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Beyrouth I - Suffit-il de réduire la dette pour relancer la croissance ?

Le Liban n'a pas souffert d'un effet d'éviction classique des investissements en raison de la dette. Sa réduction est certes nécessaire, mais pas suffisante pour relancer la croissance.

L’un des objectifs du programme préparé par le gouvernement est de réduire la dette publique, unanimement jugée insoutenable par les économistes.

Ce qualificatif signifie que la dynamique de la dette est telle qu’un jour, le gouvernement ne pourra plus respecter ses engagements financiers. Elle atteint en effet des records mondiaux, à près de 200 % du PIB. En sens inverse, suffit-il de réduire la dette pour relancer la croissance ? Non, répond Sébastien Dessus, économiste du bureau de la Banque mondiale à Beyrouth.

Bien sûr, l’ampleur de la dette libanaise a eu un impact sur le comportement des investisseurs qui ont réagi à l’accroissement des risques, en adoptant notamment un comportement de court terme. Cette attitude a un coût global pour l’économie, car pour compenser le risque de transformation des dépôts à court terme en crédits à plus long terme, le système bancaire est obligé de conserver des niveaux extrêmement élevés de liquidités, évaluées à plus de 20 milliards de dollars (100 % du PIB !). « Ces fonds ne sont pas productifs, leur utilité étant uniquement de protéger le système. »

Mais le Liban n’a pas souffert d’un effet d’éviction classique dû à cette dette, comme c’est souvent le cas. Ce phénomène consiste en un assèchement des capitaux disponibles pour le secteur privé, à travers une forte hausse des taux d’intérêt due à la forte demande de financement de l’État. Or, si la croissance a été très faible depuis le début des années 1990, alors que le potentiel de rattrapage était très grand, l’économie libanaise a baigné dans des liquidités massives pendant toute la période d’après-guerre.
La dette a crû de façon exponentielle, mais il n’y a pas eu de hausse comparable des taux d’intérêt réels, souligne l’économiste. Au contraire, leur niveau est relativement bas, par comparaison avec ceux de pays comme le Brésil (qui connaît pour sa part une forte croissance). De plus, le niveau relativement élevé du coût du crédit n’a pas entravé la hausse des créances au secteur privé jusqu’en 2000. Après cette date, la baisse des taux n’a pas encouragé une reprise des crédits.

Non seulement le phénomène classique d’effet d’éviction par les taux d’intérêt ne semble pas avoir joué au Liban, mais une réduction de la dette pourrait avoir aussi comme effet paradoxal de diminuer les capitaux disponibles dans le pays. En effet, une partie des liquidités présentes dans le système pourrait en sortir faute de trouver des placements de substitution aux instruments de la dette.

Résultat, le gouvernement doit certainement stabiliser et réduire la dette, mais ce seul objectif ne suffira pas à relancer l’économie, avertit Sébastien Dessus. Faute de s’attaquer aux problèmes structurels qui entravent la croissance, les chances de succès du programme de réformes du gouvernement seront d’autant plus minces que les montants nécessaires à la contraction du ratio dette/PIB correspondent à des efforts « énormes », dit-il.
À la demande du gouvernement, la Banque mondiale élabore actuellement une étude destinée à déterminer les principaux obstacles à la croissance de l’économie libanaise. L’objectif est de recenser les contraintes dont le dénouement aura le plus grand impact marginal.

Le principal obstacle identifié est la faiblesse de la concurrence sur les marchés libanais, qui entame la compétitivité de l’économie, suggère Sébastien Dessus.

L’économie libanaise est marquée par une forte spécialisation dans des secteurs non concurrentiels, dit-il. Ce phénomène est principalement le résultat de la politique monétaire qui a conduit à doubler le taux de change réel depuis 1992, entraînant une sur-allocation des ressources dans les secteurs des biens et services non échangeables, non soumis à la concurrence de biens et services étrangers. Il est aussi lié à des facteurs légaux ou illégaux, que ce soit des monopoles, des barrières à l’entrée, la corruption, etc. « Le système conduit les entreprises à se situer sur des marchés petits, au potentiel limité, ce qui affaiblit la dynamique générale de l’économie. »

Rétablir la concurrence

L’économiste recommande d’agir à plusieurs niveaux. Le premier est de lutter contre la corruption et de renforcer le système judiciaire afin de rétablir des conditions équitables de la concurrence. Le deuxième niveau est fiscal. Le système d’impôts et de taxes en vigueur favorise en effet les secteurs du domaine non échangeable. À titre d’exemple, la santé et l’éducation sont exemptées de TVA, alors que le foncier reste largement exonéré. Certaines régulations sont également défavorables, en termes de compétitivité, comme la protection des agences exclusives, les droits d’enregistrement, etc. Enfin, il suggère d’accroître “l’échangeabilité” des biens et services. Cela passe notamment par des mesures de facilitation du commerce, de réduction des coûts de transport et de télécommunications.

En revanche, au niveau macroéconomique, même si la hausse du taux de change réel est la raison principale de l’affaiblissement de la compétitivité du pays, un renversement de politique monétaire n’est pas forcément la solution, note Sébastien Dessus. La dollarisation de l’économie réduirait à néant l’impact d’une dépréciation sur les prix, sans compter que l’allègement de la dette publique serait largement mitigé par l’importance de la dette libellée en devises.

Beyrouth,05 22 2006
Rédaction
Le Commerce du Levant
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