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Réflexion autour du processus de Barcelone à la lumière du processus

Le Sommet de Barcelone, qui s’est achevé il y a tout juste trois mois, est relayé par la tenue, ces jours-ci par le Congrès d’Alger, qui vient couronner trois ans d’intenses travaux et réflexion menés dans le cadre de son pendant civil, le « Processus de Malte ».

L’échec relatif du dernier Sommet de Barcelone

Certains ont pu dire que la montagne a accouché d’une souris, au regard de la médiatisation de ce sommet, qui s’explique sans doute par le fait que l’on célébrait, à cette occasion, le dixième anniversaire de la signature de la Convention de Barcelone.

Les Accords conclus portent, en effet, essentiellement sur la lutte contre le terrorisme et sur un plan à 5 ans pour contrôler l’immigration illégale et appuyer l’évolution politique, économique et sociale des pays du pourtour méditerranéen. En apparence, seuls ont prévalu les aspects sécuritaires envisagés sous l’angle des intérêts de l’Union européenne. A y regarder de plus près, cependant, ce Sommet aura au moins eu le double mérite de rappeler les enjeux liés à la proximité stratégique des deux rives et de révéler deux visions complètement décalées du processus de coopération engagé. L’Union européenne part d’une vision de bloc, construit patiemment, autour de valeurs et d’objectifs communs, ces derniers étant constamment réévalués, à la lumière des résultats obtenus.

C’est à partir de cette vision, nous semble-t-il, qu’elle s’est intéressée à ses voisins du Sud, en tant que ceux-ci lui apparaissent tout à la fois comme débouché économique naturel, source d’approvisionnement énergétique vital, et « frontière extérieure » dont il faut se garder, frontière qui n’est pas sans rappeler le « limes » de la Rome antique. Les pays sud méditerranéens, dont tous, sauf deux, (Israël et la Turquie) sont arabes, ont accepté d’adhérer à la zone de libre- échange qui leur était proposée en 1995, sans se soucier le moins du monde de leur intégration horizontale. Les pays arabes méditerranéens se sont pourtant tous engagés dans un processus d’intégration qui a démarré, au même moment que celui de l’Europe. Mais ce processus a lamentablement échoué. Israël, qui n’est pas concerné par ce processus, semble toujours se demander où se situe son avenir géopolitique, tandis que la Turquie, elle, rêve d’un avenir européen pour le moins incertain. Si l’on n’avait peur de verser dans la caricature, on pourrait dire que les pays de la rive Sud sont donc allés à ce dixième anniversaire de l’Euromed à la façon des « bourgeois de Calais ».

Comment, en effet, pouvaient-ils espérer obtenir plus que ce que l’Europe leur offrait, en l’absence d’un front commun, voire d’intérêts communs ? Face à une Europe qui parlait d’une voix et qui est de plus, passée entre-temps de 15 à 25 membres ? Comment ne pas être frappé par l’asymétrie entre la logique de bloc de cet ensemble, plus puissant que jamais (même s’il doit gérer les difficultés liées à son élargissement) et la logique individualiste de ses partenaires du Sud ? Ajoutons à ce triste tableau que la plupart des dirigeants du Sud étaient absents du sommet en question, malgré l’importance de l’événement. Les déceptions exprimées par les médias et dirigeants des pays du Sud ne sauraient masquer ces vérités, pas plus qu’elles ne peuvent occulter le bilan de dix années de coopération renforcée. Au cours de cette période, le volume des échanges entre les deux rives a, en effet, doublé, passant de 82 à 166 milliards d’euros, même si la balance des échanges a été favorable aux Européens. Et les investissements directs vers ces pays se sont élevés à plus de 5 milliards d’euros contre 750 millions en 1995.

Ces chiffres sont, cependant, à relativiser par les politiques d’ajustement et de réformes entamées par ces pays depuis la fin des années 1980, qui ont fini par porter leurs fruits. A relativiser, également, par la hausse du prix des hydrocarbures, pour certains d’entre eux. Par ailleurs, la reconnaissance de l’échec reconnu du sommet semble avoir ouvert les yeux à certains dirigeants de l’Union européenne qui ont relevé l’insuffisance des résultats obtenus, plaidant pour une solidarité accrue et des liens organiques plus forts, mais dans le cadre de l’intégration de ces pays et leur démocratisation. C’est ainsi que le président Chirac, par exemple, a plaidé, au lendemain du Sommet de Barcelone, pour que les pays du sud de la Méditerranée reçoivent environ les deux tiers de l’aide de l’Union européenne dans le cadre de sa politique de voisinage, réaffirmant que « la Méditerranée doit demeurer une priorité stratégique pour l’Europe ».

Le chef de l’Etat français a ainsi proposé de « s’inspirer de la méthode des fonds structurels » européens pour financer le « développement de certaines régions-pilotes ». Il a également rappelé qu’il avait préconisé lors du sommet Euromed, fin novembre à Barcelone, la mise sur pied d’une banque euro-méditerranéenne de développement qui pourrait être, dans un premier temps, une filiale de la Banque européenne d’investissement (BEI) afin de « dynamiser les échanges ». Il avait aussi proposé de créer des institutions communes, tels un secrétariat politique paritaire et un mécanisme renforcé de consultation politique au niveau des ministres des Affaires étrangères. Cette prise de conscience est également traduite dans les conclusions du président de l’UE M. Baroso, à l’issue du sommet, qui a mis l’accent sur les trois priorités que s’était fixé l’UE pour le sommet, à savoir les droits de l’homme et la démocratie (y compris l’égalité des sexes), la croissance et la libéralisation économique durable ainsi que l’éducation, en tant que pierre angulaire du partenariat euro-méditerranéen. Convaincu que la démocratie et une gouvernance juste sont, en effet, indispensables au maintien de la stabilité et de la prospérité, M. Baroso conditionne l’intensification de l’aide européenne à la l’adoption de réformes politiques larges par les voisins du Sud. Il envisage, dans ce cadre, la mise en place d’un nouvel outil économique, appelé « facilités de gouvernance », à partir de 2007, dont l’objectif sera de soutenir financièrement ceux qui voudront entreprendre des réformes politiques plus larges. « Dans notre partenariat économique, précisait-il, la création d’une zone de libre-échange à l’horizon 2010 est plus qu’une simple promesse. Les emplois et la richesse qui en découleront sont essentiels pour la prospérité et la stabilité de la région. » M. Baroso reconnaît, enfin, que l’intégration Sud-Sud et la création d’un marché régional sont essentielles pour dynamiser l’investissement et la croissance dans la région et pour réduire l’écart de richesse entre l’Europe et ses voisins. Ce nouvel axe de la politique européenne avait fait réagir notre ministre des AE, M. Belkhadem, qui trouvait « humiliant que les Européens nous demandent des réformes en échange de quelques euro ».

Cette réaction, qui est partagée par bon nombre de pays sud méditerranéens, illustre un problème de fonds qui est de savoir si, face à l’Europe, les pays du Sud doivent se présenter comme demandeurs d’aide, et de façon dispersée, ou comme partenaires associés à un projet commun, à partir d’une position unifiée. Dans le premier cas, il y a une posture forcément défensive, comme on l’a vu à propos de la question des flux migratoires ou de celle relative aux réformes politiques qui conditionnent de plus en plus la mise en place des politiques de coopération élargies. Dans le second cas, il y a une relation équilibrée fondée sur un intérêt mutuel et durable. Plutôt que de jeter la pierre à Union européenne, dont la priorité actuelle va d’abord à la sécurisation de son espace intérieur et de ses frontières extérieures, il convient, selon nous, de réfléchir sereinement à la nature des liens que nous voulons avoir avec l’Europe, et avec nos voisins immédiats du Sud.

Le grand espoir suscité par la signature de la Convention de Barcelone

La signature, en novembre 1995, de la Convention de Barcelone avait suscité beaucoup d’espoirs, en raison des formidables opportunités qu’elle recelait, en termes de partage de prospérité et de sécurité régionale. Il était permis aussi de penser que cette convention allait servir de catalyseur au processus d’intégration des pays arabes qui sombrait dans l’oubli. Car et c’est une réalité incontournable, la rive Sud de la Méditerranée est essentiellement arabe. Ce processus a démarré pourtant la même année que le Traité de Rome. L’Accord portant création de l’Union économique arabe, signé le 3 juin 1957, prévoyait déjà de réaliser ce que tous les Traités européens (de celui de Rome à celui de Nice, en passant par celui de Maastricht) n’allaient pouvoir réaliser que de manière progressive et par sauts qualitatifs. L’échec du projet arabe est aujourd’hui patent : ni l’union douanière, ni la monnaie commune, ni la libre circulation des biens, des services, des capitaux et des personnes n’ont été réalisées. La proximité particulière entre les deux mondes, arabe et européen, explique sans doute pourquoi, de tous les objectifs que les pays arabes se sont tracé en 1957, seule la zone de libre-échange prévue est en train de voir le jour, stimulée par son équivalent euro- méditerranéen programmé pour 2010.

Les risques de remise en cause des accords d’association

La Convention de Barcelone est avant tout une initiative de la partie européenne, qui répondait au souci légitime de s’assurer un marché proche et en pleine expansion, un approvisionnement énergétique durable, et, probablement, le contrôle de l’évolution d’une région d’autant plus sensible qu’elle lui est géographiquement proche. On ne saurait expliquer, autrement, le désintérêt de Europe vis-à-vis du processus d’intégration en cours dans la région maghrébine et arabe. Les accords d’association ont donc été négociés séparément avec chaque pays de la rive Sud, sans tenir compte de cette donnée.

L’extrême dépendance des voisins du Sud, qui réalisent plus de 60% de leurs importations avec l’Europe, la fragilité de leur tissu économique et social, le faible degré de leurs échanges horizontaux (à peine 7 % de leurs échanges totaux), ajoutés à l’absence de stratégie commune à opposer à celle de leurs puissants partenaires du Nord fragilisaient, pourtant, à l’évidence, ces accords d’association. Accords susceptibles, d’être remis en cause à tout moment, en raison de la crainte ressentie par les populations de ces pays que la zone de libre-échange programmée n’affecte, par trop négativement, leur tissu industriel et la situation de l’emploi, déjà précaire. Cette crainte est d’autant plus vive que ces populations n’ont pas été associées à leur élaboration. Il était certes attendu de la libéralisation progressive des échanges un développement des échanges, donc de la production et des exportations des pays du Sud.

Mais les bilans intérimaires n’incitent pas vraiment à l’optimisme. L’Europe elle-même est en train de prendre conscience que la verticalité des échanges de ces pays n’est pas de nature à favoriser l’émergence d’un grand marché sud méditerranéen, et, partant, d’un grand marché euro-méditerranéen.

Le Processus de Malte et le Congrès d’Alger

Malgré les déceptions légitimes nées de l’échec plein d’enseignements du dernier Sommet de Barcelone, il est permis d’espérer que l’esprit de Barcelone finira par triompher et provoquer une salutaire prise de conscience des deux côtés de la Méditerranée : que l’Europe ne considère pas ses voisins du Sud comme de simples marchés, et que ces derniers retiennent et s’inspirent de la dynamique évolutive et globale du processus d’intégration européen, en osant dessiner pour eux-mêmes un projet commun. C’est, nous semble-t-il, une condition nécessaire pour réussir l’approfondissement de leur coopération avec l’Europe.

Les pays sud méditerranéens trouveront certainement dans les enseignements tirés de l’expérience européenne une source précieuse d’enseignements, tant du point de vue de la méthodologie du rapprochement régional que de celui des nécessaires réformes politiques à introduire dans leur système de gouvernance. C’est l’espoir porté par le dialogue Nord-Sud sur la Méditerranée, connu sous le nom de Processus de Malte, et qui tient son congrès à Alger actuellement (24-25-26 février). Ce congrès est l’aboutissement d’un processus entamé, il y a un peu plus de deux ans, et qui a débouché sur la conférence préparatoire qui a eu lieu à Malte en novembre 2004. L’esprit de ce processus, initié par le Mouvement européen international (MEI), est « de donner la parole aux pays du Sud comme à ceux du Nord, dans le cadre d’un dialogue ouvert et égalitaire, de favoriser la circulation des idées et des personnes, de promouvoir les réformes souhaitées par les sociétés civiles des deux rives et de définir une vision commune de l’avenir et des chemins nécessaires ». Le Processus de Malte est né, en particulier, du constat que les échecs relatifs enregistrés résultent de la non-implication des sociétés civiles concernées, du déficit en matière d’information sur les projets Euromed, de même que de la non- appropriation par les partenaires du Sud, des politiques et stratégies mises en œuvre par l’Union européenne et dont ils sont censés être les bénéficiaires. La leçon qui en est tirée est que ces partenaires doivent être associés à la préparation, à la mise en œuvre et au suivi de ces politiques et stratégies.

Les échanges de jeunes, la promotion de nouveaux canaux d’information et de communication, l’éducation des jeunes générations, le renforcement du dialogue interculturel, la promotion de la formation professionnelle, de l’emploi et des investissements ainsi que l’accès aux financements ne sont pas les moindres actions qui sont préconisées, pour faire progresser le rapprochement entre les deux rives. Il est, précisément, attendu du Congrès d’Alger de valoriser les travaux et discussions élargies qui ont eu lieu dans le cadre du Processus de Malte, par :
1- L’adoption d’une déclaration politique sur une vision commune de l’avenir.
2- L’adoption de plans d’action communs, basés sur un certain nombre de priorités à même d’améliorer les projets et programmes existants en faveur de la région méditerranéenne et au-delà. Le plan d’action en question s’inspirera de l’ensemble des travaux préparatoires et, en particulier, des actions évoquées ci-dessus, qui visent, rappelons-le, à faire émerger au sein des société civiles concernées le désir de s’engager dans une œuvre collective à caractère supranational.

La démarche proposée est, dans une certaine mesure, du même type que celle qui a inspiré le processus d’unification européenne. Ce n’est donc pas un hasard si le MEI, qui a puissamment contribué à la diffusion de l’idéal européen, est le principal artisan du processus de Malte, et le principal organisateur du Congrès d’Alger.

L’imprégnation de nos sociétés par l’idéal sud méditerranéen et euro-méditerranéen et l’appropriation des processus sous-jacents, nous paraissent être des enjeux-clé, du point de vue de la réussite d’un véritable partenariat avec l’Europe, et de celui de la dissipation des crispations constatées actuellement entre les mondes musulman et européen. Elle est aussi une des clés possibles à même de relancer, en le redéfinissant, le processus d’intégration arabe. Les pays arabes n’ont, en effet, pas moins vocation à s’insérer dans le processus Euromed que les pays du Nord ou de l’Est de l’Europe qui le sont déjà, par la grâce de la construction européenne !

Alger,02 28 2006
Rédaction
El Watan
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