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Davos-Porto Alegre: Même combat… dépassé - Par Olivier PASTRE

Tous les ans maintenant, quand la neige scintille à Davos et que le soleil ne brille pas encore de manière trop implacable à Porto Alegre, s'ouvre une semaine de "solde aux idées sur la mondialisation" dont le succès, à ce jour, ne semble pas se démentir. Et pourtant, ce succès est très fragile. Et c'est bien dommage.

· Parallèle troublant

Le parallèle entre Davos et Porto Alegre est troublant. Il n'en est pas moins facile à établir.
D'abord, ces forums sont tous deux nés de l'initiative privée pour faire pièce à l'impuissance intellectuelle des institutions publiques internationales.

L'idéologie dérégulatrice des années 80 avait, certes, la force des slogans simplistes. Mais aussi ses faiblesses. Que l'on soit pour ou contre, il fallait donner du corps à ce squelette théorique. Quoi de mieux pour cela que de faire un détour par la microéconomie et de donner la parole aux acteurs (ou aux victimes) de la mondialisation. Enfermez tous ces acteurs dans un lieu clos symbolique, agitez pendant une semaine et vous obtiendrez toute la pétillance que donne l'échange d'expériences vécues.
Deuxième point commun: le succès. Ces forums, sans aucune légitimité théorique et politique, sont aujourd'hui devenus incontournables et sont l'objet de bien plus de médiatisation que n'importe lequel des Sommets du G8. Preuve que l'organisation quasi militaire de Davos et celle quasi maoïste de Porto Alegre ont joué leur rôle de levain. Mais preuve surtout qu'une demande de réflexion sur la mondialisation existait dans tous les moindres recoins de la planète. Troisième point commun, plus inquiétant: ces deux forums nécessaires démontrent aujourd'hui qu'ils ne sont pas suffisants. Quand on voit Davos consacrer ses débats à "Comment restaurer la confiance?", on pense immédiatement à tous les patrons, intervenants, des derniers forums, qui liront les comptes rendus dans leur retraite forcée suite à leur licenciement ou pire… en prison. Est-ce bien le lieu et l'heure pour les patrons de donner des leçons de morale sans faire un humiliant mais salvateur détour par la réflexion théorique?
Quand on voit, de son côté, Porto Alegre se transformer en Fête de l'Huma planétaire sans être capable de se discipliner pour faire émerger un thème prioritaire et sans arriver à donner à ses messages un contenu un tant soit peu "politisable", on ne peut que faire le deuil de ses illusions perdues.

· Le FMI n'est qu'une grosse PME

Dans un cas comme dans l'autre, l'échec -prévisible- vient d'un refus dogmatique. Refus de l'Etat à Davos, refus du marché à Porto Alegre. Or, on le sent bien, depuis qu'Enron et autres Vivendi ont, en un an, fait perdre à la planète 4.000 milliards de dollars (soit 8 fois plus que le produit annuel estimé de l'argent "sale"…), la réflexion à mener pour reconstruire un capitalisme plus efficace et moins inégalitaire passe par une nouvelle articulation entre l'Etat et le marché (dans les années 60, on parlait de "équilibre Plan-Marché": autres temps, autres moeurs…).
Cela passe inéluctablement par une nouvelle définition de ce que doit être le gouvernement d'entreprise, concept trop flou aujourd'hui mais qui, justement, doit être précisé et élargi. Car le gouvernement d'entreprise ne doit pas se limiter aux stars -déchues- de la bulle Internet. Il doit s'appliquer aussi au FMI (qui n'est rien d'autre qu'une grosse PME…), à la Commission européenne (une convention sans nouvelles conventions, cela ne sert à rien…), de même qu'à l'Etat (faute de quoi, les réformes resteront dans les cartons…).
Que faire alors de Davos et de Porto Alegre? Pour répondre à cette question, il faut retourner à la "case Départ". Il faut que les institutions de régulation multinationales qui, par leur carence, ont suscité la création de ces produits médiatiques reconnaissent leurs torts et profitent de la vitalité de ces enceintes de réflexion et de proposition. Pourquoi, dans ce contexte, ne pas imaginer qu'à la prochaine réunion du G8 à Evian en juin, des représentants de Davos et de Porto Alegre soient invités pour débattre. Sans pour cela interdire aux antimondialisation de manifester (ce qui sera topographiquement difficile à Evian…).
Simplement pour échanger des idées et, parfois, constater des incompréhensions mutuelles. Et éventuellement pour acter des points de convergence, voire s'accorder sur quelques objectifs chiffrés. Ce projet ne relève d'aucun irénisme. Il est simplement de bon sens. Et d'intérêt pour tous.
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Olivier Pastré est professeur à l'Université Paris XIII, ancien banquier. Il vient de publier avec Michel Vigier "Le Capitalisme Déboussolé" (Editions La Découverte, janvier 2003).



Casablanca,02 19 2003
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L'Economiste
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