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Industrie : Les cimentiers profitent de la demande régionale

Révolu le temps où les cimenteries du Liban écoulaient péniblement leurs excédents de production à l’étranger ? Aujourd’hui, la forte demande régionale dynamise les exportations.

L’horizon s’éclaircit pour les cimentiers libanais. Alors que depuis 1999, elles étaient effectuées quasiment à perte, dans le seul but d’écouler les excédents de production et d’honorer les dettes, les exportations sont devenues un débouché rentable.

Impensable il y a quelques mois encore, un investissement de près de 80 millions de dollars a même été annoncé par le numéro deux du secteur pour répondre à la forte demande régionale. Les exportations de la Cimenterie nationale sont en effet passées de près de 310 000 tonnes en 1999 à plus de 805 000 tonnes en 2005, à 98 % vers la Syrie et l’Irak.

La situation est similaire pour l’ensemble du secteur. Les trois cimenteries qui se partagent le marché libanais (Holcim, filiale du groupe suisse éponyme, la Cimenterie nationale et Sibline) ont produit, à pleine capacité, près de cinq millions de tonnes de ciment en 2005. Un peu plus de trois millions de tonnes ont été écoulées sur le marché local. Le reste a été exporté en majorité vers la Syrie et l’Irak, une partie vers Chypre.

« Les cimenteries libanaises sont aujourd’hui dans une situation inédite, explique le président de la Cimenterie nationale, Pierre Doumit, car pour la première fois les prix à l’exportation dépassent les prix locaux. » L’effet volume combiné à l’effet prix s’est traduit par une nette amélioration des marges à l’exportation et une baisse progressive des marges sur le marché intérieur. Sur fond de hausse des coûts de l’énergie, les prix locaux étant fixes depuis une dizaine d’années, la contribution de l’exportation au résultat de la Cimenterie nationale est par exemple passée de 20 % en 2003 à près de 70 % en 2005. « Alors que le marché local a absorbé environ 56 % de notre production, il n’a représenté que 30 % de nos profits en 2005 », indique M. Doumit.

Holcim, plus concentrée sur le marché local avec 45 % de parts de marché, a aussi bénéficié du phénomène, mais dans une moindre mesure. Les livraisons à l’étranger, qui ont représenté entre 20 et 30 % de sa production, ont contribué à hauteur de 33 % au bénéfice consolidé du groupe. Une différence qui se justifie par le fait que « notre principal client étranger, le secteur public syrien, fixe les prix par adjudication, ce qui les rend moins sensibles aux fluctuations de l’offre et de la demande », explique le directeur général de Holcim Liban, Vincent Bouckaert.

L’envolée des prix

La forte demande régionale, combinée à la hausse internationale du prix des combustibles, a propulsé la tonne de ciment à des sommets en 2005. Alors qu’il y a encore un an, les prix égyptien, chypriote, turc et jordanien s’établissaient sur leurs marchés respectifs à des niveaux inférieurs ou égaux aux 75 dollars la tonne (TVA incluse) pratiqués au Liban ; désormais seule la production égyptienne, à 54 dollars la tonne, est plus compétitive que celle du Liban. « Sur les trois principaux coûts de l’industrie que sont la main-d’œuvre, l’électricité et les combustibles, les Égyptiens ont un avantage certain », souligne M. Doumit. En Égypte pour une tonne de ciment, l’électricité revient à 1,7 dollar, contre 12,3 dollars au Liban. « Sur les 70 pays où Holcim est implantée, le Liban est le seul où nous produisons notre propre électricité grâce à un générateur », déplore à son tour M. Bouckaert. Concernant l’énergie, les Égyptiens utilisent le gaz naturel, une ressource dont ils sont producteurs, alors que les cimentiers libanais ont recours au charbon et au fuel, dont le prix de la tonne au Liban est passé de 200 dollars en 2004 à plus de 300 dollars. Mais la demande régionale est telle que le ciment libanais se vend sans peine aux côtés du ciment égyptien qui, avec des excédents de près de 15 millions de tonnes par an, est en fait le seul à s’exporter en grandes quantités. « Nous proposons aussi une qualité meilleure », souligne M. Doumit.

Cette poussée de la demande régionale s’explique notamment par la reconstruction de l’Irak, l’ouverture de certains pays comme la Syrie et par l’excès de liquidités des pays du Golfe qui investissent massivement dans l’immobilier.

« En Irak, dit M. Doumit, la demande est aujourd’hui de près de huit millions de tonnes, alors que la capacité de l’outil de production, détruit à près de 90 %, n’est plus que de deux millions de tonnes. Si la situation sécuritaire était plus stable, la demande pourrait atteindre 30 millions de tonnes. » Les cimentiers libanais se sont donc engouffrés dans la brèche. Mais pour Holcim, qui a exporté moins de 100 000 tonnes vers cette destination en 2005, « l’Irak reste un marché conjoncturel ». Selon Vincent Bouckaert, « à terme, le pays réhabilitera son outil de production, et le ciment libanais ne sera plus compétitif, en raison de la distance géographique qui se répercute sur le coût du transport ». Car même si, selon M. Doumit, la saturation des ports irakiens a rendu le transport terrestre plus compétitif, ce coût représente encore environ 40 % du prix du ciment vendu en Irak.

L’opportunité syrienne

L’opportunité syrienne, en revanche, fait l’unanimité. La demande syrienne est aujourd’hui évaluée à près de sept millions de tonnes pour une production locale de cinq millions de tonnes. Ce déficit a fait passer le prix du ciment syrien de 80 dollars la tonne en 2004 à 120 dollars un an plus tard et poussé les autorités de Damas à autoriser l’ouverture progressive du secteur aux étrangers. Les organismes publics de distribution ont ouvert leur marché au cimentier libanais Holcim. Et l’État syrien autorise désormais, au cas par cas, les deux autres cimentiers à vendre à des particuliers syriens.

L’intérêt libanais pour la Syrie s’explique tout d’abord par la proximité géographique des producteurs : le coût du transport du ciment par voie terrestre ne dépasse pas les 25 % du prix final. Ensuite, les perspectives de croissance du marché syrien sont réelles. Les infrastructures étant encore peu développées, la consommation annuelle de ciment y est actuellement de 300 kg par habitant, alors que la moyenne des pays méditerranéens est de 600 kg, dit M. Bouckaert.

À terme, si l’économie syrienne se libéralise, Holcim-Liban envisage même de s’y implanter, à travers une usine de broyage par exemple, comme elle l’a fait dans la partie nord de Chypre. « Pour être plus près de nos clients, nous avons investi dans un centre de broyage dans la partie turque de l’île où la demande a plus que doublé (grâce aux perspectives de la réunification), passant de 200 000 tonnes en 2003 à 550 000 tonnes fin 2005 », explique M. Bouckaert.

Retour de la surproduction ?

Cette euphorie ne saurait durer. Les professionnels craignent une surproduction régionale dans les cinq ans à venir, une situation qui leur rappellerait cruellement les années difficiles qui ont suivi le boom de la reconstruction du Liban. À la fin des années 1990, les cimenteries écoulaient leur surproduction avec des marges très réduites sur un marché international, tiré à la baisse par une faible demande et un excès d’offre d’Extrême-Orient, notamment de Thaïlande. Entre 1999 et 2003, les cimenteries ont donc exporté par voie maritime, la moins chère, en direction de l’Afrique, de l’Union européenne et du Canada, « à des prix qui couvraient à peine les coûts variables », précise M. Doumit.

Forts de cette expérience, les cimentiers libanais connaissent aujourd’hui la nature cyclique de leur industrie. Malgré l’embellie actuelle, ils ne se précipitent pas aveuglément pour augmenter leur capacité de production et répondre à la demande. Seule la Cimenterie nationale a investi dans la modernisation d’un four. Mais cette dépense répond aussi à une nouvelle orientation stratégique. Elle « ne vise pas tant à augmenter la capacité de production qu’à améliorer l’efficacité et à réduire les coûts », explique M. Doumit. Le nouveau four permettra de dégager une capacité additionnelle avec le même nombre d’employés pour répondre à la demande actuelle. Mais quand la roue tournera, il permettra à la Cimenterie nationale de se dispenser de ses deux autres fours.

Pour M. Doumit, il ne fait pas de doute que la région redeviendra exportatrice dans cinq ans. « La hausse de la demande et l’excès de liquidités dans les pays du Golfe vont pousser les cimentiers régionaux à investir massivement dans leur outil de production », dit-il. Selon ses prévisions, la capacité de production totale de l’Iran, de l’Arabie saoudite, des Émirats, de la Jordanie, du Liban et de la Syrie passera de 89,8 millions de tonnes, aujourd’hui, à 137 millions en 2010, soit une augmentation de 47,2 millions de tonnes. Parallèlement, la demande n’augmentera que de 20 millions de tonnes. En 2010, seuls l’Irak et le Koweït resteront importateurs nets de quelque 13,6 millions de tonnes. Pas de quoi absorber les excédents régionaux, que Doumit prévoit à 25 millions de tonnes en 2010, et encore moins ceux du Liban.

COMPLÉMENTS
Le marché local se stabilise


En 2005, les livraisons totales de ciment sur le marché libanais se sont élevées à 3 076 787 tonnes, en hausse de près de 300 000 tonnes par rapport à 2004. L’augmentation est artificielle, expliquent toutefois les professionnels du secteur, en raison de la contrebande vers la Syrie. Le phénomène est alimenté par l’écart entre le prix du ciment sur le marché libanais et son prix de vente en Syrie, depuis la hausse de 50 % décidée par Damas.
La croissance de la demande réelle est estimée à 100 000 tonnes maximum, le reste étant exporté frauduleusement vers la Syrie, malgré les mesures de sécurité aux frontières terrestres. « La demande actuelle (entre 2,5 et 3 millions de tonnes) correspond à la consommation normale d’un pays comme le Liban. En 2006, cette demande devrait se situer sensiblement au même niveau », estime Vincent Bouckaert, directeur général de Holcim-Liban. Cette demande pourrait atteindre tout au plus 3,5 millions de tonnes dans les trois ans qui viennent, confirme Pierre Doumit, PDG de la Cimenterie nationale, notamment grâce au développement de projets dans la région de Solidere.
On est loin du pic des quatre millions de tonnes atteint en 1995, qui avait obligé les cimenteries à augmenter leur capacité grâce à des investissements massifs dans leur outil de production. À cette époque, entre 400 et 450 millions de dollars auraient été injectés dans les cimenteries libanaises. Un chiffre exagéré. « Toutes les cimenteries n’auraient peut-être pas dû augmenter leur capacité en même temps », estime avec le recul M. Doumit. Car la demande a ensuite progressivement baissé pour se stabiliser aux niveaux actuels. Le secteur s’est retrouvé endetté, avec une surcapacité de près de 45 %. Les cimenteries s’étaient alors livrées une guerre des prix impitoyable, Holcim avait eu recours à un plan de licenciement massif et Sibline avait dû fermer un de ses fours.


Beyrouth,04 24 2006
Sahar Al Attar
Le Commerce du Levant
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