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"La crédibilité des réformes est un critère important" - UE / Maroc

Entretien avec Bruno Dethomas, nouvel ambassadeur de l’UE à Rabat

Ambassadeur, chef de la délégation de la Commission européenne au Maroc, Bruno Dethomas a tout d’un homme des missions impossibles. Cet ancien journaliste -chroniqueur judiciaire, grand reporter puis chef du service économique au journal Le Monde- arrive au Maroc après six ans passés en Pologne, où il a chapeauté le processus d’adhésion de ce pays à l’Union européenne. Un travail remarquable qu’il compte poursuivre au Maroc, pays pour lequel il nourrit de grandes ambitions.

- L’Economiste: Nouvellement désigné en tant qu’ambassadeur, chef de la délégation de la Commission européenne au Maroc, quelle est votre vision du partenariat présent et à venir entre le Maroc et l’Union européenne, à la lumière du statut avancé qui vient d’être accordé au Maroc?
- Bruno Dethomas: Les relations entre le Maroc et l’Union européenne sont désormais dans une phase politique. La coopération économique est certes essentielle. Mais avec la politique de voisinage, élaborée selon les besoins de chacun de nos interlocuteurs, nous entrons dans une phase plus mûre de nos relations. D’autant que le Maroc est le pays où l’on peut démontrer que cette nouvelle politique de voisinage est une vraie politique et a une vraie valeur ajoutée. J’ai été associé à un défi très intéressant qui était l’adhésion de la Pologne à l’Union européenne, avec tout le processus d’intégration et la stratégie de préadhésion et les négociations qui ont abouti à cette adhésion.
Il y a un parallélisme à établir entre le Maroc et la Pologne. Personnellement, je ne suis pas très optimiste quant aux pays de l’Europe de l’Est. Quand des pays comme l’Ukraine, la Géorgie, la Moldavie sont obsédés par l’adhésion, ce qu’on leur propose est moins excitant.

- L’Europe a pourtant concentré la plupart de ses efforts dans cette région…
- Cela est vrai. L’Europe s’est focalisée sur son continent et sur l’aide des pays de l’Est, mais il y a maintenant une prise de conscience des Européens de l’importance de son proche voisinage au sud. Et si nous ne réussissons pas, nous le payerons par une immigration accentuée ou encore par des actes terroristes. Notre objectif commun est que les choses évoluent vers un sens positif. Et c’est ce sur quoi nous travaillons avec le Maroc. Les méthodologies adoptées dans l’intégration des pays de l’Est sont les mêmes que celles utilisées actuellement à l’égard du Maroc. Les mêmes instruments sont également utilisés: les jumelages, le suivi des engagements par des rapports réguliers, la mise en place de plans d’action négociés, de programmes de réforme nationaux que l’UE accompagne. Le tout sera soldé par un rapport qui permettra à la Commission de proposer un accord de voisinage.

- Concrètement, en quoi consiste le statut avancé accordé au Maroc?
- Il s’agit essentiellement d’un accompagnement européen des réformes engagées par le Maroc. La finalité est l’intégration du Royaume dans le marché intérieur européen. Cet objectif est difficile à atteindre. Il engage l’économie marocaine à se mettre au niveau des standards européens, en termes de sécurité, de respect de l’environnement, mais surtout de compétitivité. Une transformation profonde du tissu économique s’impose sur les prochains 10 à 15 ans. C’est cela qui encouragerait les investissements européens à opter pour le Maroc et, partant, enclencher une dynamique de croissance. Pour cela, deux conditions sont à remplir au préalable. Il s’agit de la crédibilité des réformes marocaines et la qualification de la main-d’œuvre. L’important reste le seuil de crédibilité.

- Sachant qu’un projet de 40 millions d’euros, pour aider le Maroc à mieux lutter contre les flux migratoires dont il est victime, bloque toujours au niveau de l’UE, quelle forme cette aide devrait-elle prendre?
- Ce projet est toujours de mise. L’argent n’est pas bloqué. Simplement, il y a des conventions de financement, des appels d’offres… qui prennent du temps. L’objectif de ce financement est d’équiper les gardes-frontières marocains d’outils modernes de contrôles et de supervision. Ce sera dans trois endroits, à savoir la frontière algérienne, la frontière nord du Maroc et la frontière atlantique faisant face aux îles Canaries. D’ailleurs, 80% de ce budget va à ce volet. Un effort de formation des gardes-frontières marocains et de renforcement du cadre administratif est également prévu.

- Quelle évaluation faites-vous du programme Meda II, et qu’en est-il des résultats de cette année?
- Il est encore tôt pour juger. Mais le transfert à la fois du personnel et des décisions de Bruxelles au Maroc, doublé de la décision du gouvernement Jettou de mettre en place une machinerie plus efficace font que le programme Meda II a été d’une efficacité remarquable ces dernières années. Nous avons largement dépassé nos engagements. Mon angoisse est que, cette année, nous sommes très loin des niveaux de payement atteints auparavant. Ceux-ci atteignent à peine la moitié de la moyenne 130 à 140 millions d’euros enregistrée les années écoulées. Nous ambitionnons dans ce sens de mettre les bouchées doubles pour qu’à fin novembre, nous soyons sûrs de dépasser les niveaux de paiement de l’année dernière.

- Sachant que ce programme prendra fin en 2006, qu’en est-il des orientations post-Meda?
- Compte tenu de la nouvelle approche, l’essentiel de nos financements viendra en appui au budget marocain et sera destiné aux grandes réformes, voulues par le Maroc. Des critères seront mis en place en échange des paiements, et des vérifications seront enclenchées pour s’assurer que les engagements marocains sont tenus. La particularité de cette nouvelle politique est qu’elle répond à une vision globale et homogène. Avant, nous financions des projets à l’approche non négligeable, mais à la cohérence pas toujours évidente. Le point essentiel de ce nouveau est la capacité du Maroc à accélérer la cadence des réformes. Et c’est sur cette base que la part allouée au Maroc, dans le cadre du budget 2007-2012 de l’UE, sera fixée. On se basera également sur les financements débloqués en 2005. D’où l’importance que ceux-ci soient dynamisés.

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Il faut aider le Maroc

- En attendant, le Maroc fait face, seul, au drame de l’immigration clandestine. Son image en a été sérieusement écornée. L’Europe, est-elle sensible à cette question?
- L’image de l’Europe a également été touchée. Et le Maroc n’est pas seul à lutter contre ce phénomène. Cela dit, ceux qui tentent de faire porter le chapeau au Maroc ont tort. Le Maroc, on le sait, est la première victime des flux migratoires illégaux à destination de l’Europe. Il est devenu non seulement un pays de transit, mais aussi d’accueil. Les subsahariens à s’y être installés, la vie étant moins dure, sont très nombreux. En témoigne la multiplication des viviers de subsahariens autour et à l’intérieur des villes marocaines. Ce problème est extraordinairement difficile, dans sa quotidienneté comme à moyen et long termes. Il n’existe pas de solution évidente. La seule que tout le monde envisage est le développement de l’Afrique. Mais cela fait 35 ans que l’on s’y essaye, notamment dans le cadre des accords de Lomé et Cotonou, sans grand succès. La solution sécuritaire n’est pas viable non plus. Ce qui est sûr, c’est qu’il faut aider le Maroc. La lutte contre l’immigration clandestine n’est pas la tâche de ce seul pays, mais de nous tous.

Casablanca,11 14 2005
Tariq Qattab
L'Economiste
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