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Pétrole: Les scénarios si la guerre éclate - Entretien avec Mohamed Boutaleb, ministre de l'Energie et des Mines

C'est devenu le sujet d'actualité et d'interrogations pour les décideurs. Si la guerre éclate en Irak, le Maroc peut tenir, et dans le cas extrême (raréfaction des produits raffinés et brut), aura recours à une distribution planifiée.

Le ministre fait aussi le point sur la crise qu'a connue la Samir ainsi que sur la grande opération de Jorf Lasfar.


· L'Economiste: Avec l'imminence d'une guerre en Irak, quel est votre plan d'urgence ?
- Mohamed Boutaleb: Normalement, un pays comme le Maroc, qui dépend des importations des produits pétroliers, doit détenir un stock de sécurité. Et ce, qu'il y ait guerre ou pas. Car il faut tenir compte d'aléas tels que les catastrophes naturelles. C'est ce qui s'est produit dans la région de Settat, Berrechid et Mohammédia. Avec l'arrêt de la raffinerie, nous avons eu recours au stock de sécurité. Nous avons évité la pénurie. Ce stock a été utilisé en attendant le lancement du plan de réapprovisionnement. Aujourd'hui, nous l'avons rapidement reconstitué. Nous sommes à 80 jours. A la fin du mois, nous serons à 90 jours.

· Disposer d'un stock de sécurité est-il suffisant dans la conjoncture actuelle ?
- Le plus important est de disposer réellement de ce stock. Les pays importateurs jouent automatiquement sur les stocks en période de guerre, mais le processus d'importation ne s'arrête pas. Il s'appuie sur une planification des contrats dans le temps. Nous en avons passé jusqu'au mois de juin. En période de guerre, si pour une raison donnée le système devient fermé, nous passerons à une planification de la distribution. D'ailleurs, lors des inondations survenues à Mohammédia, nous avons déclenché le système d'importation avant l'incendie. Et le lendemain, nous avons mis en place un comité national d'approvisionnement. Ce comité est toujours fonctionnel.
Personnellement, je ne pense que nous allons atteindre cette situation. Le Maroc se trouve dans une position géostratégique et géographique lui donnant une chance naturelle, celle d'être dans l'Europe. Nous sommes donc dans la même situation que la France, l'Espagne et le Portugal en termes d'approvisionnement. Je pense que l'UE a pris les dispositions nécessaires dans le cas d'une rupture de l'approvisionnement. Aujourd'hui, avec l'augmentation de la consommation dans l'Union, une réflexion est menée pour faire passer les stocks de sécurité de 90 jours à 120 jours.

· Quelle leçon tirez-vous de l'incendie de la Samir ?
- Le bon sens nous dicte qu'il faut avoir une autre entrée pour les produits pétroliers pour assurer une meilleure sécurité.

· Pensez-vous créer une nouvelle raffinerie ?
- Il s'agit plutôt d'une seconde entrée aux produits pétroliers. Théoriquement, nous pouvons nous dispenser de raffinage et assurer l'approvisionnement en produits finis. Il nous faut donc deux entrées. Mais le Maroc a besoin d'une raffinerie. L'accident survenu a montré qu'il est fondamental de monter un programme important de délocalisation du raffinage et de l'approvisionnement. Une étude de préfaisabilité est menée par un bureau international pour nous présenter les scénarios possibles. Des experts internes et des responsables de la Samir sont également impliqués dans cette étude. Faire du raffinage complémentaire dans d'autres régions figure parmi les options envisageables. Une chose est sûre, aujourd'hui, il n'y a pas de préférence pour un scénario ou un autre. Ce qui importe c'est l'intérêt stratégique du pays.

· Une seconde raffinerie à Jorf Lasfar poserait-elle les mêmes problèmes de sécurité qu'à Mohammédia ?
La sécurité industrielle a des règles internationales qui sont connues. En Europe, de nombreuses raffineries se trouvent à l'intérieur des villes. Aujourd'hui, le raffineur doit assurer la sécurité et l'Administration doit également faire son travail. Lorsque les règles sont respectées, la prévention fonctionne bien et nous pouvons répondre à temps à une crise qui pourrait s'annoncer. Jorf Lasfar est encore un terrain vide. Seules deux grandes unités sont implantées, l'OCP et l'ONE. Nous pouvons y monter d'autres unités mais à condition de mettre en place le système de sécurité nécessaire. Dans notre stratégie, nous accordons une importance primordiale au système de sécurité et de contrôle. C'est la raison principale qui nous a poussés à revoir toute l'organisation des filiales énergétiques, en particulier au niveau de l'Administration.

· Quels seront les grands axes de cette réorganisation ?
- Il faut redéfinir les missions et les attributions pour clarifier les responsabilités. De même, certains textes relatifs aux établissements classés doivent être revus. L'Etat doit accompagner l'investisseur. Pour une promotion adéquate, il doit assurer le contrôle. Pour cela, il a besoin de ressources humaines capables d'assurer cet accompagnement et en particulier au niveau régional. Par exemple, à Casablanca, nous avons besoin d'une direction régionale bien étoffée avec des directions. Actuellement, nous avons une petite délégation qui gère toute la région. Cette réorganisation va nous permettre de mieux régionaliser l'activité énergétique et minière.

· Corral a conditionné une partie de ses investissements par des mesures d'accompagnement de la part du gouvernement…
- La Samir a été cédée par les pouvoirs publics en 1997. Un contrat lie le gouvernement au groupe Corral. C'est un acte qui rentre dans le cadre de la mise en place de la politique de libéralisation dans notre pays. Je rappelle à ce titre que seul le secteur de l'énergie et des mines a pris à coeur cette politique de libéralisation. Et c'est le seul secteur qui ait appliqué cette réforme. Nous sommes en train de poursuivre le processus de privatisation et de démantèlement douanier.
La Samir ne peut pas garder un monopole de fait. Et les responsables de Corral le savent bien. Après l'accident, nous avons sorti un décret sur la suspension des droits de douane. Décision qui a permis de développer la compétitivité et tester les capacités du Groupement des pétroliers du Maroc. Corral est un professionnel ayant une visibilité. Il avait demandé une prolongation de la protection, mais l'Etat a refusé.

· Actuellement, que négocie la Samir avec l'Etat ?
- Aujourd'hui, la situation a changé suite à l'accident de la raffinerie. La Samir prévoyait un plan de développement de 700 millions de dollars. La partie génie civil qui avait démarré a été arrêtée à cause de l'incendie. L'Etat a exigé une étude de préfaisabilité pour revoir le système du raffinage dans notre pays. Il est donc normal que Corral vienne renégocier un certain nombre de points. Actuellement, il existe uniquement des discussions.

· On parle de plus en plus d'une récente découverte de pétrole à Talsinnt. Qu'en est-il exactement ?
- C'est faux. A Talsinnt, un forage d'exploration a été réalisé. Il a donné un résultat positif. C'est ce qu'on appelle dans notre jargon un indice pétrolier. La société qui était en charge de la réalisation des travaux n'avait pas assez de fonds pour poursuivre son activité. Maintenant, un nouvel opérateur s'en charge et effectue ses évaluations. Le passage au stade de développement nécessite au moins 3 à 4 ans et près de 5 ans pour arriver au stade de la production. Dans le système de l'exploration, nous n'avons pas droit à l'erreur technique. Ce système est géré par des règles et des étapes à respecter. Talsinnt était à sa première phase. Celle-ci a donné un premier forage positif. La nouvelle société Maghreb Petrolium Exploration travaille actuellement au niveau de la seconde phase. La région de Talsinnt est hautement potentielle.

· Quel bilan faites-vous du projet Jorf Lasfar ?
- Si nous n'avions pas libéralisé l'électricité en concédant au niveau de Jorf, nous aurions eu beaucoup de problèmes de délestage et de coupure. L'Etat ne peut continuer à être producteur. Lorsque l'Algérie a connu une grande crise, il y a quelques semaines, l'ONE a réagi en cinq minutes. Nous avons soutenu l'Algérie Ouest. Jorf est une bonne opération.

· Selon des observateurs, ce projet n'est pas rentable. C'est la raison pour laquelle ABB chercherait à se retirer…
- C'est faux. ABB est un grand opérateur. Il a au moins dix projets de ce genre à travers le monde. Jusqu'à présent, nous n'avons pas été officiellement saisis par ce groupe. Nous savons qu'ABB a des problèmes financiers. La rumeur dit qu'elle compte se dessaisir des projets à l'international, en raison de ses difficultés financières.

· L'ONE s'apprêterait à constituer un consortium pour reprendre les parts d'ABB. Qu'en pensez-vous ?
- Tous les scénarios sont possibles, mais l'Etat ne peut effectuer un retour en arrière.

· Vous avez promis une baisse du coût de l'énergie industrielle aux industriels. Qu'en est-il au juste ?
- Je n'ai rien promis. J'ai dit que j'étais prêt à discuter sur des prix. Mais à condition que l'on me présente des projets accompagnés d'un planning réel et du nombre d'emplois à créer. Jusque-là, l'Etat a fait un grand effort. Sur 6 ans, une réduction de 28% du coût de l'électricité a été accordée. En principe, l'étude économique qui a été faite par les départements du ministère des Finances a montré qu'une réduction de 30% du coût de l'électricité devait avoir pour conséquence une augmentation de 2% du PIB.

Off-shore: Les forages débuteront en 2004

Le rythme des contrats pétroliers et de reconnaissance ne s'est pas ralenti, avance le ministre. En 2000, ce sont les contrats avec Lone Star Energy qui ont été signés. Selon Boutaleb, dans le système de l'exploration, il faut effectuer une promotion proactive. Ce qui signifie disposer d'une base de données technique viable pour convaincre les opérateurs. A l'ONAREP, “nous disposons d'un système d'experts assez compétent”, poursuit le chef du département de l'Energie. Par ailleurs, les forages en off-shore démarreront début 2004.

Propos recueillis par Khadija MASMOUDI & Mohamed BENABID

Casablanca,03 24 2003
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L'Economiste
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