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La grande misère des malades du sida au Liban

Interruption dans le traitement, stock mal géré, virus résistant
Si depuis son apparition dans les années 80 le VIH/sida a été diagnostiqué chez des personnes âgées de plus de 45 ans, aujourd’hui c’est chez des jeunes d’une moyenne d’âge de 25 ans que le virus est de plus en plus enregistré, notamment au sein de la population homosexuelle. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que près de 25 % des personnes vivant avec le sida sont des hommes âgés de moins de 25 ans, sachant que, dans la majorité des pays, plus de 60 % des personnes porteuses du virus ou atteintes de la maladie sont de sexe masculin.

Au Liban, le nombre cumulatif des patients s’élève officiellement à 745 personnes, 47 nouveaux cas de personnes séropositives ou atteintes de la maladie ayant été enregistrés jusqu’en novembre 2003. Tous sont des hommes.

Cette année, la Journée mondiale du sida (célébrée hier) avait pour thème « Vivez et laissez vivre », dans le but de stigmatiser toutes les discriminations qui sont autant d’obstacles dans la lutte contre une épidémie qui ne fléchit pas, avec trois millions de morts en 2003.

« C’est sur les droits du malade que je souhaite le plus insister », souligne le Dr Jacques Mokhbat, spécialiste en maladies infectieuses, responsable de la division de bactériologie à l’hôpital Rizk et chef du département de médecine interne à la faculté de sciences médicales de l’Université libanaise. « Ainsi, plusieurs personnes séropositives sont renvoyées de leur travail alors que leur emploi n’expose à aucune forme de contamination, poursuit-il. Certains patrons sont conscients de cette vérité scientifique et gardent leurs employés, alors que d’autres ne peuvent pas accepter l’idée d’avoir un porteur du virus au sein de l’équipe. Croyez-moi, l’éducation ne joue aucun rôle dans cette mentalité. Les personnes atteintes ne peuvent malheureusement pas cacher leur maladie car elles sont obligées de passer par l’administration de la société où elles travaillent pour que la Caisse nationale de la Sécurité sociale leur rembourse le prix des traitements médicamenteux. »

« À cela s’ajoute le problème de l’hospitalisation d’une personne séropositive, ajoute le Dr Mokhbat. Au XXIe siècle, nous nous trouvons encore dans l’impossibilité de le faire car certains hôpitaux, y compris ceux gouvernementaux, refusent d’accepter les patients prétendant n’avoir pas les moyens de les prendre en charge. Ce qui est insensé. Car il n’existe pas des moyens spéciaux. Il suffit de porter des gants. J’espère d’ailleurs qu’ils le font avec tous les patients et non seulement avec les sidéens. Imaginez-vous que j’ai passé trois jours à faire le tour des hôpitaux pour pouvoir hospitaliser un de mes patients qui s’est fracturé l’épaule. C’est vraiment inacceptable. »

Des interruptions dans le traitement
Aujourd’hui, les spécialistes disposent d’un potentiel thérapeutique très important, d’autant que plusieurs molécules qui agissent de différentes façons sur le virus permettent aux médecins de mieux adapter leur traitement. « Le traitement du sida doit comporter plusieurs thérapeutiques à la fois pour éviter que le virus mute et devienne résistant, les monothérapie et bithérapie étant totalement refusées, explique le Dr Mokhbat. De même, il faut qu’il y ait une adhérence absolue au traitement antirétroviral. Une fois indiqué, il ne doit plus être interrompu. Les doses et les horaires de prise des médicaments doivent être respectés, ainsi que les règles alimentaires. Certaines drogues sont évitées pour prévenir les interactions médicamenteuses. »

Or au Liban l’aspect chronique du traitement n’est pas respecté, notamment depuis une année où des interruptions régulières sont observées. La cause ? « C’est un traitement cher, qui coûte environ 1 200 dollars par mois, répond le Dr Mokhbat. Certains patients ne peuvent se le procurer d’une façon continue et le ministère de la Santé, qui s’est engagé à assurer gratuitement les médicaments, a des coupures régulières dans le stockage dues à une mauvaise gestion du stock et des achats. » Et ce sont les malades qui en pâtissent. « Les patients ratent souvent leurs doses, ce qui est excessivement grave, déplore le spécialiste. En général, quand un médicament manque, nous recommandons l’arrêt du traitement. Nous préférons que le virus se développe d’une façon sauvage plutôt qu’il ne développe une résistance aux autres médicaments et mute, car il doit être exposé à tous les médicaments, en même temps. »

Depuis deux ans cependant, dans le cadre du Programme national de lutte contre le sida, des négociations ont été entamées avec les sociétés pharmaceutiques pour obtenir une réduction significative du prix des médicaments. Deux sociétés ont déjà accepté de le faire. Les négociations se poursuivent avec deux autres compagnies. « Ces réductions permettront d’acheter le traitement à un maximum de 200 dollars par mois, précise le Dr Mokhbat. Le ministère de la Santé pourra donc faire des réserves et ne plus manquer de stock. En contrepartie, les responsables de l’achat du médicament au ministère doivent être conscients du fait que le traitement ne doit pas être interrompu. De leur côté, les patients doivent eux aussi comprendre l’importance de l’adhérence au traitement. »

Un virus résistant

Au problème de l’interruption du traitement s’ajoute celui de l’incapacité d’enregistrer de nouveaux médicaments au ministère de la Santé. Les spécialistes trouvent une difficulté à élargir leur panoplie thérapeutique, bien que de nombreuses découvertes médicales effectuées dans ce domaine permettent une meilleure prise en charge des patients. « Quand un de mes patients développe une résistance à quelques-uns des médicaments, je me trouve dans l’impossibilité d’adapter un nouveau traitement, regrette le Dr Mokhbat. Quand je le peux, je demande de l’aide à l’étranger, mais cela n’est malheureusement pas évident. Aujourd’hui, avec l’arrêt des traitements, je me retrouve avec une impossibilité thérapeutique. Je fais face à des malades chez qui la maladie progresse. Et si les médicaments redeviennent disponibles, je me retrouve avec des virus résistants aux drogues disponibles sur le marché. »

Et de poursuivre : « Je ne fais pas une politique de santé, mais les autorités doivent prendre des décisions. Le ministère de la Santé doit assumer les conséquences de la décision qu’il a prise dans ce cadre. Il doit assurer les traitements d’une façon continue. Chaque année, nous lui présentons des chiffres concernant le nombre des patients, ainsi que des estimations relatives à l’année qui suit. Si les raisons qui le poussent à arrêter les traitements sont d’ordre financier, qu’il ne s’engage pas dès le départ à les assurer gratuitement. Nous n’avons pas le droit de ne pas soigner les malades, d’autant que le traitement est moins cher que les conséquences de la maladie. »

Augmenter les lymphocytes et baisser la charge virale
Une personne séropositive doit-elle suivre un traitement pour éviter que la maladie ne se développe ? « Non, répond le Dr Mokhbat. Nous procédons à l’évaluation de l’immunité du patient, le test principal à effectuer dans ce cadre est celui des lymphocytes CT4. Si leur taux est inférieur à 200, nous devons entreprendre le traitement. Sinon, nous pouvons attendre, à condition que le porteur du virus ne développe une des maladies ou infections opportunistes qui déterminent le diagnostic du sida, une pneumonie, une méningite ou une tuberculose, à titre d’exemple. »

« Nous pouvons aussi mesurer la charge virale, c’est-à-dire la quantité du virus dans le sang, ajoute-t-il. Cela nous permet d’observer la rapidité avec laquelle la maladie évolue. L’un de nos buts est de baisser la charge virale à un taux indétectable. Ainsi, nous serons certains que le virus ne se réplique pas et, par conséquent, ne devient pas résistant, sachant que l’adhérence au traitement permet d’élever le taux des CT4 et de baisser la charge virale. D’ailleurs, la majorité des patients qui ont suivi le traitement à la lettre ont une immunité semblable à celle d’une personne qui n’a jamais été infectée par le VIH. »

En ce qui concerne les effets secondaires du traitement, le Dr Mokhbat indique qu’ils sont d’ordre digestif (nausées, vomissements, gênes gastriques, diarrhées) et cutané (allergies) nécessitant le changement du traitement. « Le patient peut également avoir des calculs dans les reins, des inflammations du pancréas, des troubles neurologiques avec des fourmillements et des douleurs aux pieds parfois intolérables, ainsi que des anémies, observe-t-il. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit de traitements presque de l’ordre de la chimiothérapie. »

L’effet secondaire le plus important demeure toutefois l’atteinte lipidique qui se manifeste, sur le plan esthétique, par une redistribution du gras dans le corps accompagnée d’un affaissement de la joue et des tempes, un ballonnement du ventre et un amaigrissement des jambes et des mains. « Mais il y a surtout une altération du cholestérol et des triglycérides avec une intolérance au glucose, observe le Dr Mokhbat. Un diabète donc se développe pouvant entraîner une hypertension, des troubles cardiaques, des accidents vasculaires cérébraux et des troubles cardio-vasculaires. C’est la raison pour laquelle d’ailleurs la cigarette est absolument interdite, parce que, surajoutée à ces effets secondaires, elle augmente les risques cardiaques. »

Les personnes atteintes du sida doivent également observer leur alimentation. Celle-ci doit être saine et équilibrée, comportant principalement des légumes et des fruits et éliminant autant que possible les matières grasses animales et végétales, les fritures, la viande et les sucres.

Thérapies futures

Un vaccin pourra-t-il être développé contre le VIH/sida ? « Actuellement, des vaccins sont à l’état d’étude, note le Dr Mokhbat. Deux approches de ces vaccins sont en vue. La première, qui n’est pas encore suffisamment efficace, consiste à vacciner les personnes séronégatives pour qu’elles n’attrapent pas le virus. Une deuxième approche est celle de vacciner les personnes infectées par le virus dans une tentative de renforcer leur immunité. C’est une approche très intéressante, dont les résultats pourraient être positifs. »

Définir le nombre des personnes séropositives relève au Liban du domaine de l’estimation. Ainsi on évalue à 2 000 le nombre des personnes infectées, une majorité pouvant ignorer qu’elle l’est. « Les jeunes sont plus conscients des précautions à prendre, notamment lors des rapports sexuels, souligne le Dr Mokhbat. Toujours est-il qu’au cours de l’année dernière, il y a eu une diminution de l’utilisation de préservatifs au Liban, ce qui nous pousse à nous demander s’il y a un certain laxisme vis-à-vis de la prévention du sida au Liban. »

Et d’insister sur le fait que l’approche de l’épidémie du sida est multidisciplinaire et doit prendre différents aspects : la lutte contre la pauvreté, le chômage et le désœuvrement, qui entraînent la prostitution et l’utilisation de la drogue ; la lutte contre l’analphabétisme pour pouvoir faire passer un message de santé ; et la valorisation des droits de l’homme, de la femme et de l’enfant. « Je pense que nous ne résoudrons jamais le problème du sida si l’excision doit continuer à être pratiquée dans certains pays et si la prostitution des enfants se poursuit », soutient-il.

« J’estime qu’il s’agit d’éléments importants sur lesquels il faut réfléchir, conclut-il. Car résoudre le problème du sida ne consiste pas uniquement à administrer des médicaments. Il s’agit en fait d’un problème plus énorme, d’ordre social. »

Beyrouth,01 23 2006
Nada MERHI
Survivre au Sida
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