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Climat de l’investissement - Accueil mitigé pour le rapport de la Banque mondiale

· Diagnostic «prévisible» et chiffres «loin de la réalité»
· Foncier, financement, formation… ça coince encore


Le moins que l’on puisse dire, c’est que le dernier rapport de la Banque mondiale(1) sur l’évaluation du climat de l’investissement au Maroc (Investment climat assessment, ICA) n’a pas fait l’unanimité auprès des opérateurs. Présenté mardi 14 février à Casablanca devant une centaine d’entrepreneurs de diverses nationalités, les critiques ont fusé et les rires sarcastiques aussi.

Notamment à propos de la corruption qui arrive en dernier (4,8%) sur l’échelle des contraintes perçues par les entreprises ou les crédits qui ne colleraient pas à la réalité… Langue de bois chez les sondés, problèmes terminologiques? Mohamed Lahlou, président de la Commission Compétitivité de l’entreprise au sein de la CGEM (Confédération générale des entreprises marocaines) ironise et les chefs d’entreprise suivront lors des débats.

Et ce n’est pas tout! La Justice, avec plus de 80% de «satisfaits» et seulement 10% de litiges solutionnés, le poids donné au secteur textile jugé trop important parmi les 857 entreprises sondées ou encore la filière export «à peine survolée»… En gros, il faudra se faire convaincant du côté des rapporteurs pour faire valoir les conclusions de l’enquête. «Pas de surprise dans les résultats!» C’est la remarque qui a largement emporté l’adhésion. Le diagnostic est connu et d’aucuns le taxeront de «trop prévisible!» Les réactions à chaud ont clairement montré les lassitudes.

Depuis la parution du dernier rapport sur le thème et qui date de 2000 (le Facs; Firm Assessment and competitiveness survey; cf. www.leconomiste.com): pas de grandes avancées sur le foncier, le financement et la formation, entre autres. Plus de quatre ans après, «on a les mêmes frustrations», lancera un entrepreneur.

Et les quatre chantiers «majeurs» identifiés par le rapport ne surprennent apparemment plus personne: le foncier (offre, réhabilitation de l’existant, décentralisation et tutelle/titre), la formation (avec notamment celle continue, le coût du travail et l’éducation), la finance (l’information, le juridique, la transparence et la fiscalité) et la concurrence déloyale. La logistique et le commerce, la gestion macro et le commerce extérieur sont les autres points sensibles identifiés. Tous ces aspects nécessitent des solutions spécifiques sectorielles, recommanderont en outre les rapporteurs.

L’enquête, sur plus de 130 pages, décortique les contraintes et obstacles à la croissance de l’investissement privé. L’aperçu de la situation économique mentionne évidemment les vastes réformes entreprises (ouverture du système financier, privatisation, réformes des institutions, libéralisation des télécoms…) et souligne que la croissance reste «en deçà des attentes». Rien de nouveau: l’économie est jugée «insuffisante et versatile» et reste trop faible pour permettre de créer les emplois qui absorberont le flux des jeunes arrivant sur le marché du travail. «La décennie des réformes n’aura rien changé et les perspectives ne sont guère plus prometteuses», indiquent les rapporteurs. Pluviométrie et production agricole, progression des cours du pétrole: autant de variables qui risquent de coûter cher au Maroc.

Une bonne nouvelle? Il semble que le Maroc, contrairement aux idées reçues, s’en sort relativement bien par rapport à ses concurrents (délais de dédouanement, procédures de création d’entreprises, prêts bancaires, encaissement de chèques…). La productivité totale des industries a augmenté de 35% en quatre ans mais plus d’innovation ne ferait pas de mal pour entretenir la tendance.

Comme l’a souligné un membre de la Banque mondiale: Attention au décalage entre la perception des entreprises, celle des banques et la réalité de l’environnement des affaires. Manque de transparence, dossiers bancals présentés aux institutions financières, système judiciaire qui traîne la patte, abus dans les paiements entre entreprises et échéances de crédits démesurées… Mais aussi trop de garanties demandées par les banques et pas assez de «plan B» pour le financement. 80% des sondés signalent l’accès ou le coût du financement comme contrainte majeure. Le foncier arrive après avec 43% de l’échantillon qui dénoncent, mais derrière les taux d’imposition qui font bondir les entrepreneurs (63%). Or, le taux de l’impôt sur les sociétés appliqué au Maroc «se situe aux alentours de la moyenne régionale», indique l’enquête. Les sociétés apprécieront... Par contre, l’impôt spécifique appliqué aux institutions financières est jugé excessif (39,6%). On retrouve cette contrainte dans toutes les enquêtes ICA réalisées dans le monde, disent les rapporteurs. Les autres contraintes sont de deux types: concurrentiel avec le sacro-saint informel dont 38% des entreprises se plaignent et celles qui relèvent des institutions de marché: 34% mentionnent l’administration fiscale, 29% le système judiciaire, 18% les contraintes administratives… et 17% la corruption!

Le rapport préconise, en outre, l’accélération de la refonte du système de la formation continue et professionnelle, entamée par l’OFPPT. De même, il faut inciter les PME à développer la formation du personnel et accroître la concurrence entre les prestataires privés.

Malgré tout, le rapport note une «relative santé financière» qui ne doit pas occulter «le grave problème» de l’augmentation excessive des délais de règlement des ventes et la multiplication des impayés. Au risque, pour les plus vulnérables, de ne pas survivre.

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Attention aux coûts de transport!

En matière d’électricité, les entreprises disent toujours souffrir de coupures, surtout à Tanger, Rabat et Fès. Elles sont affectées en moyenne 7 jours/an et cela représente 0,8% de leur chiffre d’affaires annuel. Moins de soucis pour l’eau, en revanche: une fois tous les quatre mois en moyenne et c’est encore Tanger qui trinque en priorité. Internet, c’est la bonne surprise du rapport. Par rapport à 2000 (enquête Facs), les abonnements ont doublé et concernent 70% de l’échantillon. Et la proportion des entrepreneurs traitant via le Web désormais, a connu une hausse spectaculaire: de 15 à 80%! Pour la logistique, le rapport souligne que la qualité reste un problème important. L’offre de services de qualité dans le transport routier de marchandises est faible et les prestataires logistiques peu développés. Cependant, les transporteurs sont jugés fiables, avec seulement 2% de sondés déclarant qu’une de leurs expéditions leur a été refusée. De même, l’impact des retards de livraison est considéré comme peu important (1%)
En revanche, si la proximité géographique avec l’Europe est un atout, le coût du franchissement du détroit de Gibraltar «demeure un problème majeur»: 15 km qui coûtent aussi cher que la traversée de plus de la moitié de l’Espagne en camion, soit près de 700 km!

Céline PERROTEY

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(1) Il est conduit avec le ministère de l’Industrie, du Commerce et de la Mise à niveau de l’économie et la Société financière internationale (SFI).


Télécharger le rapport

Casablanca,02 28 2006
Céline Peyrotet
L'Economiste
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