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Le grand bal des Têtes Raides au Liban

Les Têtes Raides ont posé leurs valises - et leurs instruments colorés, au Music-Hall de Beyrouth, le 2 octobre pour la soirée Cabaret du Monde, rendez-vous mensuel de la chanson française au Liban. Pari gagné pour les auteurs de Ginette, qui se produisaient pour la première fois dans la capitale libanaise, accueillis ici comme chez eux par un public survolté.

Les Têtes Raides à Beyrouth. Franchement, on se demandait à quoi allait ressembler cette rencontre improbable entre les musiciens troubadours de Qu'est ce qu'on s'fait chier !, leur dernier album (2003), et un public libanais réputé difficile à conquérir.

La salle était pleine, pourtant, plus encore qu'aux précédents concerts du Music-Hall. Depuis quatre mois, dans le cadre du programme Génération Musique lancé par l'Afaa, la salle a accueilli, entre autres, Rachid Taha, en juin, ou Arno le mois dernier. Ce dimanche, on sautillait déjà, devant la scène, lorsque la troupe des Têtes Raides a ouvert le bal avec Fragile, tiré de leur prochain album éponyme. On était donc fixé, dès le premier morceau : les musiciens du Bout du toit et de Gratte-poil étaient bien ici chez eux. Ce qui semblait même étonner Christian Olivier, le chanteur du groupe, qui souriait lorsqu'au milieu d'un silence, la salle poursuivait sans lui, Gino. Qu'il chante Vaille que vaille ou Dans la gueule du Loup, Emily, les personnages du coin de la rue (et du bout du bar), la Commune de Paris ou "les soucis de l'hexagone" et les idéaux de la révolution française oubliés, le public suivait. Il en redemandait, de ces mots qui chatouillent, qui gratouillent, qui gigotent ou qui chamboulent. C'est selon, ou tout à la fois, avec les Têtes Raides. A tel point qu'il était difficile parfois de retrouver un peu de calme le temps d'un Mille façons moins turbulent. "Choukran, thank you, merci", répondait le leader du groupe à l'ovation qui suivait chaque morceau.

Drôle de mélanges que ces Têtes Raides et leur style rock'n musette. Avec eux, tout est permis pour parler de choses et d'autres, délirantes, rigolotes ou graves. Le haut-parleur, les onomatopées, le français, l'anglais. Ou la voix d'Olivier simplement. A capella, avec Dame !, ou sans micro, accordéon en bandoulière, au milieu du public. La scène, les Têtes Raides, connaissent : le groupe, qui a la bougeotte, multiplie depuis plus de quinze ans les concerts, toute l'année. Devant le public, les huit musiciens, tous en noir, s'agitent même entre deux morceaux pour s'échanger les instruments, accordéons, cuivres, guitares, violoncelle et autres flûtes. A la veille de sortir son onzième album (début novembre), le manège enchanté de Christian Olivier évoque plusieurs générations de la chanson française. Souvent présentés comme les dignes successeurs de Brassens et de Brel pour leurs textes (écrits par Christian Olivier) poétiques, rentre-dedans et militants, les Têtes Raides y ont gagné le titre de chanteurs néo-réalistes. Mais ils sont surtout les frères d'une famille hétéroclite qui puise ses influences dans le rock, tendance punk, le jazz ou les musiques du monde. Une fratrie d'artistes qui chantent souvent leur révolte, venue réveiller l'univers musical de l'Hexagone depuis Renaud et la Mano Negra, jusqu'à Yann Tiersen et Noir Désir, en passant par leurs complices de feu La Tordue.

C'est avec Noir Désir que le groupe a enregistré, en 2003, L'iditenté pour parler de la situation des sans-papiers en France. Au Liban, on connaît la chanson et on veut l'entendre : "Les clans des rues les clandestins / Les cris des chiens hurlent à la ronde / J'suis pas inscrit sur la mappemonde / Y'a pas d'pays pour les vauriens, les poètes et les baladins / Y'a pas d'pays, si tu veux, prends le mien (...). Que Paris est beau quand chantent les oiseaux / Que Paris est laid quand il se croit français". "Not dead but bien raides", les fortes têtes, pour reprendre le titre de leur premier album, sorti en 1989. Et c'est Ginette, un titre de leurs débuts, qui fermait le bal. Fidèle à la tradition, le morceau est rythmé par cette lampe de troquet, seule à éclairer la salle et qui se balance, lancée par le chanteur, au bout d'un fil. Devant les musiciens, le public chantait et tanguait lui aussi, bras dessus bras dessous. Avant de quitter la scène pour de bon, Christian Olivier remerciait encore l'audience, mais cette fois d'un : "Et bien ma foi... C'était la première fois qu'on venait à Beyrouth. On reviendra, quoi !". Bienvenue au Liban.

Beyrouth,10 10 2005
Rédaction
Libération
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