Opportunités d'Affaires Liban
Opportunités d'Affaires Maroc
Opportunités d'Affaires France
- Opportunités d'Affaires Jordanie
- Opportunités d'Affaires Méditerranéennes
Iloubnan - Portail d'informations
www.iloubnan.info
Agent Exclusif de Philips & Whirlpool au Liban
www.azelectronic.com
- Nsouli - Bijouterie Liban
- Bijouterie Liban
www.andremarcha.com
- Agence interactive Marseille, Agence web
www.ebizproduction.com
- Location de Voitures à Beyrouth, Liban
advancedcarrent.com
- Immobilier Liban
www.real-estate-lebanon.com
- Montres Suisses
exposureswiss.com
- Montres Suisses
www.elogaswiss.com
   
 

ARCHIVES
Retour aux Archives
Retour aux infos
English Version

L’Europe face à ses voisins du Sud

Les 27 et 28 novembre, le processus de Barcelone célèbre le dixième anniversaire de sa création. En novembre 1995, une conférence réunissant dans la capitale catalane dix pays du Sud méditerranéen et l’Union européenne jetait les bases d’un partenariat euroméditerranéen visant à instituer à l’horizon 2010 une zone de libre-échange à travers la signature d’accords d’association entre les pays du Sud et l’UE (1).

À travers cette initiative, l’UE prétendait réajuster sa politique. Orientée principalement en direction des pays de l’Europe de l’Est, celle-ci s’est traduite en effet par un bouleversement de l’équilibre traditionnel de ses relations avec ses voisins du Sud. Elle entendait également avoir une politique méditerranéenne autonome différente de celle des États-Unis qui sont présents dans cette zone à travers, entre autres, leurs bases militaires et leurs relations privilégiées avec certains pays clés comme Israël, la Turquie, l’Égypte et la - Jordanie, voire, à un degré moindre, le Maroc. Faire donc du bassin méditerranéen une zone de paix, d’intégration économique et « prospérité partagée » était donc l’objectif de la rencontre de Barcelone d’il y a dix ans. Mais entre les intentions affichées jadis et les actes, le bilan apparaît aujourd’hui très loin des besoins bien réels de partenariat et de codéveloppement. Et certains des accords mis en oeuvre s’avèrent même carrément contre-productifs.

Certes, à ce jour, à l’exception de la Syrie, dont l’accord a été gelé en raison de la situation au Liban, tous les pays du Sud ont signé des accords d’association avec l’UE. Mais tout s’est passé comme si l’UE n’avait d’autre objectif que le désarmement tarifaire et le démantèlement du secteur économique public des pays de l’autre rive afin d’écouler ses produits. Sans se soucier pour autant de la mise à niveau et de la modernisation des économies du Sud.

Barrage aux migrants

Ce partenariat d’inspiration néolibérale a eu des effets pervers. Et bien peu a été fait, au total, en matière de politique de soutien financier à la modernisation économique, d’aide aux réformes structurelles, de développement des sociétés civiles et, surtout, de respect des droits de l’homme et de la liberté d’expression. En revanche, il a été question, d’une façon de plus en plus pressante, de « coopération » sécuritaire et de - politique de « limitation des pressions migratoires », l’UE allant - jusqu’à proposer aux pays du Maghreb de sous— traiter l’immigration clandestine moyennant une assistance technique et financière, ces États étant, en quelque sorte, appelés à se transformer en gardes frontières de l’Europe, faisant barrage aux migrants en provenance de l’Afrique subsaharienne.

Après les attentats du 11 septembre 2001, la guerre en Irak avec ce qu’elle implique comme menaces terroristes, tout s’est passé comme si l’Union européenne avait décidé d’inverser définitivement les priorités. Et du coup, la paix, la stabilisation, la lutte antiterroriste et contre l’immigration clandestine semblent constituer des préalables et - pèsent contre le nécessaire - codéveloppement économique avec le Sud. Le message adressé aux pays arabes méditerranéens par le président de la Commission européenne, Manuel Barroso, est de ce point de vue on ne peut plus clair. « Il serait utile, a-t-il déclaré jeudi, que les pays qui ont une majorité musulmane saisissent l’occasion pour dénoncer clairement le terrorisme à l’occasion du sommet euroméditerranéen (...). Je crois que les pays arabes devraient utiliser cette opportunité pour se distancier de l’idée qu’il y aurait un lien entre pays musulmans et terrorisme », et « de se distancier des propos absurdes et inacceptables du président iranien sur Israël ». Les pays du Sud sont donc prévenus : une relance du partenariat, de l’aide financière, et notamment la création d’une banque d’investissement euroméditerranéenne, est subordonnée aux questions sécuritaires. Ce point d’ailleurs significativement dans l’exergue du sommet qui scande : « paix, sécurité, stabilité, bonne gouvernance et démocratie ».

En fait de démocratie et de bonne gouvernance, ce sont surtout l’ordre et la soumission aux dogmes libéraux qui sont pointés. Malgré les multiples violations des droits de l’homme, les atteintes à la liberté d’expression et de la presse par la plupart des pays de la rive sud, l’UE n’a pratiquement jamais élevé la moindre protestation au fait que les pays signataires de l’accord d’association piétinent souvent la clause leur faisant obligation de respecter les libertés et de promouvoir les valeurs de la démocratie et de l’État de droit. De ce fait, l’Assemblée parlementaire euroméditerranéenne (120 députés dont 45 eurodéputés), créée en décembre 2003, qui a un rôle purement consultatif, ne peut pallier l’absence de démocratie dans les pays concernés.

En revanche, dans le domaine économique et financier - voir ci-contre - la préoccupation majeure de l’UE est de voir ces pays accélérer le démantèlement tarifaire, libéraliser leurs économies, principalement les hydrocarbures, les mines et les services -dans l’ordre : l’électricité, le téléphone et les transports - en contrepartie de quoi elle est prête à consentir un effort financier. Faut-il, dès lors, donner raison au dirigeant libyen Muammar al-Kadhafi, cité par le mensuel Arabies de novembre, et dont le pays est sollicité pour intégrer le partenariat euroméditerranéen, quand il affirme : « L’Europe nous demande tout, mais ne s’engage sur rien ! » Inquiets par l’offensive américaine de Grand Moyen-Orient et, surtout par « l’Eizenstat initiative » du nom de son promoteur, le sous-secrétaire d’État américain aux Affaires économiques, proposant une zone de libre-échange États-Unis - Maghreb, avec à la clé un financement de 7 milliards de dollars, l’UE a approuvé, lors du Conseil européen des 17 et 18 juin 2004, la mise en place de la politique de voisinage (PEV).

une intégration formatée

Celle-ci qui ciblait initialement les voisins de l’Europe élargie - l’Ukraine, la Moldavie et la Biélorussie - a été élargie aux pays sud méditerranéens. La PEV vise, à travers de nouveaux instruments - financiers et institutionnels et des plans d’action d’une durée de trois ans, une participation progressive au marché européen afin de favoriser l’intégration régionale. Reste que l’institution de la PEV, qui se veut complémentaire au processus de Barcelone, vise à renforcer un processus d’intégration formaté par l’optique néolibérale.

(1) Algérie, Maroc, Tunisie, Turquie, Égypte, Jordanie, Syrie, Israël, Liban et Territoires palestiniens.
La Libye, considérée à l’époque comme pays « terroriste », n’a pas été invitée. Mais elle sera présente à ce deuxième sommet.


Barcelone,12 05 2005
Rédaction
L'Humanité
ebizproduction est soutenue par "Le Conseil Régional de la Région
Provence-Alpes-Côte d'Azur".
| Home | English version | contact@1stmediterranean.com | © ebizproduction - Agence web - 2002/2008 |