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Liban - Le Liban et la littérature francophone du Machreq

Le mardi 25 octobre 2005 à l'édifice des arts avait lieu une conférence d'intérêt considérable sur la littérature du Machreq. Donnée par Katia Haddad, la conférence s'intitulait La littérature francophone du Machreq, entre auto-orientalisme, enjeux politiques et enjeux identitaires.

Plus particulièrement, la conférence portait sur le regard de l'autre sur soi, de soi sur soi et de soi sur l'autre. Mme Haddad, d'origine libanaise, est professeure de littérature française à l'Université Saint-Joseph de Beyrouth et titulaire de la Chaire Senghor de la francophonie.

Elle a publié de nombreux travaux qui concernent la francophonie et codirigé plusieurs ouvrages sur la diversité culturelle au cours des années. Excellente oratrice, Mme Katia Haddad a pris le temps de nous renseigner sur la situation politique et sociale du Liban et des autres pays du Machreq avant de nous parler de la complexité de sa littérature francophone, exemples à l'appui.
Pour bien saisir l'hétérogénéité de ses littératures, il importe tout d'abord de connaitre la situation quelque peu unique du Machreq. La grande différence entre le Maghreb (nord de l'Afrique) et le Machreq (côte ouest de l'Asie), c'est que le Machreq n'a pas été colonisé par les pays européens, et de ce fait, a pu se tourner (de manière positive) vers l'Occident. Les relations du Liban avec la France et la langue française sont d'ailleurs perçues de tous comme extrêmement positive.

Le Liban est constitué de deux peuples fondateurs : le peuple Maronite (les chrétiens arabes) et le peuple Druze (« secte » qui n'est pas tout à fait séparée de l'Islam mais qui ne se considère pas et n'est pas considérée par les musulmans comme en faisant partie). Ces deux peuples ont fondé dans la montagne (où ils habitaient) des écoles biligues dans lesquelles on enseignait l'arabe et le français (écoles maronites) et l'arabe et l'anglais (écoles druzes). Donc, depuis très longtemps, la grande majorité des habitants du Liban sont bilingues. Comme l'ascension sociale, au Liban, se fait uniquement par l'éducation (comme au Canada d'ailleurs), les familles se privent de beaucoup afin d'envoyer leurs enfants dans des écoles privées. Cette scolarisation fait en sorte que la plupart des Libanais apprennent, en plus de l'arabe, le français ou l'anglais avant leur sortie de l'école.

De plus, l'influence grandissante des États-Unis sur le reste du monde tend à créer chez les francophones du Liban un trilinguisme. En effet, les Libanais prennent conscience que l'anglais est une langue puissante économiquement et désirent l'apprendre. Cette influence américaine n'est pas vue de façon négative puisqu'elle a permi de faire du Liban un pays ayant une situation linguistique unique et avantageuse. Ainsi, les Libanais ne se posent pas la question à savoir si la langue définit ou non l'identité nationale. De la même façon que les langues ont cessé de définir l'appartenance à une religion quelconque, les traditions et les rites religieux sont échangés entre chrétiens et musulmans. Ainsi, la polygamie est mal vue chez les musulmans et très peu courante ; les chrétiens sont circoncis à la manière musulmane ; les fêtes sont confondues et célébrées par tous.

Côté littérature, l'on remarque la recréation de l'Orient chez plusieurs occidentaux. Gerald de Nerval est considéré comme l'auteur français ayant compris le plus de choses de l'Orient, malgré la brièveté de son séjour au Machreq. Plusieurs auteurs occidentaux ont d'ailleurs très mal représenté l'Orient et le Machreq dans leurs textes et en ont donné une image assez négative.

En ce qui concerne la littérature du Machreq, elle a privilégié la poésie et l'art oratoire pendant longtemps avant son contact avec la littérature occidentale. À ce moment seulement les genres romanesque et théâtral ont-ils été développés. Plusieurs ont été influencés par l'Occident à un point tel qu'ils sont maintenant considérés comme en faisant partie. C'est le cas, par exemple, d'Amin Maalouf. Son nom, tout comme ceux des écrivains du Machreq qui ont suivi ses traces, ne sera pas retenu plus tard, d'après Mme Haddad.

Les écrivains dont a parlé Mme Haddad en étaient donc qui sont restés plus fidèles à leur pays d'origine. Ainsi, dans un roman publié en 1998 et intitulé Da'ad, l'auteur Chekri Ganem porte tout d'abord un regard sur ses propres concitoyens, et la France n'est ici qu'un second destinataire. Le roman fait état, par son sujet et ses thèmes, du métissage entre Christianisme et l'Islam.

De même, dans un poème qui semble à première vue une ode à la langue, aux oeuvres et aux auteurs français, l'on découvre en fait un humour et un sarcasme qui transforment l'ode en tentative de se distinguer du modèle qu'offre la France. Par ce procédé, l'auteur de « Mots français », Hector Klat, s'approprie la langue française et cherche à donner la preuve qu'une petite littérature comme celle du Machreq peut très bien offrir des écrits d'aussi bonne qualité que ceux de la France.

Dans L'incompatible (1950), Georges Henein traite le thème du regard, de la surveillance constante. Ce sujet est très familier aux gens du Machreq, pour qui la notion de vie privée n'existe pas vraiment. Bien que des occidentaux tels que les Canadiens voient cette chaleur et cette cordialité reconnues aux Arabes comme quelque chose de positif, les orientaux peuvent parfois se sentir étouffés sous le regard quasi-constant de la famille.

Mme Haddad a aussi parlé d'une Égyptienne du nom de Joyce Mansour, une poète dont les écrits ont touché, ou du moins frappé (par leur originalité) tous ceux qui étaient présents à la conférence. Les écrits de Mansour touchent le sujet de la sexualité, parlent du désir de la femme, examinent le corps de l'auteure comme une machine mais aussi comme un instrument de plaisir pour elle. Publiés entre autres en 1965, les poèmes sont plus qu'avant-guardistes et sont encore aujourd'hui surprenants, voire choquants pour certaines personnes.

En gros, une conférence très instructive mais surtout extrêmement intéressante sur cette littérature inconnue de la plupart des gens d'ici. Pour les Acadiens, formant un petit peuple francophone aspirant à une littérature semblable à celle de la France, une conférence telle que celle donnée par Mme Katia Haddad était décidément de mise.

Le département des études françaises invite toute la population étudiante à assister aux conférences organisées dans le cadre des cours offerts au département. Les prochaines conférences auront lieu à la session d'hiver et seront données par Alexandra Jaffe de L'Université California State aux États-Unis et Pier-Don Giancarli de l'Université de Poitiers en France.

Beyrouth,11 14 2005
Rédaction
Capacadie
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