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Christiaan Poortman : « Il faut avouer que le climat des affaires dans la région n'est pas stimulant »

Christiaan Poortman, vice-président de la Banque mondiale pourla région Moyen-Orient et Nord de l’Afrique, évoque à l'occasion de la conférence MDF 5 (voir page 14), les obstacles encore nombreux au développement économique de la région.

Al-Ahram Hebdo : Les pays exportateurs de pétrole sont à l’origine d’un cycle de croissance qui a été déclenché en 2003 dans la région avec la hausse des cours du brut, qui sont passés de 25 à 60 dollars le baril. Est-ce une croissance salutaire ?
Christiaan Poortman : Quand je regarde maintenant les économies arabes, il me semble que les choses vont mieux par rapport aux temps des autres Forums du développement de la MENA 3 et 4. Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis les années 1980 et 90, quand l’ensemble de la région ne réalisait pas de croissance suffisante et ses PIB par individu stagnaient. En ce qui concerne les pays grands exportateurs de pétrole, ils mènent actuellement des réformes qui pourraient enfin prolonger la croissance. Tandis qu’il y a d’autres pays, comme la Syrie et le Yémen, qui exportent un peu de brut, et leurs revenus ont augmenté, mais ne sont pas encore sur la bonne voie de la réforme et donc, ils pourraient rater l’opportunité de la croissance pour engendrer le développement. Enfin, il y a ces pays qui n’ont pas de telles ressources à exploiter et, dos au mur, ils sont obligés de mener des réformes. Des pays comme la Tunisie ou le Maroc sont désormais les plus avancés en matière de réforme. Cependant, une diversification des économies est indispensable pour créer une croissance durable et soutenue. Car le défi énorme à relever, c’est la création d'emplois. Il est indispensable de créer 90 millions d’emplois sur les 20 prochaines années. Sinon, on ne peut parler développement.

— Où en est l’Egypte ?
— En Egypte, il y a de multiples signes de réformes depuis un an et demi. Cependant, les résultats ne sont pas encore tangibles. De plus, le bilan de ces réformes semble un peu mitigé.

— Durant le Forum MDF5, d'aucuns ont soulevé le débat sur la relation entre démocratie ou réformes politiques, et développement. Quel est votre jugement ?
— Tout d’abord, il faut souligner que beaucoup de pays ont réussi à se développer en l’absence de démocratie, ce qui rend difficile de prouver une relation entre les deux. C’est pourquoi je préfère insister sur la présence d'une « bonne gouvernance » au lieu de démocratie. Cela signifie une gestion transparente de l’ensemble des politiques économiques. En d’autres termes, expliquer à tout le monde les objectifs, la nécessité mais aussi l’impact des réformes. Par ailleurs, il faut également engager toutes les parties qui seront impliquées dans ces réformes, dans le processus de la prise de décisions. Car les gens seront obligés de consentir à des sacrifices sur le court terme, et donc ils doivent y être préparés.

— Cela signifie-t-il qu'aucun pays de la région ne jouit d'une « bonne gouvernance » ?
— Je ne suis pas dans une situation de porter des jugements politiques.

— Mais vous aidez plusieurs pays arabes, l’Egypte en tête, à remédier aux problèmes de gouvernance ... Qui mieux que vous pourrait répondre à cette question ?
— Ce que je peux vous dire, c'est que ces pays ont beaucoup à apprendre en la matière. Un pays doit faire preuve de transparence pour mobiliser ses citoyens derrière les politiques qu’il entreprend. La Banque mondiale a effectué il y a deux ans un rapport sur la gouvernance dans la région, comme dans beaucoup d’autres régions dans le monde. De plus, nous publions un rapport annuel sur le climat des affaires (Doing Business) dans les différents pays. Les résultats sont publiés, vous pouvez consulter le site de la banque.

— Ce rapport annuel a classé l’Egypte ainsi que la plupart des pays arabes à des profondeurs abyssales en matière de climat des affaires. Quelle en est la raison ?
— Il y a cette caractéristique qui domine toute la région : le rôle dominant du secteur public. Il n’y a pas moyen de développer des réformes sans diminuer le rôle du secteur public. Car ce dernier est devenu incapable de fournir ni le service ni les emplois qu’il fournissait dans le passé. Ce n’est plus pratique ni efficace. Le rôle du public est trop étendu. Alors que le secteur privé a besoin d’être encouragé. Quand je parle du secteur privé, ce n’est pas seulement de la privatisation. Parce qu'en ce qui concerne cette dernière, les gens ont tendance à s'y opposer. Je parle surtout des nouveaux investissements, piliers d’offres d’emplois. Mais là, il faut avouer que le climat des affaires n'est pas stimulant, d’après ce que les rapports présentent. Si l’on note quelques progrès en Egypte ou en Arabie saoudite, en gros il est trop détérioré.

— Quel en est concrètement l’impact ?
— Vous savez, l’attraction des investissements est un domaine très compétitif où les capitaux peuvent facilement se déplacer d’un pays à un autre. Si vous voulez placer votre argent dans un pays, vous avez besoin de connaître la période pour obtenir le permis, quels sont vos droits, etc. Donc, si les pays ne répondent pas à ces questions, l’argent va aller dans un autre pays, surtout que beaucoup de pays du même niveau de développement ont déjà entrepris des réformes. D’autant plus qu’en améliorant le climat des affaires, on touche directement à la question de la bonne gouvernance. Par exemple, on doit faire face à des questions, genre : doit-on verser des pots-de-vin pour avoir un permis des affaires ? Doit-on faire la guerre à la corruption ? L’amélioration du système éducatif, le perfectionnement de la main-d’œuvre, tout cela fait également partie du climat des affaires.

— Vous insistez beaucoup sur le rôle du secteur privé, alors que sa performance n’est pas forcément meilleure ...
— Je ne prends pas de position idéologique. Je ne peux pas dire simplement le public est mauvais et le privé bon. Chacun des deux secteurs à un rôle à accomplir. Même en Europe ou aux Etats-Unis, je ne peux pas privatiser simplement le service de la santé publique, sans imposer des critères minimums pour le service présenté. Même chose dans l’éducation, le secteur public peut fournir ce service, mais il ne peut pas en être le seul fournisseur.

Le Caire,04 18 2006
Rédaction
Hebdo Arham
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