Opportunités d'Affaires Liban
Opportunités d'Affaires Maroc
Opportunités d'Affaires France
- Opportunités d'Affaires Jordanie
- Opportunités d'Affaires Méditerranéennes
Iloubnan - Portail d'informations
www.iloubnan.info
Agent Exclusif de Philips & Whirlpool au Liban
www.azelectronic.com
- Nsouli - Bijouterie Liban
- Bijouterie Liban
www.andremarcha.com
- Agence interactive Marseille, Agence web
www.ebizproduction.com
- Location de Voitures à Beyrouth, Liban
advancedcarrent.com
- Immobilier Liban
www.real-estate-lebanon.com
- Montres Suisses
exposureswiss.com
- Montres Suisses
www.elogaswiss.com
   
 

ARCHIVES
Retour aux Archives
Retour aux infos
English Version

Au nom du père et du grand-père…

Nayla Tuéni poursuit le rêve de Gebran et lance l’Association Nahar al-Chabab

Aujourd’hui, les fondateurs de l’Association Nahar al-Chabab tiendront une conférence de presse pour présenter leurs projets au public. Entretien avec la présidente de l’association, Nayla Tuéni.

Longtemps Gebran Tuéni s’est fait une certaine idée du Liban, celle d’un État moderne, où les jeunes auraient leur place au soleil.

La publication du supplément Nahar al-Chabab, de la page « Hyde Park » et l’instauration des journées « Parlementaires pour un jour » comptent au nombre des idées mises en pratique. Ce n’était pas tout.

Lors de son premier discours à la Chambre, le député de Beyrouth avait développé le concept d’un « gouvernement de l’ombre ». C’était il y a quelques mois, avant que ne survienne le funeste lundi 12 décembre, quand une charge de haine et d’explosifs a déchiqueté le corps de l’amoureux du Liban. Sur son cercueil, Nayla, la fille aînée, a promis de poursuivre les criminels « jusqu’à la dernière tombe » et de reprendre le flambeau.

Aujourd’hui, date anniversaire du début de la guerre, Nayla Tuéni et six autres membres fondateurs lanceront le projet « gouvernement de l’ombre. »
« Si Gebran était là, il n’aurait pas voulu que je pleure mais que je continue », sourit Nayla, du haut de la fraîcheur de ses vingt-trois années. « L’idée est née quand nous avons voulu poursuivre les projets de Gebran, dont celui d’un gouvernement de l’ombre. À partir de là, il fallait créer une entité indépendante du journal », explique-t-elle.

Nayla parle avec les mains, les cils et le regard, lorsqu’il s’agit de Gebran. « Tout est encore là, aime-t-elle à répéter, ses éditoriaux et ses entrevues. Je le réécoute et le relis. Il est présent à travers les journalistes du Nahar et tous ceux qui l’ont aimé. Nous prouvons, chaque jour, aux criminels qui doivent lire le journal, qu’il n’est pas mort. » Plus clairement, elle précise : « C’était un père, un ami, un frère, un collègue et simplement un héros. »

« Je sais qui avait peur de lui… »

Celle qui est entrée au journal comme simple stagiaire estime savoir qui a tué son père. « Je sais qui avait peur de Gebran Tuéni, qui dérangeait-il. À lire les éditoriaux et ce qu’il disait à la télévision, je sais que ce n’était pas une joie pour certains d’entendre mon père parler… » soupire-t-elle, en regrettant que l’enquête n’ait pas encore avancé d’un iota.

« J’avais peur pour lui et le lui disais », poursuit la journaliste du Nahar, étudiante en deuxième année de master. Elle relate le récit de deux journées particulières. « Une matinée de novembre, lorsque j’étais à Paris pour un stage au Figaro, je me réveille et aperçois mon père dans toute son élégance. Où vas-tu ? lui ai-je demandé. Il me répond qu’il part faire de l’équitation à Deauville avec Ali Hamadé… La ficelle était grosse… Il finit par m’avouer qu’il part au Liban et me somme de ne le dire à personne… J’ai pu appeler mon grand-père (Ghassan Tuéni). Nous avons, à temps, pu le retirer de l’avion. »

Gebran était fâché, raconte Nayla. « Mais je ne voulais pas que quelque chose lui arrive. » Ce quelque chose s’est produit, une matinée de décembre. « Nous venions de passer le samedi ensemble. Dimanche, Gebran me dit qu’il rentre pour une réunion au Parlement. Je le prie de rester. Il m’embrasse et s’en va. Lundi matin, je reçois un texto d’un ami : explosion à Beyrouth », se souvient-elle. « J’ai senti que c’était Gebran. Je suis venue le dire à mon grand-père. “Mais non”, réplique-t-il. J’essaie alors d’appeler mon oncle Élias (Murr). Il subissait une opération. Quelques instants plus tard, la télévision a confirmé mes soupçons. »

Depuis ce jour, Nayla ne se sépare plus du pull bleu marine que son père portait le samedi. « J’y respire son parfum. J’y puise des forces. Il est toujours sur mon lit… »

La mort, cette visiteuse

A-t-elle peur de la mort ? « Dans notre maison, la mort a été une visiteuse régulière : Nadia, mon oncle Makram, la petite Nayla, ma tante que je n’ai pas connue… Mon père disait que nous avons une relation plus sincère avec ceux qui nous quittent, que nous entretenons une relation plus forte avec eux, jusqu’à les retrouver un jour… Mon père et mon grand-père vivaient avec les photos et les histoires. Aujourd’hui c’est mon tour. C’est le destin », dit-elle avec une lucidité pénétrante.

Avec un charisme naturel, Nayla T. reçoit au journal « ceux qui veulent voir mon père… » Tout est dit. Elle est l’héritière naturelle de l’amoureux du Liban (Nayla, qui a passé une partie de son enfance en France, n’a que le passeport libanais, puisque Gebran refusait toute autre nationalité…).

Toute de noire vêtue, « pour encore longtemps », avec à son poignet droit un bracelet rouge et blanc, aux couleurs du foulard que le père affectionnait tant, avec des médailles de Notre-Dame du Bac, de saint Antoine de Padoue et de Mar Charbel et un crucifix au poignet gauche, l’ancienne élève des sœurs de Nazareth parle de Ghassan Tuéni avec des termes non moins affectueux : « Quand je le vois travailler comme un jeune de vingt-cinq ans, lui qui a perdu sa femme et ses trois enfants, je me dis qu’il n’est pas permis de baisser les bras. Nous continuerons. »

Aux jeunes du 14 Mars partis d’un désenchantement vers un autre, que dit-elle ? « Je crois beaucoup en ce pays. Nous devons rester optimistes malgré les difficultés qui nous entourent pour bâtir le Liban que nous voulons. Il ne faut pas avoir peur, juste du courage… »

Beyrouth,04 18 2006
Rédaction
L'Orient le Jour
ebizproduction est soutenue par "Le Conseil Régional de la Région
Provence-Alpes-Côte d'Azur".
| Home | English version | contact@1stmediterranean.com | © ebizproduction - Agence web - 2002/2008 |