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Cycle de conférences de L’Economiste - Le jeu stratégique mondial favorise le désordre

· L’implication des Américains en Irak n’est pas une réussite
· La Chine et la Russie contestent l’hégémonie américaine
· Le Maroc devrait miser davantage sur l’Europe


COMMENT qualifier la situation géostratégique mondiale à l’aube du XXIe siècle? C’est le sujet de la première des conférences de stratégie, organisée par le Centre d’études diplomatiques et stratégiques et L’Economiste, le 5 janvier à Rabat.

Le premier invité, le général d’armée Christian Quesnot, a été chef d’état-major particulier de deux présidents (Mitterrand et Chirac) en France. Il est donc particulièrement bien placé pour observer la situation mondiale.

Pour le général d’armée Christian Quesnot, qui est aussi directeur de la revue Défense Nationale, quatre axes de réflexion permettent de remettre un peu d’ordre dans l’analyse: il s’agit de la mutation de l’environnement, généré par: 1) la résurgence des nationalismes, 2) la quête de la spiritualité et le prosélytisme religieux (qui ne concerne pas que l’islam, souligne-t-il), 3) le développement du terrorisme non étatique, et 4) la dispersion des armes de destruction massive.

Deux facteurs retiennent son attention. D’abord, le développement du terrorisme transnational dont le caractère pernicieux réside dans son grand impact psychologique: «petite boutique avec une grosse enseigne». «Les victimes du terrorisme (5.000 personnes, la pire des années) ne sont pas aussi nombreuses que celles des accidents de la route ou des conflits armés, explique-t-il, pourtant, les Etats sont bouleversés après un attentat».

Ensuite, la maturation d’une vision européenne différente de celle des Américains. On peut résumer la différence avec une boutade: «le monde est dangereux disent les Américains, donc battons-nous; le monde est compliqué, disent les Européens, alors discutons».

Alors que les Yankees se sentent une mission messianique justifiant leur comportement unilatéral et dominateur, les Européens préfèrent la concertation pour venir à bout des conflits d’intérêt. Dépendant économiquement l’une de l’autre (1 milliard de dollars d’échanges par jour), les deux entités affichent néanmoins leur désaccord politique.
Quesnot estime que la politique américaine vis-à-vis du vieux continent a visé la déconsidération de la France et l’affaiblissement de l’Allemagne. A la lumière des faits, leur stratégie a porté ses fruits: «L’Europe est aujourd’hui incapable de rivaliser sur les terrains politique et militaire».

· Conséquences de l’Europe affaiblie

C’est de préservation de leurs intérêts qu’il s’agit quand les Américains ont envahi l’Irak, indique-t-il, rejoignant là l’analyse que font généralement les Marocains.

Quesnot souligne aussi les conséquences dramatiques des erreurs de compréhension (faute de culture) commises à l’endroit des Irakiens: dissolution de l’armée et de la police, pillages acceptés du patrimoine... Les sentiments de haine et de rancœur éprouvés par les peuples arabes vis-à-vis des Etats-Unis vont compliquer la réalisation du projet de remodelage du Moyen-Orient.

«Le projet politique américain n’est pas digeste pour les pays de la région», souligne Quesnot. De plus, le soutien de la communauté internationale aux USA au lendemain du 11 septembre tend à s’éroder. Dernier exemple en date, l’opposition du trio Chine, Russie et Inde à la prise de sanctions contre l’Iran dans l’affaire nucléaire.

L’europe garde toutefois un avantage dans sa zone d’influence historique, la Méditerranée, mais sans savoir comment l’exploiter: Prolongement stratégique de l’Europe, l’Euromed présente un bilan décevant. Une des raisons de cet échec, selon le général, est l’expansion rapide de l’Europe mais vers l’Est. «Les nouveaux membres ne partagent pas la vision européenne de développement de la Méditerranée».

Des problèmes spécifiques à la région (conflit israélo-arabe, conflit du Sahara) handicapent l’aboutissement du partenariat. Mais de réelles possibilités de partenariat existent.

Dans ce sens, Quesnot invite le Maroc, qui a signé un accord de libre-échange avec les Etats-Unis, à miser davantage sur l’Europe. «Sur le long terme, le Maroc risque de faire face à quelques surprises désagréables de la part des Américains car ils sont sans pitié quand il s’agit de leurs intérêts».

Comme beaucoup d’Européens, il ne comprend pas que l’appel atlantique ait trouvé un écho dans des pays comme le Maroc et la Jordanie. Ce n’est pourtant qu’une des conséquences de la faiblesse politique de l’Europe.

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Le pétrole, enjeu stratégique

LA maîtrise des ressources énergétiques constitue un enjeu stratégique crucial. Quesnot rappelle à ce niveau que les néoconservateurs américains avaient une véritable stratégie énergétique tendant à renverser le régime saoudien et mettre la main sur les réserves de la Péninsule.

L’ingérence des Etats-Unis en Irak s’inscrit dans cette vision. Pour l’instant, la production pétrolière irakienne reste aléatoire en raison des problèmes de sécurité. Dans la région, les Etats-Unis comptent sur l’Iran pour garantir une certaine stabilité de la production mondiale, souligne Quesnot.

La Chine, qui est le deuxième plus gros consommateur de pétrole au monde, n’est pas en reste. Elle a développé des ports en Birmanie et au Bengladesh pour garantir un approvisionnement régulier. Son rapprochement avec la Russie n’est pas que politique mais vise aussi à garantir une source d’énergie supplémentaire pour une économie en pleine expansion.

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Promouvoir des compétences

POUR le Maroc, la géostratégie et même la stratégie ou les questions militaires qui y sont attachées, ne sont pas des sujets courants. Evidemment, les militaires de haut rang ont un centre à eux sur le sujet. Il est d’ailleurs à noter que des chercheurs civils marocains y enseignent aux côtés des militaires eux-mêmes et des conférenciers étrangers.

L’université de Rabat vient de monter une spécialité autour du Pr Boukantar. De même, plusieurs petits groupes de recherches existent mais sans grands moyens.

En fait, en dehors de l’armée, le Maroc n’avait pas vraiment besoin jusqu’ici d’avoir une base puissante d’analyse dans ce domaine, puisqu’il était replié sur lui-même.

L’ouverture du pays change complètement la donne. Ceci se produit au moment précis où l’ordre mondial est bouleversé. Il est devenu imprévisible et brutal, donc effrayant. Pourtant, «pas d’autre choix que d’y aller», a souligné l’animatrice de la conférence, Nadia Salah.
L’Economiste organisera des conférences stratégiques, une fois par mois, alternativement à Casablanca et Rabat.

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«Pas d’avenir en Afrique?!

CE général use d’un mélange inimitable de fierté, de provocation, de raffinement et de clarté dans son discours. Il n’hésite guère à hérisser les poils et méduser ses auditeurs: «franchement, je ne vois pas d’avenir en Afrique»…Touché! Frémissement outragé de la salle.

En stratège, Quesnot explique bien que, selon lui, l’enjeu de l’Afrique n’est plus stratégique après la période de la guerre froide. A son sens, c’est un «continent livré à lui-même» où «il n’y a pas assez de sécurité pour pouvoir envisager un avenir économique florissant».

Et une Nadia Salah, rédactrice en chef de L’Economiste et modératrice: peut-être y a-t-il de l’avenir pour certaines formes de vie en Afrique? Comme ces entreprises marocaines, ni trop grosses, ni trop petites, qui s’aventurent sur le marché africain et qui savent y faire. Celles-ci ne sont pas toutes médiatisées comme le holding de la BMCE, de la RAM, ou encore d’Attijariwafa bank… mais nombre d’entre elles font de belles affaires dans ce continent boudé par les USA, par l’Europe, mais pas par les Chinois. Certes, le Maroc, petit bout de Californie en nombre d’habitants, n’est pas les Etats-Unis. Pour le général Quesnot, les Etats-Unis n’ont pas un intérêt à terme en Afrique où la situation ne donne pas de visibilité.

Mais, comme le précise Nadia Salah, «son Afrique à lui s’arrête aux rives du Sahara, pas aux rives de la Méditerranée». C’est-à-dire qu’il distingue bien, avec son regard européen, la Méditerranée occidentale de l’Afrique, laquelle région est pour lui définitivement arrimée à l’Europe.

«C’est vrai qu’il a une vision européo-centriste, mais je dois nuancer», commente Salah.

Le général précise bien que l’Euromed est un impératif qui doit se faire… ce dont les Européens visionnaires sont persuadés mais pas leurs électeurs», estime la rédactrice en chef de L’Economiste.

Casablanca,01 16 2006
Rédaction
L'Economiste
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