais je suis ouvert aux propositions », souligne Sarraf

Au lendemain de l’échec de l’adoption d’un énième plan pour la gestion des déchets en Conseil des ministres, toujours pour des raisons politiques concernant l’emplacement des décharges sanitaires futures, le ministre de l’Environnement Yaacoub Sarraf lance un cri d’alarme : « Le Liban sera noyé sous les ordures d’ici à six mois si aucun plan n’est adopté. » Ces propos, prononcés lors d’une conférence de presse tenue hier au ministère, se fondent sur le fait que la décharge de Naamé, qui reçoit la plus grande partie des déchets du Liban, est plus que saturée depuis longtemps. Si la catastrophe semble inéluctable tant qu’aucune entente n’est réalisée autour d’un plan national de traitement des déchets, il reste que les protestations (qui se sont poursuivies hier) contre le dernier plan présenté par M. Sarraf, soulevées principalement par la décharge prévue à Jieh (Iqlim el-Kharroub), reflètent un refus de faire assumer à une même région deux fois le même calvaire, après la mauvaise expérience de Naamé. L’autre décharge prévue au Mont-Liban, à Monsef (Jbeil), s’est également heurtée à un refus de certains ministres. Quoi qu’il en soit, le résultat est le même : le Liban continue de se débattre avec le sempiternel problème des déchets, un problème qui, de par sa nature, ne peut qu’empirer avec le temps. Et quel que soit le responsable – sachant que les responsabilités sont toujours partagées – on revient au même point : le Liban croule sous le poids de son incapacité à gérer les déchets qu’il produit. Et ce n’est glorieux pour personne, encore moins pour la classe politique dans son ensemble.

Dans sa conférence de presse, donc, M. Sarraf a défendu son projet, mettant en garde contre les atermoiements dans la résolution de ce problème qui dure depuis plus d’une décennie. « Mon message est clair, a-t-il dit. Nous allons faire face inévitablement à ce problème. Le temps n’est pas en notre faveur, et cette question concerne tout le Liban, pas seulement une catégorie donnée. L’aggravation des problèmes requiert de nous tous, ministres et députés, de ne pas utiliser ce sujet à des fins personnelles pour causer des conflits dont nous nous serions bien passés. » Jetant la balle dans le camp des hommes politiques qui ont refusé le plan, il a ajouté : « Certains ministres ont fait opposition au plan pour des raisons peut-être politiques. Ma réponse sera d’être ouvert à toutes les propositions. Je m’engagerai à adopter tout plan qui me sera proposé afin d’éviter le problème écologique que nous connaîtrons d’ici à six mois. »
Le ministre de l’Environnement a donc précisé que le plan avait été présenté en Conseil des ministres, avec une étude écologique pour chaque site proposé et une vision permettant de régler le problème des déchets et des carrières en même temps. Dans le plan, une usine de tri est prévue dans chaque caza, afin de minimiser les désagréments résultant du transport des déchets. Il a insisté sur le fait que les plans précédents n’avaient englobé dans leurs solutions partielles que 45 % du territoire libanais, alors que l’actuel plan prend en considération les 65 % restants.

M. Sarraf a souligné que l’objectif du plan était de n’enfouir, en fin de parcours, que 40 % de l’ensemble des déchets, ce qui assurerait une longévité plus importante pour n’importe quelle décharge. Cela sera possible grâce au compostage de 40 % des matières organiques (contre 10 % aujourd’hui) et au recyclage de 20 % des déchets (contre 8 % actuellement). Il a souligné que les municipalités avaient un rôle à jouer dans le transport des ordures vers les centres de tri et de compostage, récusant le principe selon lequel les ordures d’une ville sont de sa seule responsabilité.

Pour ce qui est des décharges proprement dites, le ministre a précisé que le Liban avait été découpé en quatre régions de services accueillant chacune une ou deux décharges, « sans que ce découpage ne soit politique » : le Liban-Nord, le Liban-Sud, la Békaa et les deux mohafazats de Beyrouth et du Mont-Liban (une seule région). Il a estimé que le coût d’exploitation de ces décharges, le contrôle et la protection des environs des sites sont plus faciles quand les décharges sont peut nombreuses. Cela reste plus sain que les dépotoirs sauvages.

« Ce plan ne passera pas », affirme Élie Aoun

Par ailleurs, la contestation du plan présenté par M. Sarraf s’est poursuivie hier. Le député Élie Aoun a déclaré, dans une conférence de presse au Parlement, que « le transfert de la décharge de Naamé vers l’Iqlim el-Kharroub n’est pas acceptable ». « Cela ne veut pas dire que nous consentons que la décharge demeure à Naamé, a-t-il poursuivi. Les habitants de Naamé, de Damour et des environs ont supporté les déchets du Mont-Liban et de la capitale durant des années, avec des quantités ayant atteint les millions de tonnes. »

M. Aoun a assuré qu’il exprimait ce refus de la création d’un dépotoir dans l’Iqlim el-Kharroub au nom de tout le Bloc démocratique, président (le député Walid Joumblatt) et membres. « Ce plan ne passera pas, a-t-il souligné. Si la fermeture de la décharge de Naamé est inévitable, cela ne se fera pas au détriment de certaines régions. » Et de conclure qu’un plan comprenant des décharges disséminées dans toutes les régions avait été prévu précédemment, mais, « malheureusement, ce dossier a été écarté au profit d’une solution plus facile ».

Pour leur part, les fédérations des municipalités de l’Iqlim el-Kharroub du nord et de l’Iqlim du sud ont annoncé leur refus de voir une décharge créée dans leur région, plus précisément près des villages de Baassir, de Dahr Maghara et de Jieh. Les responsables municipaux ont dénoncé « la tentative de transformer la région en dépotoir, source de pollution et de relents pestilentiels ». « Cette région ne souffre-t-elle pas assez de la pollution des centrales électriques et de leurs nuisances ? » se sont-ils demandé, avant de mettre en garde contre une possible escalade de leur mouvement.

Enfin, le « Rassemblement pour la fermeture de la décharge de Naamé », un mouvement civil, a fermement soutenu hier que le site ne pouvait plus continuer d’accueillir les déchets de Beyrouth et du Mont-Liban durant six nouveaux mois, ce qui représente quelque 400 000 tonnes d’ordures supplémentaires. Le communiqué rappelle que la décharge avait été conçue à la base pour accueillir deux millions de tonnes, et que plus de 7,5 millions de tonnes de déchets de toutes sortes (dont des déchets hospitaliers dangereux) s’y trouvent actuellement, ce dont souffrent tous les villages des environs sur deux kilomètres à la ronde. Le rassemblement a appelé les ministres et députés à envisager cette question en oubliant les considérations politiques et électorales, et à se souvenir des propositions de la Campagne nationale pour la gestion des déchets solides (ONG), fondée sur les principes de diminution des déchets à la base, de tri à la source, de compostage, de recyclage et d’enfouissement des déchets inertes seulement.

Beyrouth,06 27 2006
Rédaction
L'Orient le Jour
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