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Irak: La guerre ne résoudrait pas grand-chose

Une guerre en Irak serait un échec de la politique, mais l'absence de guerre ne serait pas pour autant une solution aux deux défis irakiens. Deux défis généralement confondus au point que l'on ne sait plus s'il s'agit d'envahir l'Irak ou de libérer les Irakiens.
Aussi longtemps que l'on ne distinguera pas entre les deux, les passions dicteront des postures.

Le premier défi qui a déclenché l'offensive diplomatique américaine, la rigueur de l'ONU et les inspections sur place serait une menace immédiate de l'armée irakienne contre ses voisins. Sur la base d'informations fragmentaires et encore non confirmées, les Irakiens seraient sur le point d'attaquer le Koweït, l'Arabie, voire Israël avec des armes telles qu'ils ravageraient la région ou qu'ils en prendraient le contrôle. L'existence même d'Israël pourrait en être menacée et le tiers des ressources pétrolières nécessaires à l'Occident pourrait lui échapper. La nouvelle stratégie américaine, adoptée après le 11 septembre 2001, est que dans pareilles circonstances, il vaut mieux frapper de manière préemptive plutôt que de répliquer à des dégâts massifs, voire irrémédiables.
· De toute façon, l'Irak est très surveillé!

Certes, mais on ignore la réalité de la menace. De plus, la présence d'inspecteurs sur le terrain permet de voir venir une attaque.
On peut donc en conclure pour l'instant, que la menace irakienne, réelle ou surestimée, est paralysée par les contrôles sur place et par la mobilisation des armées américaines dans le Golfe.
La guerre préemptive n'est donc pas urgente, mais l'absence de guerre n'élimine pas pour autant la menace. Un caractère suspensif et non résolutoire de la non-guerre que les pacifistes semblent ignorer. Il est ici fait référence aux pacifistes de réflexion et non pas à ceux dont l'anti-américanisme est le seul moteur.
Au fil du statu quo, s'il apparaît grâce aux inspections que Saddam Hussein dispose effectivement d'armes de destruction massive et de projets pour s'en servir, la guerre peut de nouveau s'avérer la seule option. A moins d'une capitulation, peu probable, de Saddam Hussein. Le gouvernement français ne propose d'ailleurs aucune stratégie alternative à la non-guerre immédiate.
La préférence pour le statu quo ne peut donc être que provisoire et elle ne répond qu'au premier défi irakien.
Le second défi est plus complexe encore même s'il passe actuellement au second plan: devons-nous tolérer indéfiniment que Saddam Hussein tyrannise son peuple, qu'il tue ses opposants, qu'il gaze les minorités ethniques ou religieuses, chiites et kurdes? Alors qu'au nom des droits de l'homme, les Occidentaux sont intervenus en Yougoslavie et au Burundi, devrions-nous ignorer le fascisme de Saddam Hussein?
Ce terme de fascisme dont on abuse souvent s'applique ici justement, car le fascisme européen a servi de modèle au parti de Saddam. Devons-nous fermer les yeux sur les escouades de violeurs d'Etat entretenues par Saddam, sur le détournement de l'aide humanitaire au profit des membres de son parti, sur l'incarcération depuis 12 ans de prisonniers de guerre koweïtiens? Ces faits non contestés rangent Saddam non pas dans le despotisme classique du monde arabe mais parmi les grands criminels de l'histoire contemporaine. Que des missions pacifistes se rendent à Bagdad et ne voient rien ne fera que rappeler les visiteurs de goulags heureux en URSS et de camps de travail en plein air, nazis.

Les Arabes ne sont pas destinés au despotisme

A ce second défi irakien, les Américains apportent une réponse sans doute trop simple: la guerre ferait disparaître à la fois la menace militaire et la dictature. Celle-ci serait remplacée par un gouvernement démocratique formé par les exilés actuellement regroupés dans le Congrès national irakien de Londres. Ces dissidents démocrates s'engagent à des élections libres et au respect des minorités dans une république confédérale.
Un scénario enchanteur, improbable, mais qui n'est pas impensable. Loin des images truquées que nous recevons de Bagdad, Saddam n'est soutenu que par sa tribu et sa chute serait vécue comme une libération. De plus, la démocratie progresse dans toute la région: le Koweït a un parlement élu, Bahreïn et Qatar ont instauré le suffrage universel, le prince Abdallah d'Arabie saoudite propose que le Parlement actuellement nommé à Riyad soit élu dans un avenir proche.
Au rebours des stéréotypes subtilement racistes qui destinent les Arabes au despotisme, ceux-ci inclinent désormais vers la liberté politique, sous l'influence de l'Occident mais aussi au nom des traditions musulmanes.
Les nouvelles assemblées qui surgissent dans le désert arabe se réclament de la tradition mahométane de la consultation. Que font les gouvernements européens pour accélérer cette libération du peuple irakien?
Si la guerre totale préconisée par les Américains n'est pas la bonne solution à un double défi, quelle est la solution européenne? Le choix présent franco-allemand, de la non-guerre en réponse au premier défi, serait plus légitime s'il s'accompagnait contre le second défi, de la volonté de traduire Saddam devant une cour de justice pour ses crimes contre l'humanité et si nous soutenions effectivement les démocrates irakiens. De tradition, la France incarne les droits de l'homme.
Il serait juste que l'on s'en souvienne et que l'on rappelle que ceux-ci valent aussi pour le monde arabe, Irakiens inclus.



Casablanca,02 13 2003
Guy Sorman
L'Economiste
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