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De l’état de la francophonie au Liban au souvenir de Schéhadé, son plus illustre représentant…

Correspondance - Pléthore de tables rondes libanaises au Salon du livre de Paris L'article de Zéna ZALZAL

Francophonie d’élite réservée la bourgeoisie, ou francophonie intrinsèquement ancrée dans l’identité culturelle libanaise ?
Au Salon du livre de Paris, une table ronde réunissant spécialistes de l’éducation et représentants de l’édition et des médias a tenté de faire le point sur l’état de la francophonie au Liban.

Un constat : malgré une légère érosion, la francophonie se porte toujours bien au pays du Cèdre. « Une bonne santé » sans doute due à son statut particulier de langue seconde, c’est-à-dire ni langue nationale ni langue étrangère. « Un concept qui s’applique uniquement à la spécificité libanaise », a signalé Bahjat Rizk, essayiste et attaché culturel auprès de la délégation du Liban à l’Unesco, à Paris. Lequel a restitué cette notion de langue seconde dans son contexte historique. « Elle est partie des capitulations de François Ier en 1535 (accord passé avec le sultan ottoman par lequel le roi de France devient le protecteur officiel des chrétiens d’Orient), qui ont permis l’installation des missionnaires français dans le Levant. Arrivée au Liban par les missionnaires, la francophonie va s’y propager à travers l’enseignement et garder, des siècles plus tard, dans une grande partie, son aspect missionnaire (autant au niveau des missions religieuses que laïques). Le français est aujourd’hui pratiquement comme une langue maternelle, car il n’est pas le fruit d’une politique étatique. L’avantage de ce système, c’est qu’il permet à la francophonie de toujours se ressourcer directement à son origine, qui est la France. »

« Ni langue étrangère ni langue nationale »

Reprenant en développant les propos de son prédécesseur, Pascal Monin (politologue, professeur titulaire et directeur du Master information et communication de l’USJ) a retracé les différents statuts par lesquels est passée la langue française au Liban. Signalant qu’elle n’a été consacrée langue officielle aux côtés de l’arabe que durant la brève période du mandat, il a expliqué que cette langue seconde – qui s’est propagée grâce à la liberté octroyée par l’État libanais à l’enseignement privé – après avoir été l’apanage d’une certaine communauté s’est démocratisée et s’est ouverte à l’ensemble des populations. « Et cela en grande partie grâce à la politique culturelle de la France », a souligné Pascal Monin. Il n’en reste pas moins que la crise économique qui s’éternise et la disparité de l’enseignement entre écoles publiques et écoles privées sont les facteurs d’une baisse évidente du français.

« Aujourd’hui, la connaissance et le niveau de français ne sont toujours pas homogènes. Entre l’excellence de certains établissements privés et le délabrement des écoles publiques, le fossé est grand. Malheureusement, avec la crise économique, les gens se tournent de plus en plus vers les écoles publiques. Ce qui conduit à une certaine baisse générale du niveau. D’où l’urgence d’entreprendre une véritable démocratisation de l’enseignement, en renforçant notamment les écoles publiques afin que les privilèges de la langue française ne soient pas cantonnés aux classes aisées », a-t-il conclu.

Insistant sur la complexité de l’enseignement du français au Liban, Zahida Darwiche-Jabbour, professeur de littérature française à l’UL, a commencé par ramener la baisse du niveau du français au Liban dans le cadre, plus global, de dévalorisation des langues. « Les jeunes délaissent aujourd’hui les études de langues en général au profit des domaines technologiques et financiers. Cela dit, le niveau des étudiants en lettres françaises reste très bon. » Elle a néanmoins rappelé que « le niveau de la langue française dépend de variables économiques et sociales qui peuvent être, en ce sens, discriminatoires ».

Estimant pour sa part que « pour certains le français n’est pas une langue seconde, mais il n’est pas non plus une langue étrangère ». Étant un élément déterminant de l’identité libanaise, elle a affirmé qu’« il est pour nous, Libanais, un moyen formidable d’interéchanges ». Et qu’à ce titre, il faudrait le dynamiser en accentuant sa décentralisation, en augmentant sa propagation à travers des manifestations diverses (prix et cafés littéraires, etc.) dans toutes les régions.

Les propositions de Nayla de Freige

Tania Mehanna, directrice et cofondatrice de la maison d’édition francophone Tamyras, a assuré que la francophonie – du moins littéraire – se portait très bien au Liban. « Il y a énormément de gens qui écrivent au Liban. Nous recevons tous les mois des manuscrits de grande qualité. » Sauf que les éditeurs francophones du Liban sont confrontés à deux problèmes. Le premier étant une « diminution du lectorat liée à la situation économique d’une part et à la concurrence du large choix de livres en provenance de France d’autre part ». Le second problème réside dans « l’absence d’une structure de diffusion dans les pays francophones qui permette par exemple aux éditeurs libanais d’exporter vers le Maroc, la Tunisie, sans être obligés de passer par la France. D’autant que pour un éditeur libanais la distribution en France est quasi impossible », a témoigné Mehanna. « Pour que l’édition libanaise francophone survive, il faudrait développer ces deux pôles de diffusion », a-t-elle lancé, en guise de SOS adressé à la francophonie.

Abondant dans le même sens, Nayla de Freige, administrateur délégué de L’Orient-Le jour, PDG du Commerce du Levant et présidente de la section libanaise de l’Union internationale de la presse francophone, a également évoqué les contraintes financières dues notamment à la crise économique, auxquelles est confrontée la presse libanaise. Qu’elle soit d’expression française ou pas.

Rappelant que « sur les dix quotidiens du pays, L’Orient-Le Jour occupe actuellement une très bonne place et devance de loin son concurrent anglais », Mme de Freige a exprimé cependant quelques inquiétudes sur l’avenir de la presse francophone libanaise. Des appréhensions engendrées par l’enregistrement d’« une légère érosion de la francophonie au Liban (des études statistiques parlent d’un recul d’environ 1 % par an dans les écoles) ». C’est pourquoi et dans le souci de faire face à l’envahissement progressif de l’anglais, en tant que langue des affaires dans la région, il est nécessaire, selon Nayla de Freige, d’envisager des actions concrètes. « Des mesures qui seraient prises dans la synergie entre les différents pays francophones. Et dans le cadre d’un réseau qui permettrait de communiquer en français de façon plus mondiale. » Il faudrait donc qu’au-delà des actions de soutien ponctuelles de l’Agence intergouvernementale de la francophonie « des structures et une chaîne entre les pays francophones puissent être créées. Parce que nous sommes tous des francophones convaincus et que nous nous battons pour la pérennité de cette expression française ».

« Georges Schéhadé, Liban de rêves »

Les conférences consacrées à la francophonie au Liban se suivent, mais ne se ressemblent pas. Après les interrogations sur le statut de la langue française, une rencontre consacrée à l’un de ses magnifiques chantres : Georges Schéhadé. L’une des grandes figures libanaises des lettres francophones et le premier à recevoir le Grand Prix de la francophonie.

Rarement une table ronde traitant de poésie n’aura été aussi captivante pour les néophytes ! Entre souvenirs amicaux pleins de tendresse et témoignages d’admiration. Entre « portrait par touches impressionnistes d’un homme fait poésie » et décryptage d’une œuvre « parfois déroutante », l’hommage à Georges Schéhadé a réuni, au Salon du livre de Paris, Gérard Khoury (écrivain, poète et historien, franco-libanais), Albert Dichy (directeur littéraire de l’Institut mémoires de l’édition contemporaine, IMEC), Jean-Michel Maulpoix (poète et professeur de poésie moderne et contemporaine à l’Université Paris X-Nanterre) et Zahida Darwiche-Jabbour. Les intervenants ont évoqué chacun un angle particulier de la vie ou de l’œuvre du grand poète et dramaturge libanais d’expression française. Des interventions ponctuées de lectures d’extraits poétiques et « dramaturgies » de Schéhadé par deux comédiens français : Lara Bruhl et François Négret. Lesquels donneront, par ailleurs, un récital de poésies de Schéhadé, à partir du 19 avril et pendant un mois entier, à la Maison de la poésie à Paris.
Passionné par l’œuvre de Schéhadé, auquel il a consacré une monographie intitulée Georges Schéhadé, poète des deux rives, Albert Dichy a entamé la rencontre, en faisant remarquer qu’elle s’ouvrait sous le signe d’un double paradoxe. « Georges Schéhadé était un être d’une très grande discrétion qui détestait toute exposition, toute manifestation populaire et bruyante, il n’aurait certainement jamais accepté d’être là. D’autre part, l’attachement qu’il portait à la langue française n’avait d’égal que son horreur du mot francophonie, sous le signe duquel se place ce Salon. »

Entre portrait et biographie, Gérard Khoury a évoqué, par bribes discrètes, la vie de ce poète qui détestait dévoiler son intimité. Les moments fondateurs : l’enfance enchantée à Alexandrie, suivie de l’installation à Beyrouth, lorsque son père, spéculateur, a perdu sa fortune en Bourse. La souffrance de l’exil à Paris de cet « homme du Levant», qui a refusé de se présenter à l’Académie française, en partie, parce qu’il lui aurait fallu demander la nationalité française. Ce qu’il considérait comme une trahison envers son pays en guerre.
Gérard Khoury qui, à l’instar d’Albert Dichy, était un des proches du « poète des songes et du silence » a comparé les soirées passées en sa compagnie à « un jeu d’artifice de la parole et du mot », et sa personnalité à du vif argent.

Citant à son propos Saint-John Perse : « Il fut poète jusqu’à se perdre lui-même dans le poème qu’il engendre », Jean-Michel Maulpoix a parlé, quant à lui, du « surréalisme naturel et ambigu » de la poésie de Schéhadé. « Il y a toute cette allégresse poétique dans son écriture, quelque chose comme un maintien dans un jardin d’enfance. » Zahida Darwiche-Jabbour a analysé l’univers de Schéhadé, « dominé par une soif inextinguible d’ailleurs », et a rappelé la « sagesse profonde qui se dégage de l’ensemble de son œuvre. Sagesse d’un homme qui, tout en connaissant la part d’ombre des humains, ne sombre jamais dans le pessimisme ».

Enfin, Albert Dichy a donné lecture de quelques notes d’un ouvrage qu’il prépare depuis des années sur Schéhadé. Notes, qu’il avait prises, à la demande du poète lui-même. Des pensées, des faits, des anecdotes qui ont révélé à un auditoire enchanté quelques facettes de cet homme d’une discrétion légendaire, de ce poète évanescent, de ce fils d’Orient entré, presque à son corps défendant, dans la postérité des lettres françaises !

Par ailleurs, c’est par une lecture, d’extraits de leurs œuvres, donnée par Jad Hatem, Salah Stétié, Vénus Khoury-Ghata et Issa Makhlouf que s’est clôturée la série de manifestations libanaises au Salon du livre de Paris. Une récitation accompagnée d’une réflexion sur la poésie libanaise contemporaine et sur les rapports des poètes libanais à la francophonie. Un débat qui a dessiné le tableau d’une poésie francophone nourrie de langages scindés, confrontée au bilinguisme et s’insurgeant contre les interdits…

Récital de jeunes poètes libanais

Dans le brouhaha du Salon du livre, une plage de poésie qui entraîne les visiteurs loin de l’agitation des stands, des confrontations et des débats entre auteurs…

Un récital à cinq voix, qui fait découvrir aux amateurs du genre les représentants d’une nouvelle génération de poètes francophones libanais.
Un cercle de jeunes poètes qui ont en commun une écriture moderne et talentueuse. Mais où chacun cultive son univers personnel.

Rime discrète chez Rita Bassil, qui célèbre Beyrouth dans tous ses états. Surréalisme amoureux, teinté d’humour jubilatoire, chez Nadim Bou Khalil. Vers inédits racontant en images fortes le Niger, où elle a séjourné, pour Rita Baddoura (Médaille d’or de littérature aux Ves Jeux de la francophonie).
Chuchotements de l’âme et images intimistes chez Tamyras Fakhoury. Et déclamation forte de poèmes charnels pour Hyam Shoucair Yared (Médaille d’or aux IVes Jeux de la francophonie). Un récital arc-en-ciel de mots et de rythmes...

Beyrouth,03 27 2006
Rédaction
L'Orient le Jour
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