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Haddad : Sans mesures financières, nous nous dirigeons droit vers la faillite

Politique de voisinage, conférence de Beyrouth et FMI au menu d'une table ronde à l'ENA

«Quel est le lien entre la politique européenne de voisinage (PEV) et la conférence de Beyrouth ? » Une question posée hier par le chef de la commission européenne, Patrick Renauld, au cours d'une table ronde organisée à l'École nationale d'administration.

La réponse tient en deux mots : les réformes. Que ce soit pour obtenir l'aide promise par les bailleurs de fonds à la conférence de Beyrouth, ou pour renforcer la coopération euro-libanaise, les réformes sont incontournables.

Dans le cadre de la PEV, l'aide européenne est liée au plan d'action, dont les négociations devraient s'achever le 19 mai, et qui détermine un certain nombre de réformes politiques, administratives et économiques. Ce plan d'action de cinq années est défini sur la base du programme national. « Le Liban ne peut plus se contenter de sauter d'un rééchelonnement de sa dette à un autre, a prévenu M. Renauld. Il faut entreprendre des réformes de fond dans le cadre d'un plan global. » Pourquoi global ? « Parce que les réformes vont avoir des conséquences lourdes pour l'ensemble de la population libanaise », a-t-il répondu. «Pour faire passer un tel changement, il faut que chacun constate que l'autre assume également sa part de sacrifices et de contraintes. Et c'est pour cela que la communauté internationale presse le gouvernement de présenter un plan qui soit le fruit d'un accord de la plus grande majorité des Libanais », a expliqué le chef de la Délégation européenne.

Urgence nationale

Mais les réformes ne sont pas qu'une demande internationale, c'est avant tout une urgence nationale, a de son côté souligné l'expert économique Marwan Iskandar. Selon lui, le Liban ne souffre pas d'une crise financière, notamment grâce aux transferts des immigrés, mais d'une panne de croissance. C'est à l'économie réelle qu'il faut s'intéresser. « Le Liban est un des rares pays de la région où le secteur public s'élargit au lieu de se réduire », a-t-il déploré. Et qui dit secteur public dit administration, minée par la bureaucratie et le confessionnalisme, largement improductive.

Et comme l'a signalé le président de l'ENA, Élie Assaf, la taille du secteur public est inversement proportionnelle à celle des investissements. Des investissements qui souffrent également d'un climat très défavorable, le Liban étant classé dans ce domaine parmi les derniers au monde, avec son voisin syrien. « Pourquoi les grands groupes détenus par des Libanais, notamment par les Mikati, Hariri, Dagher, Eddé, Ghandour et autres, préfèrent investir à l'étranger plutôt que dans leur pays ? » s'est demandé M. Iskandar. Même les banques libanaises optent pour un élargissement régional, a-t-il relevé. Or, les investissements sont le seul moyen de relancer la croissance et de créer des emplois.

L'expert économique a donc préconisé, au lieu d'une hausse des impôts à laquelle il s'oppose, de privatiser de « manière transparente » et d'améliorer le climat des investissements grâce à des réformes administratives, mais aussi judiciaires. « Car personne n'accepte d'investir dans un pays où ses droits ne sont pas protégés », a renchéri l'ambassadeur Renauld.

Avec ou sans le FMI ?
À son tour, le ministre de l'Économie et du Commerce, Sami Haddad, a approuvé la nécessité d'attirer les investissements, mais il a une nouvelle fois défendu une hausse des impôts. « Si nous ne prenons pas des mesures financières, nous nous dirigeons droit vers la faillite », a-t-il estimé. Il faut réduire les dépenses et augmenter les recettes, a rappelé M. Haddad, mais la baisse des dépenses, notamment les transferts du Trésor à la CNSS et à l'EDL, prendra du temps, alors qu'il y a urgence.

Les trois mesures proposées au niveau des recettes (la hausse de la TVA, de la taxe sur les taux d'intérêt des dépôts et la libéralisation des prix de l'essence) sont certes les plus contestées. Mais il est faux de croire qu'elles affecteront surtout les couches les plus défavorisées, a estimé le ministre. Selon lui, la hausse de la TVA ne touche pas particulièrement les plus démunis, puisque les produits de base en sont exemptés. Il en va de même pour la taxe sur les taux d'intérêt. En revanche, la libéralisation des prix de l'essence est inévitable, a-t-il affirmé, l'État n'étant pas responsable de la flambée du brut. « Il ne faut pas non plus oublier que le programme économique comporte un volet social important », a-t-il relevé. Reconnaissant que le gouvernement n'avait pas suffisamment « communiqué » à ce sujet, M. Haddad a assuré que ce volet sera largement discuté à partir de la semaine prochaine.

Les privatisations sont également incontournables, à commencer par les télécoms et la MEA, pour favoriser la création d'emplois. Mais ces privatisations ne se feront pas comme par le passé au bénéfice d'un ou de deux groupes, mais de manière totalement transparente, et feront participer les Libanais aux capitaux de ces compagnies, a-t-il assuré.

Encore une fois le ministre a affirmé que le programme était ouvert aux discussions, mais il a appelé les contestataires à proposer des alternatives.
À la question de savoir si le programme sera mis en œuvre avec ou sans le FMI, M. Haddad s'est personnellement prononcé en faveur de la participation du FMI. « J'estime qu'un programme avec le FMI peut jouer un rôle de levier auprès des autres donateurs. » De plus, selon M. Haddad, la participation du FMI permettra de canaliser les contestations en direction de l'institution internationale de manière à permettre au gouvernement d'entreprendre des réformes économiques loin des interférences politiques, ce qui garantirait qu'en cas de changement de gouvernement, le programme se poursuivra.

Quant à savoir si le FMI accepterait ce programme s'il est amendé sous l'effet du dialogue national, M. Haddad a affirmé que le FMI était particulièrement « flexible » avec le Liban qui se doit, de ce fait, saisir cette chance.

Beyrouth,05 15 2006
Rédaction
L'Orient le Jour
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