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Textile : Le «made in euromed» a le vent en poupe

· Le salut ne passera pas par le produit fini, mais par le design
· La Chine ne donne plus de sueurs froides
· Entreprises, n’oubliez pas la mise à niveau


Gros succès pour le road-show du Plan Emergence textile. Axée sur le thème «modernisation compétitivité», la tournée, qui a pris fin le 3 mars, avait pour priorité d’éclairer la lanterne des opérateurs en matière d’outils d’accompagnement pour la mise à niveau.

Et aussi, de révéler la nouvelle tournure prise par la demande mondiale en matière de textile-habillement (TH). Histoire de se mettre au diapason.

Un point sur lequel, insiste vivement Karim Tazi, le président de l’Amith. Pour lui, les symptômes communs de la quasi-majorité des entreprises TH demeurent la baisse des prix (et laminage des marges) et la visibilité de plus en plus incertaine. «Il était urgent de mettre en relation les organismes de financement et d’appui et les entreprises marocaines du TH pour engager ces dernières dans le processus de modernisation compétitive», dit-il. «Nous sommes convaincus de la nécessité de la mise à niveau et de compétitivité», a noté Tazi. «Les textiliens vivent dans un environnement concurrentiel et ont besoin d’un accompagnement», a souligné, pour sa part, Latifa Echihabi, DG de l’ANPME, qui ne comprend pas pourquoi les PME ne s’intéressent pas davantage à ces mesures «salvatrices». Selon elle, bien qu’une multitude de projets, de fonds, et d’instruments soient mis au service de l’entreprise, «l’accompagnement n’a touché que 20% du secteur». A qui la faute?

D’ailleurs, au cours du road-show, les secondes parties des journées ont été consacrées à des explications pratiques concernant le financement des entreprises, la présentation des structures et organismes d’appui, des témoignages et des rencontres individuelles.

Par ailleurs, le contexte international a également passionné les débats.
Pour Gildas Minvielle, responsable de l’observatoire économique de l’Institut français de la mode (IFM), l’impact de la Chine sur le monde n’est pas aussi désastreux que l’on s’y attendait. Certes, les importations de l’UE en provenance de Chine ont augmenté (+ 42% dans les produits tissés et +57% dans la maille en 2005) au détriment de ses fournisseurs traditionnels (Peco’s, pays du bassin méditerranéen...).

Mais, l’UE a tout fait pour instaurer de nouveaux quotas sur des produits sensibles pour deux ans. Au milieu de ces titans, le Maroc a tout de même fait figure honorable, en se classant au 7e rang des fournisseurs. Et cela bien que la part du Royaume dans les importations d’habillement de l’UE était de -12% au 1er semestre 2005/2004 et de -8 % de janvier à novembre 2005/2004. Toutefois, sa part dans les importations d’habillement de l’UE à 25 est estimée à 2,227 milliards d’euros.

Et encore, le Maroc pourrait en avoir beaucoup plus, si l’on en croit les propos d’Evelyne Chaballier, experte de l’IFM (voir aussi page 5) surtout que le «made in euromed» a le vent en poupe. Pour elle, le marché européen consomme près de 271 milliards d’euros (TTC) en produits d’habillement dont 70% sont fabriqués en Europe.

Le Maroc pourrait grappiller entre 10 et 15% de ce marché, ce qui porterait ses perspectives de 4 à 6 milliards d’euros.
La Chine ne fait plus peur, elle-même se délocalise en Inde.

La flambée des prix pétrole n’arrange pas ces géants qui voient de facto leurs charges s’alourdir. Le temps de réactivité, par définition, est beaucoup plus long (éloignement et séries longues). Tout cela pour dire que de nombreuses opportunités existent encore pour les autres fournisseurs de l’Europe.
Le premier baromètre à prendre en compte, ce sont les attentes des consommateurs qui ont un regain d’appétit pour la mode. Les 11-20 ans qui veulent se «saper» mode à petit prix, les baby-boomers qui comptent sur la mode pour les rendre plus beaux et les alter-consommateurs qui ont besoin d’éthique et de design. Tous fous de mode.

Second indicateur, tout aussi important, les circuits de distribution. Si aujourd’hui encore les chaînes de magasins (Zara, Mango, H&M…) tiennent encore le haut du pavé, elles ne tarderont peut-être pas à se faire détrôner par les hard-discounters.

Entendez par là, des magasins en périphérie avec peu de personnel et qui mettent en vrac dans des bacs des produits très «cheap» from Asia certainement, à des prix dérisoires. Entre les deux, les grands magasins, les indépendants, les grandes surfaces ou encore les magasins populaires, sont promis, en fonction des pays, à des destinées différentes.

Pour répondre à ces multiples attentes, l’entreprise doit s’engager dans de multiples voies tant sociales (respect des hommes, du code du travail, commerce éthique…) qu’environnementales (entreprise propre, bio, recyclage…). Pour Chaballier, l’entreprise ne doit pas oublier non plus que la «religion» produit fini n’est pas forcément la meilleure. Aux Etats-Unis, on ne parle que cotraitance. En Europe, on maintient le double sourcing et on constate une baisse drastique des produits finis au profit des produits «designés».

A force de produits finis, les enseignes ont peur de perdre leur identité.

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Perspectives 2006-2007

-China + 1: La réintroduction des quotas a conduit les donneurs d’ordre à chercher des sources alternatives de sourcing.
-Les fournisseurs chinois ont relocalisé leur production dans les pays voisins.
-L’outsider indien: au plan démographique la Chine sera dépassée par l’Inde d’ici trente ans.
-En Chine, dans vingt-cinq ans, la part des 65 ans et plus devrait atteindre 16 % de la population, contre 8 % aujourd’hui.
-Les pays méditerranéens doivent profiter de ce sursis de deux ans.

Radia LAHLOU
& Fatim-Zahra TOHRY

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"Il faut que l’on puisse dire j’achète au Maroc les yeux fermés"

Evelyne Chaballier, directeur des études économiques et prospectives de l’Institut français de la mode

· Le produit fini, loin d’être la panacée

- L’Economiste: Comment repositionner les entreprises locales par rapport à la nouvelle donne mondiale?
- Evelyne Chaballier: Il convient de jouer sur les facteurs de compétitivité que constituent la réactivité et la proximité par rapport aux marchés européens dans un premier temps. Puis, vis-à-vis du marché américain et de la côte Est des Etats-Unis. Cette compétitivité doit d’être intégrée dans tous les produits qui ne peuvent pas être fabriqués aujourd’hui en Asie. Parce ce que ce sont des produits risqués commercialement et qui font que le time-market (réactivité, ndlr) de ces produits est extrêmement important et s’impose. Un autre domaine sur lequel il me semble que le Maroc a véritablement des cartes à jouer concerne le respect de l’environnement et les conditions éthiques sollicitées par les confectionneurs européens. La proximité géographique et culturelle et les échanges avec le Maroc font qu’il y a un vecteur de transmission de valeurs communes à ce sujet. Valeurs à transmettre auprès des consommateurs européens.

- Pendant ces dernières années, le seul discours a été «le produit fini: ou la mort». Est-ce vraiment le cas?
- Les réflexions des donneurs d’ordre sont beaucoup moins manichéennes aujourd’hui. Sans oublier que les entreprises ont entrepris de migrer de la sous-traitance vers la cotraitance et les produits finis. Mais le produit fini est tout, sauf la panacée pour le marché. D’abord, parce que les enseignes et les marques recherchent des produits finis pour un tout petit pourcentage de leur assortiment. Histoire de créer des herbes folles et des facteurs de différenciation par rapport à leurs marques propres qu’elles tiennent à «designer» elles-mêmes. Dans la mesure où c’est leur identité de marque face à la concurrence et la transmission de leur spécificité en terme de design face au consommateur. Il doit y avoir une cohérence dans la collection. Les marques et les enseignes tiennent à cette cohérence et ne souhaitent pas accumuler des produits finis dans les assortiments. Concernant la sous-traitance, il y a toujours de la place pour une sous-traitance active, dès lors qu’elle ne se contente pas d’une simple vente de minutes de confection. Les sous-traitants doivent prendre en charge peu à peu d’autres fonctions telles que le contrôle, le stockage des matières, le prototypage, la graduation, les opérations logistiques… tout ce qui fait qu’ils ne soient pas simplement comparés aux sous ou co-traitants asiatiques sur le simple faite de leurs minutes de confection.

- Quel serait votre conseil aux textiliens marocains?
C’est d’aller vite. Surtout par rapport à 2008, date de la suppression des nouveaux quotas européens. Il reste deux ans pour que le Maroc adopte une attitude proactive. Cela veut dire développer à l’intérieur de l’entreprise d’autres compétences pour justement s’écarter de la simple sous-traitance passive, établir des dialogues avec les fournisseurs, trouver des spécificités de l’entreprise, qu’elle soit plus importante et utile à ces donneurs d’ordre et qu’elle prenne une place essentielle sur le marché. Mon conseil serait qu’à l’avenir les donneurs d’ordre puissent dire: j’achète au Maroc les yeux fermés parce que l’on m’apporte la qualité, la fiabilité et surtout la réactivité et le respect des délais.


Casablanca,03 13 2006
Radia Lahlou
L'Economiste
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