Opportunités d'Affaires Liban
Opportunités d'Affaires Maroc
Opportunités d'Affaires France
- Opportunités d'Affaires Jordanie
- Opportunités d'Affaires Méditerranéennes
Iloubnan - Portail d'informations
www.iloubnan.info
Agent Exclusif de Philips & Whirlpool au Liban
www.azelectronic.com
- Nsouli - Bijouterie Liban
- Bijouterie Liban
www.andremarcha.com
- Agence interactive Marseille, Agence web
www.ebizproduction.com
- Location de Voitures à Beyrouth, Liban
advancedcarrent.com
- Immobilier Liban
www.real-estate-lebanon.com
- Montres Suisses
exposureswiss.com
- Montres Suisses
www.elogaswiss.com
   
 

ARCHIVES
Retour aux Archives
Retour aux infos
English Version

Euromed : les raisons d'espérer

Bien sûr que le sommet des chefs d'Etat ou de gouvernement des pays de deux rives de la Méditerranée (27-28 novembre 2005) avait été une occasion manquée, eu égard à l'absence quasi générale des dirigeants des pays arabes.

La symbolique politique s'en trouve ainsi écornée – et c'est un euphémisme. Même si l'on peut comprendre les désaccords profonds des uns et des autres, la pratique de la chaise vide n'est guère judicieuse. Il est essentiel, pour faire avancer les dossiers, corriger le tir, introduire des infléchissements, ici ou là, de se départir d'une attitude défensive et frileuse.

Il y a deux manières de considérer le "processus de Barcelone" (PB) : voir la bouteille à moitié vide ou à moitié pleine. Malgré la tonalité terriblement négative des médias – en partie justifiée – sur l'Euromed, (1) je choisirai résolument la seconde option, tout en évitant de pratiquer la méthode Coué.

Tracer de nouvelles perspectives pour l'Euromed. Certes, les résultats des dix ans du PB sont très contrastés; mais il n'en demeure pas moins qu'une impulsion avait été donnée pour initier des réformes, puisant son inspiration dans les textes fondateurs du partenariat euroméditerranéen. Il y a, à cet égard, un principe de réalité à ne pas perdre de vue : comment avec autant de pays différents et des pratiques économiques, parfois aux antipodes, arriver à trouver un socle commun, afin de créer une culture et un langage communs ? Les ambitions de l'Euromed sont loin d'être facilement réalisables. Ce qui avait été largement surestimé dans cette entreprise, c'est le rythme des réformes, la pédagogie afin de permettre aux Euroméditerranéens de mieux intérioriser le cadre institutionnel et surtout son contenu; c'est aussi – et, je dirai, surtout – une culture commune de la négociation, outil nécessaire pour avancer, réorienter les décisions ou sortir des situations d'impasse.
Qu'est-ce qu'on peut dire, en substance, sur le bilan ?

Incontestablement, de nombreux chantiers ont été ouverts, pour l'essentiel sur le plan économique. Dix pays, à des stades de développement différenciés, sont engagés dans des processus de transformation multiple. Les critères de convergence sont pris en compte, parfois avec des grincements de dents et beaucoup de lenteur, mais il est indéniable qu'un certain nombre de réalisations ont vu le jour. Le choc culturel s'est effectivement produit, mais il est diversement apprécié. A l'évidence, on peut déplorer les retards pris, ici ou là. Mais il est important de tracer de nouvelles perspectives à l'Euromed. Les leçons sont insuffisamment tirées - et on peut le regretter -, de ces dix dernières années. Le sommet de Barcelone aurait dû être l'occasion d'une refondation, pour réviser un certain nombre de choses concernant ce partenariat. Il n'en fut rien, hélas !

Les raisons sont multiples. L'Europe communautaire, elle-même, est en crise politique. Le processus décisionnel est en panne. Et cela pèse lourdement sur le fonctionnement des institutions. Des questions ontologiques sont ainsi posées sur la table des décideurs politiques, mais les égoïsmes nationaux sont en train de prendre le dessus. Les difficultés de voter le budget de l'UE (2007-2013) ne sont que la pointe visible de l'iceberg. La mondialisation, dans sa nouvelle phase d'accélération, est en train de produire des effets dévastateurs sur de nombreux pays, particulièrement de l'Europe des Vingt-Cinq. De nouveaux géants sont apparus et vont s'affirmer : la Chine, l'Inde, le Brésil… Des alliances se nouent dans un contexte géopolitique difficilement déchiffrable à l'heure actuelle. Malgré ses atouts considérables, l'UE est incapable de dépasser ses blocages actuels, et s'expose, de ce fait, aux forces centrifuges et aux incertitudes. Les hommes politiques, écartelés entre des raisons de politique intérieure et le choix européen, sont dans l'atermoiement permanent. Pourtant, le temps joue contre l'Europe. S'ajoute à cela, l'ouverture des négociations sur les perspectives d'adhésion de la Turquie, objet de beaucoup de spéculation et même de fantasmes.

Les pays du Sud, aiguillon d'un nouvel Euromed. Sans nul doute, l'Euromed souffre des tangages de l'Europe, mais il y a aussi ses propres difficultés internes, lesquelles ont été largement mises à nu, par la presse, à l'occasion de "Barcelone + 10". Les hommes et femmes de la Direction générale des relations extérieures (plus connue sous son abrégé DG Relex), qui le gèrent au quotidien, restent malgré tout d'excellents hauts fonctionnaires, mais ils sont dans l'impossibilité de se substituer à l'autorité politique, même s'ils participent activement dans la prise de décision, en l'orientant dans un sens ou un autre. C'est là où le bât blesse. Sans imaginer, pour autant, la création d'une nouvelle structure, ce qui est loin d'être à l'ordre du jour – l'UE n'a pas les moyens politiques pour s'offrir ce nouvel instrument –, il n'en reste pas moins que le Partenariat euroméditerranéen devrait reformuler un certain nombre de sujets figurant dans son agenda, pour sortir l'Euromed des ambiguïtés, et surtout pour apporter les correctifs aux dysfonctionnements observés tout au long de la décennie écoulée. Bien évidemment, on peut en citer quelques-uns, où l'on peut considérer que les faiblesses sont très manifestes pour ne pas être signalées : bonne gouvernance, démocratisation ou modernisation de la société civile ; mais il faut cependant bien dire que l'UE n'a pas su inciter ses partenaires du Sud afin de faire émerger un langage commun, adossé sur les objectifs clairs et précis, sans l, pour autant, eur donner le sentiment d'être un donneur de leçon. S'il est un point central, qui n'a pas été suffisamment pris en compte, c'est celui de la pédagogie expliquant la portée d'un tel projet aux peuples de la région. Au lieu de cela, l'Europe s'est enfermée dans une vision technocratique, bien éloignée des préoccupations de l'homme de la rue (2).

Dans le même temps, les pays du Sud, visiblement bien crispés, doivent faire leur autocritique, et expliquer pourquoi, par exemple, la coopération Sud-Sud a du mal à décoller. 2010, date de la mise en place d'une zone de libre-échange, c'est, pour ainsi dire, demain. Il est grand temps, pour ses pays, d'entrer dans une autre logique pour accélérer le développement, générateur de croissance.

En conclusion, même si la Politique européenne de voisinage (PEV), dont le contenu est encore en discussion, est loin d'être claire, les chances de l'Euromed de réaliser un espace de coprospérité existent bel et bien, à condition de pratiquer un volontarisme fort, pour le sortir de ses hésitations actuelles. C'est aux pays du Sud d'être à la pointe de ce combat, en partant de l'idée qu'ils ont tout à gagner à réussir les réformes, et à utiliser l'enveloppe MEDA pour accéder au cercle vertueux des économies qui marchent. Et mais pas seulement…

Hichem Ben Yaïche
benyaiche@hotmail.com

(1) Lire "L'Euromed en quête de visibilité" et "L'Euromed, côté Sud" in www.iris-france.org.
(2) La CE a débloqué 10 millions d'euros pour informer sur l'Euromed. De septembre à novembre, des colloques sur les médias, de nombreuses émissions (radios, télés, presse écrite) ont été (ou vont être) réalisés, pour rendre "visible" le partenariat euroméditerranéen. Un site Internet Euromed info (www.euromedinfo.net) sera opérationnel fin décembre, pour que l'Euromed n'ait plus de secret.


Tunis,12 12 2005
Rédaction
L'Economiste
ebizproduction est soutenue par "Le Conseil Régional de la Région
Provence-Alpes-Côte d'Azur".
| Home | English version | contact@1stmediterranean.com | © ebizproduction - Agence web - 2002/2008 |