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Microfinance dans le monde arabe - 30 millions de clients? C’est possible

Xavier Reille est lead microfinance specialist au Cgap (Consultative group to assist the poor), le centre d’expertise mondial pour le développement de la microfinance logé à la Banque Mondiale et financé par trente trois bailleurs de fonds. Il est aussi directeur du programme pour le développement de la microfinance dans le monde arabe.

Un programme du G8 qui vise à atteindre 10 millions de clients en 5 ans, avec une enveloppe de 30 millions de dollars… Aujourd’hui, le monde arabe en compte dix fois moins…

Entretien avec cet expert qui a participé au 1er Forum de la microfinance à Marrakech (cf. www.leconomiste.com)

· L’Economiste: Vous avez présenté au Forum l’expérience arabe… Où se situe le Maroc?
- Xavier Reille: Le Maroc c’est le bon élève! Vous avez 42% de bénéficiaires de microcrédit pour une population qui représente près de 20% de celle du monde arabe, telle qu’on la définit à la Banque Mondiale. La croissance est remarquable: en 1999, il n’y avait pas plus de 40.000 clients, aujourd’hui ils dépassent les 500.000! Tout cela grâce à la sagesse du gouvernement et à la loi de 1999, spécifique au microcrédit. Les IMF (institutions de microfinance) ont effectué un travail extraordinaire. Elles ont réussi à étendre leur clientèle avec des performances qui sont parmi les meilleures au monde. Deux associations marocaines sont sans doute parmi les 20 premières: Zakoura et Al Amana. Elles arrivent à marier deux choses: les performances financières, soit de bons rendements sur les actifs de l’ordre de 2 à 5%, et un impact social important.

· Ce boom peut-il se poursuivre dans le temps?
- On est un peu à la croisée des chemins… La loi de 1999 est pour 5 ans et la microfinance est toujours en marge du secteur financier. Notre rêve n’est pas de mettre en place un secteur financier marginal pour les gens marginaux, mais de construire des systèmes financiers inclusifs. Donc, d’offrir aux gens, non pas simplement un microcrédit, mais aussi un compte épargne, des moyens de paiement et de transfert. Et ça, on en est encore loin! C’est la deuxième révolution que la microfinance doit opérer: passer du microcrédit à la microfinance. Ça ne pourra se faire qu’à travers des partenariats entre les associations et le secteur privé puisqu’il va falloir développer des réseaux de distribution avec ses propres produits financiers. Les IMF ne pourront pas le faire seules.

· Le système bancaire, tel qu’il existe au Maroc, pourrait le permettre dans un futur proche?
- Si l’on compare le Maroc ou l’Algérie avec d’autres pays, les réseaux bancaires sont assez denses. Notamment si l’on inclut les réseaux postaux. La Poste compte plus de 1.000 agences. Le réseau bancaire, je ne sais pas exactement, mais on ne voit que ce qui pourrait se faire. Un partenariat où les IMF se spécialiseraient dans ce qu’elles savent faire, le microcrédit, et aideraient les banques à développer d’autres produits: d’épargne, de transfert… adaptés aux pauvres. Tout cela serait distribué à travers des réseaux postaux et bancaires, ce qui permettrait de passer d’un million de clients à… 20 ou 30 dans le monde arabe! Ça existe aujourd’hui en Inde ou au Brésil. Le gouvernement a un rôle à jouer pour faciliter le mariage. Et on pourra le faire avec les réseaux bancaires en place.

· Comment, concrètement, séduire les banques?
- Bon, il faut reconnaître que dans les pays où ça marche, il y a eu une impulsion du gouvernement. Dans certains, on impose 5 ou 10% du portefeuille sur ce type d’activité. Deuxième élément, la microfinance a cette double image, à la fois d’impact social et de rentabilité économique, donc on gagne sur les deux tableaux. Ceci dit, c’est vrai que c’est beaucoup de travail, ce sont de tout petits comptes… pas forcément là où la banque a envie d’aller… Celles d’Etat, avec leur mission de développement national, sont des partenaires privilégiés. Le Cgap essaie d’aider Bank Al-Maghrib pour le contrôle de la microfinance basé sur la transparence financière. Le secteur en a besoin à tout les niveaux!

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Centrale des risques

«Ce n’est pas un nouvel instrument, mais celui-ci peut donner un second souffle au secteur, effectivement. Pour que ça marche, il faut que tout le monde s’y mette, banques et IMF. Il faut qu’il y ait aussi une sorte de contrôle pour être sûr de l’information», souligne l’expert. La centrale des risques, encore en projet, doit permettre de mettre en place des systèmes de scoring: des systèmes de gestion de risques normalement plus performants. Derrière, on cherche la réduction du coût de transaction qui est vraiment la barrière en microfinance pour atteindre le monde rural. C’est trop cher de prêter 50 dollars à une femme d’un petit village de 200 personnes et économiquement pas viable. Il va falloir trouver des systèmes de crédits automatisés et utiliser en priorité les réseaux existants, dont ceux de la Poste, plutôt que d’aller ouvrir un guichet IMF en milieu rural. C’est bon pour le client, l’IMF et le secteur. C’est un win-win sur tous les tableaux.

Casablanca,12 12 2005
Xavier Reille
L'Economiste
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