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Pourquoi Marseille ne s'est pas embrasé

Contrairement au reste du pays, la ville natale de Zinedine Zidane a été épargnée par les émeutes. Autopsie d'une exception.

« Tout le monde s'attendait à ce que Marseille soit la première ville à prendre feu, explique Richard Martin, directeur d'un petit théâtre des quartiers nord.

Il faut vivre ici pour comprendre pourquoi cela n'a pas été le cas. » De fait, la deuxième ville de France semble rester à l'écart de la « crise des banlieues ». Quelques incidents ont bien eu lieu, mais sans commune mesure avec ceux de Paris, Toulouse ou Lyon. Et pourtant, tous les ingrédients d'une explosion sont là : chômage élevé, communauté immigrée nombreuse, pauvreté... Quelque 200 000 habitants, soit près d'un quart de la population, s'entassent dans des tours non moins délabrées que celles de la région parisienne. La détresse sociale et le racisme sont ici non moins fréquents - et parfois plus - qu'ailleurs. Et l'extrême droite enregistre dans la région ses meilleurs scores électoraux. Mais Marseille ne fait décidément jamais rien comme les autres...

Comment expliquer cette « exception marseillaise » ? D'abord, par la mixité sociale qui y prévaut - un modèle du genre. Incrustée au bord de la Méditerranée, la cité phocéenne est coupée de son arrière-pays par des massifs montagneux, à sa périphérie immédiate. Les banlieues-ghettos y sont peu nombreuses. Si la ville a peu à peu absorbé les villages avoisinants, elle reste un ensemble urbain très centralisé où les catégories sociales les plus diverses cohabitent dans les mêmes quartiers : le Vieux-Port et la Canebière, les plages, le Prado, le Stade Vélodrome... Marseille est une ville cosmopolite, dont l'identité s'est définie au fil du temps par les vagues d'immigrants qui s'y sont installés : Italiens, Arméniens, musulmans et juifs du Maghreb, Subsahariens, etc. Les nouveaux arrivants n'ont, dans leur grande majorité, pas été rejetés à la périphérie : ils vivent au coeur de la cité.

La deuxième explication, qui est peut-être la conséquence directe de la première, tient au sentiment d'appartenance communautaire que partagent tous les Marseillais. « Tu te sens marseillais avant d'être noir, arabe ou gitan. C'est un lien très fort, plus fort que les origines », confirme Majid, éducateur dans un centre de loisirs de la Castellane, le quartier qui vit naître un certain Zinedine Zidane... Cela ne signifie pas que les discriminations et la ségrégation soient inexistantes, mais elles sont assurément moins étouffantes qu'ailleurs.

Autre particularité qui pourrait expliquer le calme relatif : son environnement privilégié, entre mer et montagne. On est loin, très loin de La Courneuve ou de Clichy-sous-Bois. Ici, les jeunes des quartiers ne tournent pas en rond dans un déprimant univers de béton. « Quand on s'ennuie ou qu'on a envie de se détendre, on s'achète quelques sardines et on va les griller au bord de la mer, entre copains. Le littoral est magnifique et... gratuit », confirme Saïd.

Enfin, Marseille a considérablement changé depuis cinq ans. Ses défauts les plus apparents n'ont certes pas disparu - à commencer par la propreté douteuse de ses rues ou le délabrement de nombreux immeubles du centre-ville -, mais son économie s'est développée, grâce, dans une large mesure, à la politique attractive menée par la mairie. Mais aussi au fait que le TGV la relie aujourd'hui à Paris en trois heures. Du coup, 7 200 entreprises ont été créées depuis 2000 et le chômage ne touche plus que 13 % de la population, contre 20 % dix ans auparavant. Tout cela explique qu'au mois de mai le magazine économique L'Expansion ait élu Marseille « grande ville de France la plus dynamique ».

Mais cette paix sociale repose sur des équilibres fragiles : la ville n'est donc pas forcément à l'abri d'éventuels débordements. Et puis, le « modèle » qu'elle représente est difficilement exportable, tant il repose sur des particularismes culturels et historiques. Marseille est bel et bien une exception, cultivée comme telle par ses habitants. « Nous avons appris à ne pas avoir peur les uns des autres », explique Richard Martin, pour qui Marseille n'est pas une ville française parmi d'autres mais « un pays à part ». Et c'est ce qui fait la fierté de ses habitants.

Marseille,11 28 2005
Rédaction
Jeune Afrique
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