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Maroc - Internet et la croissance? Apprenons à surfer et… à faire des vagues!

Par Nezha Lahrichi, membre du Conseil d’administration de l’ANRT, conseillère à la Primature

LES enjeux d’Internet sont multiples: ils sont économiques, politiques, sociaux, juridiques, culturels et éthiques et sont liés aux mutations des systèmes de production, des modèles de consommation et des modes d’organisation de la société.

Pour bien cerner les enjeux économiques, il faut clarifier les mutations structurelles en cours dans les conditions de production et de circulation des savoirs et des opportunités de création de richesses qui peuvent en découler.
Comme chacun sait, la création des richesses est assimilée à l’accumulation du capital au sens matériel du terme (terres, usines, machines, immeubles, équipements) associée au travail et à l’innovation.

· Une nouvelle race d’investisseurs

Cette conception n’est pas remise en cause, mais une place beaucoup plus grande est accordée à l’innovation immatérielle, l’intelligence et l’imagination: c’est Internet qui multiplie les opportunités d’innovations et sollicite le potentiel créatif de tous les individus à condition, bien entendu, qu’ils soient branchés et surtout qu’ils soient formés et sensibilisés à ces opportunités de création de richesses.

Il est important de souligner qu’une nouvelle race d’investisseurs issus du net est apparue; ils s’informent sur le net, vendent et achètent sur le net, évitent les intermédiaires, recherchent le risque et le profit rapide.

Ils ont su mettre à profit le formidable bouleversement de nos relations avec le temps et l’espace et exploitent parfaitement un fait majeur: la distance ne constitue plus ni une barrière ni un coût.

A partir de ce constat, doit-on introduire une frontière entre les entreprises traditionnelles et les entreprises immatérielles qui ont des potentialités de marché que les premières n’ont pas? La réponse est négative; bien plus, l’émergence de la net-économie induit des modifications profondes sur le processus de décision et sur les décisions stratégiques des entreprises: elles sont obligées de repenser leurs stratégies dans le sens d’une adaptation instantanée à un environnement en perpétuel changement.

L’objectif ultime de l’entreprise ne change pas; recherche de profit et croissance, mais la notion de planification, de mission, les critères de prise de décision et même la notion de stratégie changent. Il s’agit donc d’intégrer les outils et préceptes de la nouvelle économie et d’admettre que l’accumulation du savoir prend le pas sur l’accumulation du capital.

Les stratégies d’adaptation instantanée se font par le biais de l’intelligence organisée, par la création de valeur à partir du potentiel humain. Il y a donc un passage obligé à la net-économie, qui implique un nouvel équilibre entre actifs matériels et immatériels. Un nouveau rapport entre actifs physiques et humains s’établit (voir encadré)

Une fois ce rapport défini, le défi reste la mise en place de nouvelles structures organisationnelles, car le e-management modifie profondément la gestion des ressources humaines et le fonctionnement des entreprises.
L’usage des technologies de l’information et de la communication n’est qu’une facette des gains de productivité, l’autre étant la nouvelle organisation du travail qui en découle; celle-ci est basée sur l’atténuation du système hiérarchisé au profit du travail en réseau où le partage de l’information se traduit inéluctablement par une déconnexion entre pouvoir et savoir, révolution culturelle s’il en est!

En définitive, l’enjeu fondamental d’Internet est de créer des ressources sur Internet et pas seulement de consommer, car un consommateur est passif et donc marginalisé. Il faut apprendre plus qu’à surfer, il faut apprendre à faire des vagues et à devenir acteur du réseau.

Pour enclencher ce cercle vertueux de la création de richesses, la mobilisation de l’ensemble des acteurs est un préalable à la concrétisation de la vision du développement d’Internet dont dispose dorénavant le Maroc; son appui par un plan d’action est l’expression d’une prise de conscience aiguë des enjeux liés au développement de ce formidable outil d’information, de communication, d’échange et surtout de partage.

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Trois transformations essentielles: valeur, prix et offre

LA conjonction de la globalisation, de la libéralisation des marchés et d’Internet aboutit à trois transformations fondamentales:
1-La décomposition des chaînes de valeur: remise en cause des intégrations verticales tout au long des filières et ce, dans plusieurs domaines d’activités. Chaque maillon peut devenir un marché, marchés non-protégés par les barrières traditionnelles. Ce qui veut dire: des investissements lourds et donc coûts d’entrée élevés. Et aussi paradoxalement, on entre avec de l’imagination et de l’intelligence: Internet abaisse les barrières à l’entrée et favorise l’apparition de nouveaux entrants.

2-La modification des mécanismes de détermination des prix: le net modifie la mise en relation de l’offre et de la demande; le e-marché donne à la demande une place plus importante. Les demandes des entreprises qui passent par Internet pour acheter sur le marché mondial sont affichées en temps réel et portées à la connaissance de tous les offreurs (B2B: business to business).

3- L’offre également change: généralement, les actifs mis sur le marché à travers Internet sont valorisés dans de meilleures conditions de rentabilité. Le B2C (vers le consommateur) est l’expression d’un formidable marché de détail: une infinité de consommateurs peuvent être mis en relation instantanée avec l’ensemble des fournisseurs possibles pour une infinité de biens et de services. En outre, les mécanismes de détermination des prix connaissent de nombreuses innovations en multipliant et en facilitant les possibilités: mécanismes d’enchères avec toutes les sophistications qui y sont associées, prix de liquidations de stocks, prix d’appel, etc.

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Les atouts du Maroc

LE Maroc est en train d’initier une politique industrielle basée, entre autres, sur le développement de l’offshoring pour profiter de cette décomposition des chaînes de valeur et de délocalisation de certaines activités de services des pays industrialisés.

Cette facilitation de l’entrée accentue les pressions concurrentielles et constitue un facteur de baisse des coûts et des prix. Cela signifie qu’au niveau macro-économique, l’attractivité d’un pays dépend largement de ses coûts et de la qualité de son capital humain. Au niveau de l’entreprise, la réduction des coûts et l’augmentation de la productivité proviennent, certes, des économies internes dans le cadre d’une démarche classique: effort d’organisation interne, chasse aux dépenses inutiles, externalisation, etc, mais aussi d’économies externes qui proviennent du progrès général de l’environnement et c’est précisément ce qu’apporte Internet à condition de savoir en profiter; ces économies sont qualifiées «d’externalités positives»: Internet est typiquement une externalité qui permet de réduire les coûts des entreprises qui savent utiliser le WEB. Les opportunités de réduction des coûts se situent à plusieurs niveaux: approvisionnement, ventes, organisation interne. Ce sont ces opportunités qu’il s’agit d’identifier et de faire connaître.

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Quatre points et un «plan de confiance»

QUEL que soit le champ d’analyse, il y a au moins quatre points forts transversaux:
1-La mondialisation: le lien entre la mondialisation et Internet n’est plus à faire; toute présence sur Internet est par définition mondiale et beaucoup de disciplines et d’activités nationales ont vocation à disparaître: sciences, recherche, école, droit, commerce, entreprises, culture, marché… Tout ce qui circule sous forme de livres, c’est-à-dire des millions d’ouvrages, de films, de programmes de télévision, de radios, de musiques, de spectacles… en y ajoutant monuments, bâtiments, infrastructures physiques (google earth) et tout ce à quoi nous ne pensons pas, tout cela est en train d’être réduit en paquet de bits pour circuler sur Internet.

2-La diversité en toutes matières: diversité des opinions qui fleurissent au rythme de l’augmentation du nombre d’émetteurs.
Le phénomène des blogs est significatif et s’inscrit dans le droit fil de la qualité principale d’Internet: la communication horizontale et le partage des connaissances de façon simple et efficace; diversité des produits: la gestion des entreprises se raffine, notamment à travers le «One to One», les produits sont plus personnalisés et ajustés à chaque consommateur.

3-La coordination: Internet a produit un phénomène de coopération sans précédent qui a concerné, notamment, des programmes scientifiques d’une ampleur considérable; il en est de même des systèmes juridiques qui ont dû collaborer pour être effectifs et des entreprises qui se sont engagées dans des stratégies de fusion et d’intégration.

4-La confiance: il s’agit d’un champ d’analyse au cœur de la question de la gouvernance d’Internet: comment un tel système peut-il produire de la confiance? A qui se fier sur Internet? Le plan d’action préparé par l’ANRT prévoit l’élaboration d’une stratégie nationale sur la confiance numérique afin d’instaurer la confiance dans l’usage des services Internet.
Au-delà du cadre législatif et réglementaire qui sera mis en place, c’est la confiance dans les résultats, dans la réussite et dans le succès qui sont en mesure de créer la confiance dans le réseau.

Ces points forts transversaux montrent que, plus que la nature des questions qui se posent, c’est la pratique quotidienne de toutes les disciplines et de toutes les activités qui change et continuera de changer.

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Sur l’agenda…

DEUX évolutions sont nécessaires pour inscrire Internet comme créateur de richesses:
1-L’évolution du régime de la propriété intellectuelle et de ses règles de gestion dans le sens d’un juste équilibre entre protection de la propriété intellectuelle, d’une part, et son utilisation dans le sens d’un partage du savoir, d’autre part.
Ce partage est nécessaire à la société du savoir, car il faut préciser qu’il s’agit d’une société du savoir et pas seulement d’une société de l’information.
Le fait que l’Unesco ait consacré un rapport mondial à la question de la distinction entre les deux n’est pas fortuit.
Le rapport «vers les sociétés du savoir» analyse le rôle, de plus en plus important, joué par le savoir dans la croissance économique et suggère que le savoir peut servir de nouveau tremplin pour le développement dans les pays du Sud.
La connectivité devient le maître mot: e-gouvernement, e-éducation, e-santé, e-management; il ne faut pas que la lutte contre la fracture numérique occulte les autres fractures mais qu’elle soit l’opportunité historique pour réaliser un saut qualitatif en matière de développement économique et social.

2-L’organisation d’un débat public pour définir les rôles: Etat, collectivités locales, entreprises, banques, société civile… L’Etat est sollicité pour mettre en œuvre un systèmes incitatif, pour réguler, réglementer, développer la formation, soutenir le financement, donner l’exemple en développant le e-gouvernement, etc, sans oublier les réformes structurelles pour déboucher sur un raffermissement de la concurrence qui influe en particulier sur l’abaissement des coûts nécessaires pour stimuler l’utilisation des technologies de l’information et de la communication.

NB: Le présent texte est tiré de la conférence donnée par l’auteur lors des assises d’Internet, à Skhirat, le 8 novembre 2006


Casablanca,11 28 2005
Rédaction
L'Economiste
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