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Croissance : La Méditerranée s’assèche

· «Nous sommes confrontés au risque de s’autodétruire»
· Rien ne se fera tant que le Maghreb ne donnera pas l’exemple
· Quel sera l’agenda des deux rives pour éviter «le pire»?


LA Méditerranée, chronique d’un gigantesque vacillement ou comment la mondialisation a eu raison de «la plus grande dame» de tous les temps. Le XXIe siècle sera-t-il celui de la barbarie ou du sursaut? L’atrocité débute ou s’éloigne? L’exposé est prenant et on le doit au «personnage», Jacques Attali, économiste essayiste.

Plus de cinq cents personnes se sont bousculées pour trouver une place dans le débat modéré par Abdelmounaïm Dilami, le patron du groupe Eco-Médias éditeur de L’Economiste et Assabah, organisé par la Chambre française de commerce et d’industrie au Maroc (CFCIM) et l’Institution PlaNet Finance, le 5 avril à Casablanca.

La Méditerranée ne dispose, aujourd’hui, d’aucun atout de la croissance dont on parle au XXIe siècle et paye le lourd tribu d’un lieu où les peuples se regardent en chiens de faïence depuis des siècles. Pas de puissances rassemblées ni de langue commune, pas d’identité culturelle, pas même un port qui porterait le sceau spécifique et encore moins d’institution régionale pour la définir… Elle reste à la traîne de la compétition mondiale en affichant 2,5% de croissance par rapport aux 4% des pays de l’Apec (Asia Pacific economic cooperation) et 6% de l’Asie. Au niveau du commerce mondial, le fossé s’est creusé: 7% pour «la vieille dame» contre 47% pour les pays de l’Apec. «Le basculement est fait», dixit Attali. Plus encore, les échanges au sein même de la Méditerranée avoisinent à peine les 0,5% du commerce mondial! L’Europe la regarde comme une menace dont il convient de se protéger et côté sud, le Maroc faisant figure d’exception, aucune caractéristique de développement n’est réunie: démocratie, financement des grandes infrastructures, intégration régionale, système financier… «Cet écrasement», comme le nomme Jacques Attali, conduit à ce que l’on vit aujourd’hui: l’alliance de la Chine et des Etats-Unis contre l’Afrique et l’Europe. La mondialisation est en marche et elle a laissé sur le carreau, la mare nostrum chère aux latins. Ironie du sort, c’est au monde méditerranéen que l’on doit l’organisation capitaliste que l’on connaît. C’est au sud de l’Europe pourtant, que sont nées les valeurs qu’aujourd’hui l’alliance sino-américaine réclame comme sienne! Economie de marché, démocratie, monnaie ou monothéisme, les nouvelles alliances n’ont rien inventé. L’idée «extraordinaire» de la modernité vient de la Méditerranée, les valeurs grecques sont passées par l’islam et ont été récupérées par le Vieux continent via l’intermédiaire du culte. «La mer à taille humaine», dira Attali, est bel et bien la matrice de toute civilisation dans le monde.

Ses guerres multiples, intestines et viscérales ont fini par l’essouffler et aujourd’hui, la Méditerranée ne se sauvera que si elle prend peur d’elle-même, souffle Jacques Attali. Les rivalités internes, vieilles comme le monde, ne font qu’aller croissants. Les écarts de revenus sont sans doute parmi les plus élevés et la confrontation des modes de vie est sous pression.

Bilan: les rapports se disloquent au moment où les stratégies misent, au contraire, sur l’alliance… Le Maghreb doit montrer l’exemple, exhorte Jacques Attali.
Il est possible que la Méditerranée, à l’image de ce qui existe au Moyen-Orient, construise un mur, «ni acte de paix, ni acte de guerre», un rempart physique, nécessaire et visible, dira Attali. Le mur sera le lieu des dissuasions nucléaires, les yeux dans les yeux: «la pire des perspectives», lâche l’essayiste. L’hypothèse, «très vraisemblable», est une disposition qui conduira à l’élimination des pauvres par les riches et dans ce cas-là, indique Attali, la rupture deviendra fossé. La règle du chacun pour soi finira de s’imposer et de «ce pourrissement-là», naîtra la violence accrue du décalage des rythmes de croissances technologiques entre les zones que l’on connaît.

«Les banlieues de Paris ou Marrakech, c’est la Méditerranée…», ce sont les même niches de l’obscénité de l’affichage de l’écart des richesses, observe Attali: les violences sont là, de l’intérieur.

La région peut fournir un agenda pour le XXIe siècle optimiste, c’est aveuglant, pense Attali. L’on peut parler d’un rêve méditerranéen comme l’on a parlé de celui US. Penser ce rêve commence par une appropriation de «ce que l’on est», la revendication d’une culture très particulière et d’une identité propre, fondement pour survivre dans notre siècle. La Méditerranée n’aura un sens (et donc un avenir) que si l’on se penche sur une politique commune, car c’est avant tout d’une histoire d’homme qu’il s’agit.

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Vivier intelligent

AU fond, comme l’exprime Jacques Attali, la Méditerranée est «un lieu bénit des dieux», aimable et aimant… du touriste mondial: véritable manne structurante qui entraîne, dans son sillage, divers facteurs de développement (agricole, infrastructures...). L’expérience espagnole le montre, la filière est également instrument de démocratie. «Au-delà de cela», souligne Attali, les grandes industries de demain sont celles de l’intelligentsia qui réclame un cadre agréable. L’industrie du tourisme est le lieu futur de l’accueil de l’intelligence, assure Attali. Une nation n’est rien d’autre qu’un hôtel après tout: elle doit réduire ses charges, avoir du personnel, renouveler l’offre de ses services… La Méditerranée, si elle survit, deviendra le lieu de toutes les intelligences, promet Attali.

Casablanca,04 10 2006
Céline Peyrotet
L'Economiste
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