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Partenariat Maroc/Union européenne - L’accord d’association grève l’emploi féminin

· Textile et agroalimentaire, les secteurs les plus touchés
· Principal handicap: La sous-qualification


La femme est le parent pauvre du partenariat maroco-européen. Telle est la conclusion d’une étude portant sur l’impact de l’accord d’association sur l’emploi féminin. Elle est élaborée par le secrétariat d’Etat chargé de la Famille, de l’Enfance et des Personnes handicapées et la GTZ de coopération, avec le soutien de l’Espace associatif.

Il en ressort que, côté déclarations, une place de choix est en principe accordée à l’approche genre dans ce partenariat. De nombreuses initiatives et annonces sont mises en avant, mais peu de projets sont effectivement menés. Au Maroc, la place de la femme dans l’emploi reste limitée. La contribution de la gente féminine au PIB ne dépasse pas 40% de celle générée par l’homme. Les activités domestiques, travail à temps plein pour bien des Marocaines, ne sont pas prises en considération. La participation des femmes au marché du travail est comprise entre 19 et 26% de l’emploi total. La hausse enregistrée en matière d’activité n’a d’égale que la grande vulnérabilité caractérisant ces emplois. A commencer par la précarité du statut professionnel, la ségrégation horizontale, les entraves à la création d’entreprises, les inégalités des chances, le manque d’accès aux ressources et l’absence de prise de décision, relève l’étude.

Des conditions que la zone de libre-échange risque de fragiliser davantage. Les attentes formulées préalablement à l’entrée en vigueur de l’accord sont désormais mitigées. La libéralisation des échanges implique plusieurs bouleversements. Ses effets généraux sur la croissance et le développement de l’économie ont les mêmes incidences sur les deux sexes.

Mais le ralentissement peut toucher moins durement les hommes que les femmes, celles-ci étant localisées dans les activités à forte intensité de main-d’oeuvre et les plus exposées aux crises. De par leur faible pouvoir de négociation, les femmes sont moins bien armées pour faire face au choc. L’impact risque d’être d’autant plus lourd dans l’industrie. Plus de 43% des 500 000 personnes qu’emploie le secteur sont des femmes, soit 210.000 salariées. Plus analphabètes et nettement sous-qualifiées que les hommes, les femmes sont les plus frappées par la précarité. Plus de 15% de l’effectif féminin travaillent en temps partiel et occasionnel contre 5% pour les hommes. A cela s’ajoutent les disparités des conditions et du statut des emplois exercés par les femmes et les hommes.

Parmi les secteurs où l’emploi féminin est le plus menacé, figurent le textile et l’agroalimentaire, les plus grandes industries en terme de main-d’oeuvre et les plus utilisatrices de personnel féminin (respectivement 68% et 17%).
Activité tirée par la confection et la bonneterie, le textile connaît une vitalité en matière de création d’entreprises, mais aussi un taux de «mortalité» élevé, relève l’étude. Cela se traduit par un degré de transformation limité et une croissance à faible productivité, doublés d’une grande concurrence internationale.

L’impact sur les femmes est direct. La précarité de l’emploi est plus prononcée chez les femmes (46% des hommes travaillent toute l’année, 34% pour les femme). Le travail féminin est plus localisé dans les petites unités, et donc les plus exposées.

L’agroalimentaire n’échappe pas à ce scénario. Aux aléas climatiques s’ajoutent les problèmes fonciers, l’accès au financement, le sous-équipement et les carences en organisations professionnelles.

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Des déclarations, peu de suivi

La déclaration de Barcelone est on ne peut plus claire. On peut y lire que «les participants reconnaissent le rôle-clé des femmes dans le développement économique et s’engagent à promouvoir la participation active des femmes dans la vie économique et sociale ainsi que dans la création d’emplois». L’accord d’association prévoit également la mise en place d’un programme régional destiné à promouvoir le rôle des femmes dans le développement économique. Il vise à instaurer des mécanismes de prises en compte du genre et de l’égalité entre hommes et femmes. Le Parlement européen y met également du sien. Il prévoit l’appui à la stratégie commune de l’UE à l’égard de la région méditerranéenne et aux domaines d’actions et initiatives spécifiques au genre. Une importance particulière devrait être attachée à l’éducation et à la création d’emplois pour les femmes.
Les conférences et forums EuroMed vont tous dans ce sens. Des recommandations ont été formulées dans divers domaines: formation professionnelle, université, programmes de développement local et égalités des chances, appui aux associations, entreprises et réseaux de femmes…

Casablanca,11 01 2005
Tariq Qattab
L'Economiste
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