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Sud Méditerranée: Que de déceptions!

Globalement, la croissance démographique va plus vite que le PIB.
Les dépendances face à une recette extérieure sont dangereuses.
La productivité s'est améliorée, sauf au Maroc.

Les Etats méditerranéens sont loin de former un bloc homogène. Il existe, entre ces pays, des disparités à tous les niveaux. Dans certains cas, ces disparités sont criantes. Telles sont les conclusions d'un rapport de la Commission européenne publié lundi dernier (cf. L'Economiste du mardi 4 février; www.leconomiste.com).

Ce rapport est une étude comparative de la situation macroéconomique entre les pays de l'Union européenne et leurs partenaires économiques en Méditerranée. Il s'agit de l'Algérie, l'Egypte, Israël, la Jordanie, le Liban et le Maroc. A noter que des Etats méditerranéens comme la Turquie, Chypre, Malte ne sont pas considérés comme des partenaires de l'Union Européenne, mais comme des "candidats à l'adhésion à l'espace européen" et ne sont donc pas dans ce rapport.

Les économies méditerranéennes sont relativement interdépendantes en dépit de leur intégration au commerce mondial. En effet, d'après les estimations du rapport, le commerce entre les Etats de l'UE et leurs partenaires méditerranéens représente 52% du commerce total de ces pays, ce qui laisse assez peu de place pour les échanges avec le reste du monde.
Les relations commerciales entre UE-Méditerranée se sont considérablement développées depuis la signature des accords de Barcelone. Ces résultats ne concernent, cependant, que le volet économique ("les relations politiques n'ayant pas connu la même évolution"). Rappelons que l'objectif ultime de ce partenariat est la création, à terme, d'une zone de libre-échange (ZLE) euro-méditerranéenne, mais qu'il n'a pas été fait beaucoup d'efforts sur les autres volets, pourtant réclamés par le processus de Barcelone.

Le rapport confirme que les pays méditerranéens ont réalisé, au cours de cette dernière décennie, des "progrès mitigés" dans le domaine des réformes économiques.
La mise à niveau de leurs économies est, en grande partie, supportée par l'UE, souligne le rapport. Doit-on lire entre les lignes que l'Union européenne est déçue des résultats par rapport aux sommes qu'elle a investies? Il ne faut pas exclure cette lecture, même si le rapport reste diplomatiquement sur la réserve. Selon ce dernier, "d'importants efforts sont encore nécessaires à cette mise à niveau".

Les efforts à faire sont d'autant plus importants que les pays du sud de la Méditerranée connaissent de sérieux à-coups dans leur rythme de croissance, ce qui est le signe d'économies fragiles. La Tunisie est pratiquement le seul des pays méditerranéens à être sortie de ces fragilités conjoncturelles. De plus, elle connaît un taux de croissance très soutenu: 6% de 1990 à 2001. En Egypte, en Algérie et au Maroc ce taux est beaucoup moins élevé en moyenne et pour ce qui est du Maroc, il est en plus versatile.
A l'exception d'Israël, les PIB par tête sont très bas par rapport à ceux du nord de la Méditerranée. Le PIB par habitant en Israël représente 84% de PIB/habitant européen alors que pour les pays du Maghreb, le PIB/tête n'est que de 21% de celui de l'Europe. Au Machreck, le retard est encore plus grave: 15%.
Pis, le rapport constate néanmoins que le PIB des pays méditerranéens croît en général beaucoup moins vite que leur population.

Un point positif au milieu de ces déceptions, mais il ne concerne pas le Maroc: de manière générale, la productivité des pays méditerranéens s'est accrue au cours de ces dix dernières années. Au Maroc, la productivité a baissé. Les pays qui ont connu les meilleurs taux de croissance de productivité sont la Syrie et la Jordanie. La Syrie a notamment profité de la croissance des secteurs de l'agriculture et des hydrocarbures. Quant à la Jordanie, elle a bénéficié de la part importante des investissements étrangers. Ce pays a, en effet, à l'instar d'autres pays méditerranéens comme la Tunisie, mené une politique d'encouragement aux investissements étrangers. Le Maroc a aussi tenté de conduire une politique similaire, mais le rapport indique que les chiffres globaux doivent être regardés de plus près: c'est la privatisation de Maroc Telecom qui les a poussés vers le haut.
Le rapport constate aussi que le volume des investissements est beaucoup moins important en Egypte qu'en Jordanie, en dépit de la différence de taille entre ces deux pays. Il note aussi qu'en général les pays du sud de la Méditerranée n'ont pas su diversifier leurs économies. Par exemple, l'Algérie, la Syrie et l'Egypte sont encore très dépendantes du secteur des hydrocarbures. Quant au Maroc et, dans une moindre mesure, la Tunisie, ils sont très dépendants de l'agriculture, du tourisme et des transferts de leurs ressortissants à l'étranger.

Pauvreté et chômage

"En dehors des pays de l'Union européenne, la région méditerranéenne est essentiellement constituée d'Etats à faible potentiel économique", dit le rapport.
"La pauvreté est encore le lot commun à bon nombre de ces pays" et
"les taux de chômage y sont très élevés".
S'ajoute à cela une croissance démographique exponentielle. Les pays de la Méditerranée connaissent une croissance démographique très rapide, en moyenne de 2,2% sur la période 1990-2000. Cette dernière contraste avec la relative stagnation des pays membres de l'UE, dont la croissance de la population au cours de la même période n'était que de 0,3%.
A noter que dans certains pays méditerranéens, cette croissance a tendance à se stabiliser, voire à décliner au cours de ces dernières années, à l'exception du Liban qui continue à connaître une croissance démographique très rapide (2,1%).

Les indices du progrès

Le rapport de l'Union européenne fournit trois indices de réformes: l'indice du Fraser Institute, celui de la Fondation Héritage et enfin celui de la Banque Mondiale.
Le rapport prend sans doute cette précaution de multiplier les références à cause des polémiques que chaque indice provoque.
Le Fraser Institute (www.freetheworld.com; 2002 Annual Report) est plus orienté vers les réformes institutionnelles, l'introduction de textes légaux plus libéraux et le choix des politiques économiques. Selon cet indice, le Maroc est dans le haut du tableau des pays méditerranéens, mais il a été dépassé par la Jordanie qui avait pourtant un niveau équivalent en 1990. Le Maroc a été aussi dépassé par l'Egypte qui, en 1990, partait de plus bas que le Royaume.
Comme l'indice Fraser, l'indice de la Fondation Héritage s'intéresse aux réformes légales et institutionnelles, mais il est plus sévère.
La Banque Mondiale part d'un autre point de vue pour noter le niveau de liberté économique. Elle inclut des analyses sur la part de l'économie qui est contrôlée par des entreprises publiques. Elle étudie aussi la «sécurité juridique» entendue de deux manières: la fiabilité judiciaire mais aussi l'égalité ou l'inégalité devant les règles de droit. La Banque Mondiale se montre critique pour le non-respect des règles de droit dans tous les pays du sud de la Méditerranée. Selon cette façon de voir, le Maroc se situe à peu près au milieu du tableau, moins bien que la Jordanie, Israël ou la Tunisie, mais nettement mieux que l'Egypte, l'Algérie ou la Syrie. Mais il ne faut pas trop se réjouir car l'ensemble du sud de la Méditerranée est plutôt mal classé par rapport aux pays émergents: les abus de la part des pouvoirs publics ou assimilés sont fréquents dans notre partie du monde et gênent assez considérablement l'initiative économique.

Les aides internationales en faveur du Maroc

Le rapport de l'Union européenne indique que «le Maroc est un important bénéficiaire d'aides de la part de l'Union européenne». Entre 1995 et début 2002, le montant engagé est de 917 millions d'euros (environ 9,2 milliards de DH), dont le tiers était dévolu aux programmes de réformes structurelles. Il s'agit des aides données en compensation des pertes de recettes induites par les réformes économiques. Ce sont des aides de transition, qui doivent se trouver en fin de parcours remplacées par des recettes différentes. Par exemple, les pertes prévisibles sur les droits de douane doivent être remplacées par des hausses de recettes en provenance des impôts. Ceci fonctionne quand le système administratif de recouvrement fiscal fonctionne. En réalité, le Maroc s'est trouvé devant un curieux phénomène. Les recettes douanières n'ont pas baissé avec la baisse des droits de douane, car le recouvrement, grâce à la réforme du fonctionnement de la douane, a produit des rentrées supérieures: il y a nettement moins de fraudes que par le passé. En revanche, la progression des recettes fiscales proprement dites est plus décevante.
Les aides européennes ont concerné la réforme du secteur financier (52 millions d'euros), l'établissement d'une couverture d'assurance pour la santé (50 millions d'euros) et l'eau (120 millions). Deux gros programmes sont sur les rails: le transport pour 66 millions d'euros (670 millions de DH) et la réforme administrative pour 81 millions d'euros (820 millions de DH).
Le Maroc n'a plus, depuis 1993, d'aide du FMI pour l'ajustement structurel, mais reste un gros bénéficiaire de l'aide de la Banque Mondiale. Celle-ci est orientée en priorité vers la lutte contre la pauvreté, l'inégalité et l'exclusion. Derrière ces programmes sociaux viennent les réformes institutionnelles. Le montant global est de 6 milliards de DH sur 20 programmes en cours, explique le rapport de l'UE, dont deux uniquement sur la santé, à plus de 600 millions de DH l'un. Deux nouveaux programmes sont en préparation: agriculture et éducation.


Casablanca,02 13 2003
Hicham BENJAMAA
L'Economiste
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